Toute la Touraine connectée au très haut débit en 2022

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Les acteurs du projet d’équipement territorial de l’Indre-et-Loire et du Loir-et-Cher en réseau très haut débit réunis à Blois le 15 janvier 2018 : (de g à d) Pierre Commandeur (Conseil régional Centre Val de Loire); Nicolas Perruchot (Conseil départemental du Loir-et-Cher); Olivier Huard (TDF), Bernard Pillefer (Val de Loire Numérique); Jean-Gérard Paumier (Conseil départemental Indre-et-Loire).

 Val de Loire numérique vient de lancer un programme de déploiement d’un réseau qui va proposer, sous quatre ans, le très haut débit par fibre optique à l’ensemble des territoires ruraux. 


Par Philippe Guilbert

Lundi à Blois, l’Indre-et-Loire et le Loir-et-Cher ont donné le top départ à l’un de ces grands équipements qui marquent l’histoire du développement économique d’un territoire. Le maillage très haut débit de données d’une région est fréquemment comparé au déploiement du réseau ferroviaire, de l’eau potable ou de l’électricité. Particuliers, entreprises, écoles,… promis juré aucun secteur de la Touraine ne sera oublié par la fibre optique d’ici à 2022. A Blois, conjointement avec son homologue du Loir-et-Cher, Nicolas Perruchot, Jean-Gérard Paumier, président du Conseil départemental d’Indre-et-Loire a promis l’installation de 180 000 prises dans le département, garantissant 100 MO dès 2018 aux premiers câblés pour terminer à 1 GO en 2022. La technologie retenue est celle de « fibre jusqu’à la maison » (FttH). Il aura fallu un an de négociations pour aboutir à ce projet porté par Val de Loire Numérique, avec un syndicat mixte ouvert (37 & 41) dans le rôle du donneur d’ordre et TDF (1) dans celui du constructeur exploitant. Initialement imaginé avec le département du Cher, ce programme ambitieux a finalement était scellé avec le Loir-et-Cher pour des raisons « géographiques » (2) , après rédaction par l’Indre-et-Loire de son propre schéma directeur territorial d’aménagement numérique.

La fibre jusqu’à la maison

En 4 ans, Val de Loire Fibre  -via une délégation de service public concessive- fera poser 25 000 km de fibre optique  pour desservir 513 communes et poser 306 000 prises de raccordement. Pour son président, le Conseil départemental démontre ainsi, « son attachement à un développement solidaire et à une égalité des chances pour tout le territoire. L’accès internet est une nécessité pour les foyers, les scolaires et les professionnels. C’est une priorité absolue du Département car personne ne doit plus être l’otage d’un réseau défaillant en raison de son lieu de vie ou d’activité. »

Vice-président de la région, Pierre Commandeur souligne que le Centre-Val de Loire verse 176 M€ au pot commun, pour répondre aux attentes des EPCI (3) inquiets de la fracture numérique territoriale croissante. « Alors que la métropolisation de la France est en marche, les territoires ruraux ne doivent pas être laissés pour compte. »

Coût total du chantier 490 millions d’euros, dont 254 M€ en Indre-et-Loire pour doter le département « d’un réseau public de qualité fonctionnement sur le principe de l’égalité du coût du raccordement sur l’ensemble du territoire. » poursuit J-G Paumier.  « Un projet source d’insertion et d’emploi local aussi, puisqu’en créant 20 équivalents temps pleins, il va générer 140 000 heures d’insertion et 80 000 heures de formation » souligne TDF, dont le directeur général était présent à Blois. Les abonnés pourront demander leur raccordement dès la pose du câble devant chez eux à des tarifs encore à l’étude. Mais le conseil départemental évoque « une offre très intéressante ». « La communauté de commune du Val de l’Indre sera l’une des premières à en profiter », confie Sylvie Giner, conseillère départementale. A suivre.

  • TDF anciennement Télédiffusion de France devenu Téléphone-Diffusion-Fibre
  • : Indre et Cher ayant conçu un projet similaire pour le Berry tandis que l’Eure et Loir et le Loiret plus avancés sont restés sur un déploiement départemental.
  • Etablissement publics de coopération intercommunale (communauté de communes)
  • Le plan fibre très haut débit

Lancé en février 2013, le Plan France très haut débit vise à couvrir l’intégralité du territoire en très haut débit d’ici 2022. C’est-à-dire proposer un accès à internet performant à l’ensemble des logements, des entreprises et des administrations.

Pour atteindre cet objectif, il mobilise un investissement de 20 milliards d’euros en dix ans, dont 3,3 milliards d’euros de l’État, pour déployer les infrastructures ad ’hoc sur tout le territoire. Dans les secteurs ruraux, les collectivités territoriales déploient des réseaux publics d’accès à Internet de plusieurs types (FttH, amélioration des débits sur le réseau ADSL, satellite, Wimax, 4G). Ces réseaux d’initiative publique proposent des services aux particuliers et entreprises par des fournisseurs d’accès à Internet (FAI). Les recettes d’exploitation et le cofinancement issus de ces FAI financeront ainsi la moitié de l’investissement (13 à 14 milliards d’euros). La seconde moitié de l’investissement (6,5 milliards d’euros) sera couverte par des subventions publiques, dont une enveloppe de l’État de 3,3 milliards d’euros.

  • Très haut débit : de quoi parle-t-on ?

Le très haut débit est un accès à internet performant, qui permet d’envoyer et de recevoir un grand nombre de données (documents, photos, vidéos, etc.) dans un temps court. Le flux est considéré à « très haut débit » dès qu’il est supérieur à 30 Mégabits par seconde. Le terme de débit désigne la quantité d’informations qu’un réseau peut transférer en un temps donné. Il est exprimé en « bit », une unité de mesure de la quantité de données susceptible de circuler dans un réseau : en kilobits, mégabits ou gigabits selon le niveau du débit. Plus il est élevé, plus la vitesse de transmission et de réception des données (documents, vidéos, musiques, etc.) est rapide.

  • La fibre optique

Tube en verre plus fin qu’un cheveu, la fibre optique véhicule des données à la vitesse de la lumière au travers d’un signal lumineux injecté dans ce tube. 80% des réseaux déployés dans le cadre du Plan France très haut débit seront de la fibre optique jusqu’à l’abonné (FttH). Ce choix a été fait car elle apporte :

  • un niveau de débit quasiment illimité ;
  • un débit identique dans les zones urbaines et dans les territoires ruraux : le débit peu altéré par la distance et la fibre optique permet donc de « briser la distance » ;
  • un débit identique pour la réception de données (débit descendant) et l’envoi de données (débit ascendant). La fibre optique jusqu’à l’abonné est appelée FttH pour « Fiber to the Home » (fibre à la maison).
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