Photographies : Benjamin Dubuis ou l’esthétisme du quotidien

Le jeune photographe tourangeau qui chaque automne capte le monde rural exposant à Ferme Expo a posé ses « freezes » urbaines durant deux mois à la Maison du tourisme vert à Chambray.
Par Philippe Guilbert

Ils marchent tous de noir vêtu ; certains ont le melon, d’autres, peut être la grosse tête. Chacun se presse. Allant, venant, sortant de chez lui ou partant au son travail. On ne sait pas et en vérité ça n’a aucune importance. Chaque homme ou femme fourmis vaque et s’affaire sur ce qu’il a à faire. Etre humain en tant que tel mais aussi particule d’humanité. Ce qui compte c’est l’instant, l’attitude, l’individu intégré à son insu dans un ensemble esthétique par l’œil espiègle du photographe. Car Benjamin Dubuis porte un regard alerte et sélectif sur sa cible. Ce professionnel qui sillonne depuis des années les allées de Ferme Expo campe sont objectif dans les rues. Des heures durant il attend que passe dans son tamis pictural des gens, qui tout en en noir, qui des cyclistes, qui des homo telephonicus. « Je cherche à faire ressortir les us et coutumes de nos contemporains en utilisant le mur ou la palissade de chantier comme fond artistique. A Londres, à Tours j’ai pris des milliers de photos, posté au même endroit à regarder les gens passer. Je définis un thème et je photographie les sujets qui l’évoquent. » Ce sont des personnes différentes bien sûr mais aussi liées par le fil d’une thématique commune. Benjamin Dubuis a exposé durant deux mois à la Maison du Tourisme vert de Chambray une partie de ses œuvres, fruits de ses pérégrinations globetrotteuses qui ont donné naissance au projet Freeze. Ces frises à lui font de la vie dans la rue un être à part entière dont il fixe le mouvement, l’humeur, l’esthétique. La rue devient un plateau de cinéma où se tourne de multiples scènes de la vie humaine que Benjamin séquence à l’instant T. Il shoote du trotteur d’en face. Comme tout artiste, il transforme le réel en sur-réel, offrant à voir la face cachée mais embellie, anodine mais théâtralisée de notre quotidien. La griffe Dubuis marque aussi le monde de l’entreprise. Ce jocondien de naissance photographie les usines, les labos, les entrepôts, les salons, le vin et le chocolat. Une jolie carrière dont il a fait son métier. Pas mal pour cet homme qui avoue qu’enfant « il avait peur du photomaton ! ».

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