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Nouveau directeur à la laiterie de Verneuil : « On sent ici des valeurs de proximité »

Suite au départ en retraite d’Annick Lartigue, François Lécareux a pris la direction de la coopérative Touraine-Berry en janvier dernier. Présentation.

La coopérative Berry-Touraine a changé de directeur. François Lécareux, riche de son expérience en industrie laitière, compte bien poursuivre les efforts collectifs pour pérenniser l’outil, toujours mieux valoriser le lait et développer les débouchés.

 

Laitier de formation, quel parcours vous a mené jusqu’ici ?

F.L. : J’ai étudié en école d’industrie laitière à Surgères, après un bac agricole. Je ne suis pas issu du milieu agricole, mais j’avais une attirance pour les produits laitiers, les fromages. J’ai démarré ma carrière dans le nord de la France, chez Candia en tant que responsable de laboratoire, responsable qualité usine puis régional pour la certification Iso 9002. Au bout de dix ans, j’ai voulu être davantage acteur de la valeur ajoutée, dans la production, et suis devenu responsable d’un atelier. J’ai goûté aux joies du management, construit avec les équipes, amélioré les performances… Je suis passé responsable de production de toute l’usine (300 millions d’emballages avec notamment des produits infantiles et boissons laitières, gérant de gros projets industriels. J’ai donc passé 22 ans chez Sodiaal. En 2008, j’ai intégré la coopérative Glac comme responsable de sites (en Puy-de-Dôme et Creuse) ; un beau challenge au niveau de la gestion du personnel et du développement technique. J’ai fait un travail intéressant avec les producteurs pour développer le lait de montagne. En 2016, j’ai rejoint la coopérative Lactinov en tant que directeur de deux usines, pour renforcer mon expérience dans les produits infantiles et de santé (personnes dénutries, produits post opératoires…), avant d’arriver ici.

 

Après un tel itinéraire, quel challenge représente la direction à la laiterie de Verneuil ?

F.L. : C’est une évolution dans le sens où ici je suis au coeur du processus. C’est un poste de responsabilité totale, celle des relations avec les producteurs, le conseil d’administration, et celle du processus industriel. La nouveauté pour moi, c’est la partie commerciale. Ici j’en suis le chef d’orchestre, ça me permet d’avoir une vision globale de l’entreprise avec l’initiative des projets et de leur développement. La laiterie de Verneuil, c’est aussi une continuité car j’ai toujours travaillé en coopérative.

 

Qu’est-ce qui vous a attiré dans cette entreprise ?

F.L. : Le fait qu’elle soit à taille humaine. On sent dans les relations avec le conseil d’administration et avec les producteurs que l’on vient chercher ici des valeurs de proximité et une dimension humaine. Il y a une réelle appartenance à l’entreprise, l’usine est « l’outil des producteurs ». Ces derniers sont impliqués dans les décisions stratégiques, dans le développement commercial. Ils veulent comprendre et avoir leur mot à dire. La laiterie a aussi une réputation de qualité qui est bien installée. Le lait premium Délices de Touraine notamment est une pépite de l’entreprise depuis une dizaine d’années. Et avoir une association des producteurs de Délices de Touraine régissant le cahier des charges au sein de la coopérative est intéressant et peu fréquent. Les collaborateurs sont fidèles à leur entreprise ; le management est participatif, ce qui donne du sens au travail. C’est une grande fierté pour moi d’assurer la continuité des efforts réalisés par mes prédécesseurs et de pérenniser une entreprise locale méritante.

 

Vous avez pris vos marques depuis janvier, quels axes de travail vous êtes-vous fixés ?

F.L. : Nous avons des axes de progrès pour valoriser au mieux le lait de nos adhérents. Nous souhaitons développer la gamme de produits premium, le lait Délices de Touraine est en effet complétement dans la tendance du moment, garantissant un revenu équitable à nos producteurs sur toute leur production mais aussi une qualité du lait venant de pratiques agricoles raisonnées et responsables. Ce lait est issu d’un secteur d’environ 50 km seulement, c’est une force : il n’y a pas de grand mélange donc on retrouve le goût caractéristique de ce terroir. Il nous faut aussi développer le secteur de la restauration collective pour promouvoir nos produits régionaux. La coopérative va également investir cette année 3 millions d’euros pour pérenniser l’outil de production de la poudre de lait. Cette dernière est stratégique car c’est un régulateur du bilan matière. L’outil de conditionnement va être déplacé, dans une ambiance contrôlée, avec plus de mécanisation pour réduire la pénibilité du travail et améliorer les performances énergétiques. N’oublions pas nos producteurs caprins qui contribuent à la fabrication de deux AOP et d’autres produits très qualitatifs. L’outil de production de fromage de chèvre est adapté aux ventes mais doit être développé. La fabrication de produits au lait cru nécessitant une grande vigilance et une maîtrise sur tout le processus. Nous travaillons avec le conseil d’administration sur la vision de la coopérative pour ces prochaines années et sur les évolutions nécessaires à l’outil et aux ressources laitières. Un plan d’action formalisé sera commenté en septembre.

 

Et au niveau de la méthanisation ?

F.L. : On arrive en fin d’exploitation du moteur de cogénération. Aujourd’hui, les coûts de collecte du fumier, l’amortissement, les charges… ne sont pas couverts entièrement par l’exploitation du système. On va retravailler le modèle économique pour mieux valoriser le digestat solide notamment. Ça supposera de revoir la ration et l’automatisation.

 

Après l’année 2020 si particulière, avec quelle tendance conjoncturelle faut-il travailler ?

F.L. : En un an, la consommation des produits laitiers UHT est passée d’une tendance de – 3 % à + 5 %. On a perdu en volume avec la fermeture de la restauration, mais on a gagné en GMS (ce qui n’a pas tout compensé). Le marché de l’UHT est un peu compliqué en ce moment. Pendant le confinement, beaucoup de consommateurs ont retrouvé le plaisir de cuisiner chez eux, avec de bons produits. Le lait entier et la crème entière par exemple sont en forte évolution. En bio, le lait a sa place sur le marché, les clients sont présents mais la consommation stagne. Le marché laitier est trop segmenté et le consommateur ne s’y retrouve plus. De notre côté, on priorise le lait premium, et le bio se développe également en conséquence.

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