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Tour de plaine
Des visites de parcelles rassurantes

C’est à Saint-Ouen-les-Vignes notamment que les membres des GDA Nord Touraine se sont réunis la semaine dernière pour un tour de plaine. Les échanges et les constats dans les parcelles étaient plutôt empreints d’optimisme.

Les agriculteurs adhérents du GDA Nord Touraine s’étaient donné rendezvous chez Eric Rénier à Saint- Ouen-les-Vignes pour un tour de plaine jeudi 20 mai. Après les pluies des dernières semaines, les échanges étaient ceux d’agriculteurs rassurés par les millimètres tombés, mais restant un peu inquiets quant au potentiel de rendement suite au gel et à la sécheresse de ce début de printemps.

 

UN SOL PAS SI MOUILLÉ QUE ÇA

Le profil de sol effectué par Eric Rénier dans une de ses parcelles au sol peu profond l’a prouvé lors du tour de plaine : il a plu régulièrement en ce mois de mai, oui, mais après 25 cm de profondeur, le sol est toujours très sec. « S’il tombe encore de l’eau, ce ne sera pas de trop ! », entend-on parmi le groupe, même si cela ne facilite pas les interventions dans les champs.

 

Au vu des discussions des adhérents, le pilotage de l’azote s’avère compliqué en céréales. Plusieurs envisagent d’emprunter le greenseeker du GDA pour faire un état des lieux. Avec l’arrivée de l’eau, la minéralisation est en tout cas en train de se faire. D’après les essais de la chambre d’agriculture, « on en conclut qu’il faut apporter la quantité nécessaire à la montaison en avril. Et si besoin, on complémente en mai selon les indications de la grille de lecture du greenseeker mise au point pour les adhérents, indique Christophe Bersonnet, conseiller en agronomie à la chambre d’agriculture. Dans les essais, en sols limoneux, l’azote apporté en mars a porté ses fruits. Mais le premier apport de fin février n’a rien donné, à cause du manque d’eau et des températures froides. »

 

Le conseiller a également mis l’accent sur l’importance de contrôler le pH des sols, à corriger si besoin par un chaulage ou du fumier. Le GDA vient d’ailleurs de s’équiper d’un pHmètre pour des mesures sur le terrain, un modèle spécial breveté avec un élément de mesure (l’électrode) robuste dans un boîtier étanche. Les mesures sont souvent instructives…

 

SEPTO ET FUSARIOSE À GARDER À L’OEIL

Du point de vue des maladies, avec les températures qui restent fraîches mais sont en augmentation, la septoriose peut se réveiller. Un fongicide a en principe été passé avant les pluies.

 

Christophe Bersonnet alerte aussi sur le risque de rouille jaune, puisqu’il en a été trouvé dans un essai, avec le temps frais et couvert qui lui est favorable. Le risque de fusariose est également d’actualité « avec le stade sortie des étamines dans les conditions fraîches et pluvieuses, précise le conseiller. Si vos céréales sont en période de sortie des étamines et que vous avez semé une variété sensible, il faut considérer le risque et si besoin intervenir avec un fongicide. » une recommandation souvent difficile à appliquer ces jours-ci, du fait du vent quasi permanent, il faudra trouver une fenêtre météo !

 

Le tour de plaine dans les colzas a confirmé la présence des auxiliaires. Pour preuve, des pucerons cendrés momifiés, après l’intervention de micro-hyménoptères. Un bon signe.

 

LA SIGNATURE DU GEL

Sur les blés, les épisodes de gel ont laissé des traces : des extrémités d’épis blanchies et des épis plus courts. Les feuilles, elles, traduisent le manque d’eau, certaines d’entre elles se sont pincées pour réduire la voilure et donc leur besoin en eau. La septoriose a été présente, mais des points noirs prouvent qu’elle a été avortée, donc pas d’inquiétude. Au final, rien d’alarmant, de belles parcelles, mais un rendement qui devrait en pâtir un peu.

 

Dans la parcelle de blé visitée, les participants au tour de plaine ont constaté tout de suite une différence visuelle entre les plantes, liée en fait à la présence de drains. Au-dessus d’eux, les cutures sont plus belles, peu de pieds ont gelé. Le profil de sol tend à montrer que ce phénomène est dû à une terre plus profonde à cet endroit-là, plus poreuse, et donc certainement un meilleur enracinement. Un phénomène que d’autres céréaliers ont certainement dû observer sur leurs terres.

 

Le groupe d’agriculteurs reconnaît en tout cas que les plantes ont bénéficié d’un bon enracinement en automne, grâce à de bonnes conditions, sans excès climatique. Maintenant, tous espèrent un temps poussant : un peu plus chaud et lumineux. Bonne nouvelle, c’est en cours apparemment…

 

Par ailleurs, avec l’amélioration de la situation sanitaire, les adhérents retrouvent enfin convivialité et proximité, des valeurs fortes du GDA : mission accomplie pour ce tour de plaine.

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