Vigne et vin : gestion du CO2 à la mise & conseils pour entretenir le sol viticole en 2015

Le CO2 influe sur l’aspect gustatif du vin et sur les conditionnements comme les « Bib ». Trop de gaz augmente l’astringence et l’amertume. Retrouvez les Vitiphones, messages viti-oeno de la chambre d’agriculture d’Indre et Loire sur les éditions papiers de Terre de Touraine. 

Et dans les vignes 

Conseils pour entretenir les sols viticoles en 2015 Message intégral réservé aux abonnés tél.: 02.47.48.37.99

(extraits du message Vitiphone du 25 mars 2015 Chambre d’agriculture d’Indre et Loire).

Gestion des adventices

Actuellement, les sols faiblement humides sont en général portants. Même s’ils restent faciles à pénétrer en général par les outils à dents (animés ou non) ou les lames, il faut encore attendre le ressuyage pour passer les décavaillonneuses associées à un disque ou une dent. Ne pas hésiter à pratiquer un labour dressé pour bien recouvrir les adventices invasives.
Penser à intervenir au moins deux semaines avant la date « pressentie » de débourrement et au stade « plantule » des adventices pour être efficace.
Limitez par ailleurs la profondeur de travail pour laisser les apports de matière organique dans les premiers centimètres.

Désherbage chimique

Les interventions sont en cours ou déjà réalisées. Les alternatives non chimiques reposent sur le travail du sol  ou la destruction par la chaleur. Les doses d’herbicides seront calculées en fonction de la largeur réellement traitée selon les principes de la protection intégrée.

Ces programmes de pré-levée doivent bien-sûr être complétés par un désherbage de post-levée adapté à la flore concurrente levée. Ainsi, les produits à base d’amitrole (Weedazole, Diazole, etc.) concerneront le géranium et l’ail des vignes déjà bien levés, les pissenlits et l’épilobe. Le glyphosate visera des graminées à un stade jeune, dont le ray-grass pour lequel tout sous-dosage favorise les résistances parfois présentes en Val de Loire.

Dans un contexte de réduction des herbicides, eu égard aussi à la qualité de eaux en Touraine, il faut se préparer à gérer la flore concurrente de la vigne et à « vivre » avec des sols légèrement recouverts d’herbes rases à faible concurrence. Il est donc recommandé d’alterner vos programmes et vos techniques. C’est une rotation envisageable sur tout ou partie de votre vignoble.

Année 1 : désherbage chimique de pré-levée (Programme A)

Année 2 : désherbage mécanique

Année 3 : désherbage chimique de post-levée

Année 4 : désherbage chimique de pré-levée (Programme B)

Plusieurs produits et matières actives seront retirés dès 2016. Il est donc nécessaire de se préparer dès maintenant à utiliser des alternatives non chimiques pour être opérationnel dans quelques années.

Entretien des jeunes vignes

Préférer toujours l’entretien mécanique les 3 ou 5 premières années. Il est aussi possible de désherber chimiquement le rang lui-même sur 40 cm de largeur, pour travailler plus rapidement sans détériorer les jeunes plants.

Utilisation des buses de désherbage

Pour réduire les ZNT, voici la liste des buses homologuées en 2012 par le Ministère de l’Agriculture en viticulture. Il s’agit des modèles AVI OC (Albuz), IS (Lechler), AIUB VS (Teejet). Les buses pour appareils à rampe en culture basse sont également utilisables pour le désherbage de la vigne.

 Maîtriser les graminées sous le rang

Les enherbements à base de ray-grass, de fétuque rouge viennent parfois coloniser les ceps sous la ligne du rang. Des « bouillées » puissantes apparaissent et peuvent être détruites mécaniquement (difficile), à la chaleur (brûleur), ou chimiquement jusqu’à mi-février ou en mars (avant débourrement) sur plantules.

Sur graminées annuelles, l’utilisation de certains désherbants est possible en post-levée sous le rang, avec une persistance d’un mois.

Gestion des enherbements

Sur sols ressuyés avant le démarrage de la vigne, il peut être intéressant d’aérer sans détruire les enherbements de plus de 5 ans, et ceci spécialement dans les situations où la vigne commence à peiner, par un passage de cover-crop par exemple. Au contraire, la destruction complète d’un enherbement peut occasionner une réponse assez violente de la vigne en terme de vigueur et sensibilité aux maladies. Préférer les destructions progressives ou partielles, d’abord un rang sur deux (ou 2 rangs sur 4 pour les passages d’enjambeurs).

Prudence avec les enherbements totaux ! De nombreux essais ont été semés, sur des sols différents, avec des mélanges de graminées peu concurrentielles comme la fétuque ovine.Si techniquement cette alternative est très séduisante pour la simplification de l’itinéraire, on constate que la concurrence est forte, et ceci parfois dès la première année ! La fétuque ovine est néanmoins une espèce intéressante par sa capacité à couvrir le sol et à rester très basse.

Gestion minérale et organique des sols

Ce vaste sujet est difficile à traiter en quelques lignes. Attention aux habitudes qui accroissent des déséquilibres. Ainsi, la magnésie, l’azote sont souvent sous-estimés au profit de la potasse. Penser à localiser sous le rang l’apport d’azote en calculant proportionnellement la dose à la surface épandue.

Par ailleurs, prendre en compte les nouvelles obligations liées à la directive nitrate.

Les apports de phosphates sont à l’inverse surestimés et souvent inutiles. La matière organique est malmenée : les produits du commerce apportés à quelques centaines de kilos/ha ne suffisent pas à combler les pertes par minéralisation. Les sarments posés en surface de sol et certains enherbements à base de fétuque apportent plus un mulch qu’une matière organique « humifiable ». En fait, il convient de choisir et de pouvoir épandre régulièrement des amendements de masse en fonction des C/N du sol et de l’amendement. Dans ce cas, pensez aussi à apporter de l’azote pour éviter une faim et une baisse de rendement de la vigne.

Enfin, le chaulage parfois nécessaire est rarement pratiqué, alors que certains sols s’acidifient et ne sont pas assez pourvus en calcium, élément principal de la capacité d’échange en cations du sol. L’ensemble de ces éléments doit inciter à mieux raisonner les apports en fonction des vins à produire. N’hésitez pas à contacter l’équipe viticole ou les distributeurs puisque c’est souvent du cas par cas. Rappel des besoins d’une vigne en équilibre en AOC du 37 :

  • Azote : 20 à 30 u/ha/an avec enherbement partiel (40% de la surface)
  • Phosphore : 5 à 10 u/ha/an
  • Potasse : 30 à 40 u/ha/an
  • Magnésie : 20 à 30 u/ha/an
  • Calcium : 300 à 500 kg/ha/an
  • Humus (et non matière organique brute) : » 500 kg/ha/an

Les apports doivent donc être raisonnés selon les réserves du sol, le rendement et le type de vin souhaités, la vigueur de la vigne.

message rédigé par les conseillers viticoles de la Chambre d’Agriculture d’Indre-et-Loire avec le concours d’Interloire, de l’IFV et de la FAV

Philippe Gabillot 06 .80 42 98 21 / Anne-Cécile Kaspryk 06 07 99 09 11 / Pascal Mallier 06 08 47 01 59 / Adeline Mallet 06 42 24 56 69

Tél. 02 47 48 37 99 – Mél. viti@cda37.fr

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