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Gestion de l'eau : l’Etat, casque bleu des bassines

Les dix-neuf réserves de substitution des Deux-Sèvres, attaquées par les opposants radicaux, sont le fruit d’une longue concertation validée par les ONG.

La « guerre des bassines », avec l’action jusqu’auboutiste du collectif « Bassines non merci », a dépassé les bornes le week-end dernier avec la destruction d’une réserve et des dégâts dépassant 450 000 euros.

 

Depuis la fin de Notre-Dame-des-Landes, ce projet semble être « the place to be » en fin d’été pour les opposants au monde agricole classique. « José Bové, Benoît Biteau et moi-même, cela fait des années qu’on est là, on est là à chaque fois », déclarait Yannick Jadot en octobre 2020. Ils étaient présents à nouveau en 2021. Jean-Luc Mélenchon et Philippe Poutou n’ont pas manqué le rendez-vous.

 

Parmi les manifestants, une partie des habitants de la zone mais aussi des activistes venus de toute la France. La vidéo sur le site internet proche des activistes de Tarnac (https://lundi.am/ Marais-poitevin-La-guerre-de-leau-est-declaree) est significative de la radicalisation. Les actions de destruction ont été filmées, avec des slogans tels que « Prise de bassine », « Destruction de la pompe », « Tout le monde déteste la police ». La justice dispose des moyens pour agir.

 

ATTITUDE RESPONSABLE DES ONG

Thierry Baudoud, responsable de la « Coop de l’eau » – société coopérative anonyme de l’eau des Deux-Sèvres qui regroupe 450 irrigants –, explique que depuis le lancement du dossier « nous marchons sur deux pieds : le dialogue et la légalité, avec l’Etat garant des bonnes règles ».

 

François Pellerin, hydrogéologue de formation, est la cheville ouvrière pour la FNE locale. « Le pour ou contre n’est pas la bonne façon de poser la question de la gestion de l’usage agricole de l’eau, dont on aura toujours besoin ». Il dit « adhérer à la vision globale de la FNE qui est réticente aux réserves », mais resitue la position de l’association dans le contexte local avec une participation directe des ONG à l’organisme unique de gestion des eaux et la gouvernance du système. Pour lui, le fait de « prendre le risque de la concertation doit avoir en contrepartie un engagement des producteurs dans des pratiques agro-environnementales. » Les opposants, après la concertation, ont joué le jeu de la démocratie et du factuel et, une fois l’accord trouvé, ont retiré leur action en contentieux au tribunal administratif.

 

RÉELLES SUBSTITUTIONS

Les réserves sont alimentées l’hiver par un pompage dans la nappe. Sur les réseaux sociaux, cela conduit à la remarque que cela diminuerait l’alimentation des nappes et le disponible estival. Les opposants idéologiques relaient ce ressenti et en jouent. Mais la nappe est superficielle et réactive. Son excédent hivernal finit en mer, via la Sèvre Niortaise. « Dire que les bassines vont aggraver le problème, c’est faux, explique François Pellerin. L’accord encadre les dates de prélèvement et le niveau de la nappe en hiver. Il y a un réel risque de non-remplissage en cas d’hiver peu pluvieux. » Le pompage hivernal se substitue pleinement au prélèvement estival. C’est pourquoi le Marais poitevin avait déclaré que cela améliorait « la préservation de la zone humide ».

 

La couverture par les médias ne doit pas oublier un point essentiel : l’intervention des services de l’Etat pour gérer les autorisations de réserve d’eau. Lorsqu’elles sont autorisées, c’est que l’équilibre est respecté. Ces éléments techniques simples à comprendre démontrent, comme l’indique la FNSEA et les autres signataires du communiqué du 9 novembre, que l’action des opposants radicaux ne porte pas sur des éléments factuels, mais a « pour unique motivation, leur désaccord avec les politiques de notre pays fondées sur la croissance durable ». Ils ne représentent qu’une infime minorité des citoyens.

 

 

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