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Transformation et vente directe
« Les retours des clients, c’est une vraie récompense »

Julie Maréchaux s’est lancée depuis deux ans dans la transformation et la vente directe des céréales de son mari et d’autres produits de la ferme. La boutique Mangez Touraine représente l’un de ses débouchés.

Et si on transformait une partie de nos céréales ? », voilà l’idée qu’Olivier Maréchaux a soufflé à son épouse il y a deux ans. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cette dernière s’est prise au jeu. Aide-soignante à domicile à temps partiel, Julie Maréchaux consacre une partie de son temps disponible à Chaveignes à transformer la production de son céréalier de mari, mais pas que.

 

Le couple a commencé par acheter une presse pour fabriquer de l’huile de colza et de tournesol. Aujourd’hui, dans la gamme « Les produits de Julie », les clients trouvent ces huiles en version « assaisonnement », ainsi que l’huile de tournesol adaptée à la cuisson.

 

« On remplit la presse de céréales une fois par jour, et elle fonctionne 24 heures sur 24. On obtient à peu près 60 litres d’huile en 2-3 jours, en pression à froid suivie d’une décantation avant le conditionnement, pour éviter le dépôt dans les bouteilles », décrit la productrice. Et rien ne se perd puisque les tourteaux sont vendus à un éleveur pour alimenter ses animaux.

 

Le couple a dû affiner sa technique. « L’année dernière, au moment de presser le tournesol on s’est rendu compte qu’il n’était pas assez sec, la texture n’était pas la bonne, se souvient Julie. Alors on l’a refait sécher, et désormais on sera plus vigilant quant au taux d’humidité de la graine au moment de la récolte. » Le vinaigre de vin rouge est venu rapidement compléter l’offre. La productrice est partie d’une mère qu’elle possédait, et se fournit en vin naturel chez Frédérick Baty à Braslou.

 

Aussi des oeufs, de la farine, des escargots…

Après les huiles et le vinaigre, Julie a ensuite eu envie de proposer des oeufs à la vente. Ceux de ses 80 poules de Marans ont rapidement trouvé leur clientèle. Elle envisage d’ailleurs de s’équiper pour réaliser elle-même le mirage et le calibrage des oeufs, et ainsi pouvoir les vendre en GMS sans passer par un centre d’emballage.

 

Un bon début, mais pourquoi s’arrêter là ? Qui dit céréales dit farine, alors il ne restait plus qu’à acheter un moulin. « On en a trouvé un petit, qu’on a reçu 15 jours avant le premier confinement. Avec la pénurie de farine dans les magasins, on a eu beaucoup de demandes, c’était vraiment le moment de se développer. On a donc acheté d’occasion un plus gros moulin pour fabriquer davantage », relate Julie. Et voici une gamme de farine de blé, allant de la T65 à la T150. Environ dix hectares, certifiés haute valeur environnementale (HVE) sont consacrés à la transformation en huile et farine : 60 quintaux de colza, 100 quintaux de tournesol, 150 quintaux de blé. Au début, Julie vendait uniquement à la ferme, captant les clients qui venaient déjà chercher sur place les asperges en saison. La culture d’asperges a en effet été conservée sur l’exploitation, où ses beaux-parents la pratiquaient déjà. Puis, le contexte du confinement aidant, Julie a pu placer ses produits dans plusieurs points de vente. On les trouve aujourd’hui à Intermarché, Carrefour contact Richelieu, aux Vergers de la Manse, à la Fruitière tourangelle, à La Charrette, au Plaisir du vrac… Certains restaurants, comme l’auberge Le cardinal à Richelieu ou l’auberge Le Colombier à Villandry, font aussi partie de ses clients et revendeurs.

 

« Gagner de nouveaux clients »

C’est aussi lors du confinement qu’elle entend parler de la boutique Mangez Touraine. Elle s’inscrit alors au point de retrait de Sainte-Maure-de-Touraine. « Ça m’a permis de faire connaître ma gamme et de gagner de nouveaux clients. On reçoit un mail quand on a des commandes, ça nous laisse un jour entier pour les préparer. On s’arrange entre producteurs pour livrer. Il n’y a pas de minimum de marchandises à fournir ni d’obligation de permanence, explique Julie. Pour les agriculteurs, le concept permet d’aller à la rencontre des clients sans avoir de rapport d’argent car tout est déjà payé. »

 

Les produits de Julie seront également bientôt présents au point de retrait de Chambray-lès-Tours, « une porte ouverte sur Tours ».

 

La productrice s’est aussi lancée dans un élevage d’escargots. « On avait une serre, il fallait juste ajouter un système d’arrivée d’eau. » Julie vient ainsi de recevoir ses 80 000 escargots, qu’elle sortira du parc en juillet-août. C’est la troisième année qu’elle en élève, mais la première année qu’elle les transformera elle-même, après avoir suivi une formation en hygiène, en utilisant une cuisine de restauration collective.

 

« Ce qui me plaît, c’est qu’on part du produit de base, et on se demande comment le travailler, le transformer, puis le vendre. Ensuite, les retours des clients, c’est une vraie récompense, c’est génial », confie Julie, tout sourire. Le couple a encore plein d’idées, vinaigre de vin rosé, farine de sarrasin, de seigle et d’épeautre, cochons nourris avec les tourteaux pourraient bien rapidement intégrer Les produits de Julie !

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