2017 : pour l’instant « c’est du lourd »

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Le meilleur n’est jamais sûr tant qu’il n’est pas dans la cuve mais tout de même. Le millésime en cours de récolte possède un potentiel hors du commun.

Par Philippe Guilbert

Chardonnay, pinots et le gamay (avant le sauvignon) sont mûrs et pour eux la messe est dite ; ce sera théoriquement très bon. Le viticulteur doit endosser ses habits  vinicoles, la partie se joue désormais dans le chai. La surveillance de l’évolution des moûts est la règle, les matières premières les plus riches ne sont pas les plus faciles à vinifier.  Pour les chenins , les cabernets et les côts, il faut encore attendre une bonne semaine. Les vignerons espèrent que le bon état sanitaire va tenir si les conditions climatiques venaient à se dégrader mi-septembre. Le golfe du Mexique  à en effet la fâcheuse tendance d’envoyer par delà l’Atlantique nord ses queues de cyclône, de bons gros flux d’ouest bien chargés en eau. En attendant, la météo exceptionnelle pour la saison a permis une évolution très importante de la maturité sur l’ensemble des cépages. La semaine dernière la chambre d’agriculture dans son bulletin Alternatives viticoles soulignait un acide malique, très présent qui avait  chuté sous l’effet des fortes chaleurs sur le réseau chenin. « Malgré tout, le pH reste bas, c’est le signe d’un millésime à gros potentiel. Les degrés finaux devraient être élevés. Il faut s’attendre à vinifier des moûts à teneur en sucre très élevée ce qui pourra entraîner des difficultés fermentaires ».

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Parallèlement au suivi de maturité la chambre d’agriculture poursuit la surveillance de la drosophile Suzukii qui ouvre les baies saines et permet à un autre diptère, Drosophila melanogaster , de pondre. Une formation CA37 à la reconnaissance des  mouches a été organisée la semaine dernière.  Les mouches sont bien présentes à des degrés variables dans le vignoble. Si des odeurs de piqure lactique sont perçues dans les vignes, l’idéal est de retirer les grappes infectées et de les enfermer.

Les visites de vigne ont permis aux vignerons de se rassurer. Toutefois l’hétérogénéité de maturité des grappes (Noble Joué) doit être regardée de près. Lors de la visite des vignes, Rémi Cosson le président de l’appellation observait une pulpe encore bien accrochée à son pépin et des arômes encore peu matures.

Heureusement la saison se termine bien mieux qu’elle n’a commencé. La belle qualité des baies est un baume sur la plaie ouverte et réouverte par le gel 2016 et 2017 dans l’équilibre économique des domaines. Noble Joué escompte une récolte à 50% d’une vendange normale, Montlouis déplore globalement un quart de vendange manquante tout comme chinon. Le manque à gagner sera beaucoup plus important à Azay-le-Rideau, Amboise et certains secteurs de l’ODG touraine. Sur la rive gauche de la Loire à Amboise le rendement sera souvent sous la barre des 20 hl.

 

 

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