L’agro-écologie, une solution pour le climat

L’ADEME Centre-Val de Loire et le centre Inra Val de Loire ont organisé mi-juin une rencontre de sensibilisation et d’échange sur le stockage carbone dans les sols.

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(à gauche association triticale-féverole)

Le sol est un réservoir de carbone considérable qui stocke actuellement l’équivalent de deux à trois fois la quantité de CO2 présente dans l’atmosphère. Socle vivant de la production agricole et de la forêt, c’est une ressource limitée et non renouvelable à l’échelle humaine.
Les sols sont de plus en plus sollicités et font l’objet de tensions entre les usages. Modification des modes de production, retournement des prairies (-1,6 million d’hectares depuis 1990), perte de terres cultivables ou boisées au profit de l’urbanisation, augmentation des prélèvements de biomasse, autant d’évolutions qui, mal prises en compte, pourraient affecter la qualité des sols et dissiper les stocks en carbone qu’ils contiennent.
Cependant, les filières agricoles et forestières offrent également des solutions pour lutter contre le changement climatique en produisant des énergies renouvelables et en préservant ou en augmentant les stocks de carbone dans la biomasse et les sols.

Les Com com à l’heure des plans climats énergie

Par ailleurs, agir sur les stocks de carbone dans les sols, c’est aussi agir sur la qualité des sols et des milieux à travers la régulation du cycle de l’eau, de la qualité de l’air, la préservation de la biodiversité. Dominique Arrouays, chercheur à l’unité Infosol de l’Inra indique que l’initiative 4 pour mille qu’il a suggérée à Stéphane Le Foll est un minimum : « ça représente 120 à 130 kg de carbone par an et par hectare. Mais il admet qu’avec de bonnes pratiques agricoles, il est possible de stocker en profondeur jusqu’à 500 kg/ha/an(1) ». Comment faire ? Claire Chenu – professeure AgroParisTech – membre du conseil scientifique de l’initiative internationale ‘4 pour mille’ a étudié plusieurs scénarios de conduite culturale. Sa conclusion est lapidaire : « seule les haies et l’agroforesterie en croissance, les bandes enherbées et l’agriculture dite de conservation, c’est-à-dire le – non labour avec couverture permanent du sol- sont en capacité de stocker du carbone. » Un mode de culture qui induit un recours raisonné à un désherbant total bon marché largement répandu. Sans glyphosate, pas de stockage de carbone ? A mots couverts, les chercheurs avouent que pour l’instant la molécule n’est pas remplaçable mais ils ne désespèrent pas de trouver d’autres moyens. La tâche est immense, selon Arvalis, à peine 1 % des surfaces de productions agricoles sont conduites en non labour mais un tiers de la SAU (4,6 Mha) est en TCS.
Comme dans bien d’autres domaines des Plans Climat-air-énergie Territoriaux (PCAET), les acteurs des territoires, animés, encouragés, soutenus par leur collectivité trouveront de nombreux bénéfices dans des actions de préservation et de séquestration du carbone dans les sols expliquent l’Inra et l’Ademe qui ont produit des documents de fond à leur intention.
Le 13 juin, certaines d’entre elles ont rencontré les experts de l’Inra et de l’ADEME pour explorer ce sujet à travers des présentations, des moments d’échange et de visites. Certains sont même descendus dans une fosse pédologique et ont visité ce laboratoire qui stocke des milliers d’échantillons des sols de France et observe par prélèvements réguliers leur évolution. Reste ensuite à imaginer sur chaque territoire une politique adaptée pour répondre aux objectifs du PCAET.

(1) Une tonne de carbone stocké équivaut à 3,66 t de CO2 captées.

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