Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Invasion d'insectes
Punaise, il y en a des millions !

Des larves de punaises se développent par endroits dans des chaumes de colzas. Elles peuvent, dans les secteurs habités, envahir jardins et maisons.

Des punaises de la famille des Lygaeidaes, communément appelées punaises des céréales, pullulent dans quelques endroits en France dont la Touraine, avec ce mois d’août sec et chaud, le plus souvent dans des chaumes de colzas. Elles se déplacent en masse et, lorsqu’il y a des habitations à proximité, s’agrègent dans les jardins, sur les façades et toitures et jusqu’à l’intérieur des maisons en gênant fortement les habitants.

 

Les autorités locales et les voisins, souhaitent que les exploitants des champs en bordure interviennent : « Il faut les supprimer, traitez ! » Les agriculteurs, veulent bien faire quelque chose, mais avant d’intervenir il faut comprendre la situation, savoir ce qu’il serait efficace de réaliser et qui ne serait pas interdit réglementairement.

 

Inédit dans la région

Le phénomène est nouveau dans la région, mais il est signalé aussi de manière plus intense en Auvergne, Rhône-Alpes (région AURA). Des signalements de moindre importance y avaient déjà été effectués en 2009 puis en 2017 et 2018. La Fredon AURA a cherché à mieux comprendre la situation. Dans une publication sur son site, elle indique que ces punaises n’ont pas été identifiées plus précisément, car les pullulations sont le fait d’individus au stade larvaire. Une identification spécifique nécessite des adultes.

 

La Fredon AURA précise qu’ « à ce jour, aucune piqûre, ni cas d’allergie n’a été rapporté. Les punaises ne semblent pas occasionner de dégâts ni au bâti ni aux végétaux (jardin, potager, arbres fruitiers...). En l’état actuel des connaissances, ces punaises ne constituent donc pas un danger pour la santé publique, ni pour celle des végétaux ». Elle précise que les raisons qui expliquent les proliférations ne sont pas connues. Les premières informations indiquent que les larves meurent dans les 10-15 jours sans, semble-t-il, passer à l’âge adulte.

 

La Fredon confirme que « ce phénomène étant inédit dans les proportions actuelles, aucune méthode de lutte efficace n’a pu être testée et validée. ». Côté traitement « il n’existe aucun produit homologué pour lutter contre les punaises dans les champs de colza ou de céréales », sans compter que traiter un champ sans culture est impossible sur le plan de la réglementation agricole. Sur les traitements insecticides de particuliers, la note FREDON rappelle que, « en dehors de toute considération sur les risques sanitaires de ces pratiques, il faut rappeler que ces traitements n’auront d’effet que sur les insectes déjà présents, sans empêcher les suivants d’arriver », ce qui est effectivement constaté sur le terrain.

 

Patience...

Pour limiter l’impact, chacun cherche une solution. Il semble que les punaises n’apprécient pas l’humidité. Créer une barrière en maintenant humide une partie du jardin, est-ce une solution pour réduire l’invasion ? Mais pour cela, il faut apporter régulièrement de l’eau et obtenir une dérogation aux interdictions d’arrosage en cours. Près de Chinon, à la demande d’un voisin, un agriculteur avait déchaumé (après la date réglementaire du 20 août). Le terrain était sableux, le déchaumage, facile, semble avoir perturbé les larves. Dans d’autres endroits sur terrains battants, là où il n’y a pas eu de pluie, le déchaumage est techniquement impossible.

 

La méthode la plus efficace semble d’user de patience : au bout de 10-15 jours, ces larves disparaissent. L’autre interrogation porte sur d’éventuels dégâts futurs dans les cultures de ces espèces qui seraient granivores à l’âge adulte. Si ces larves d’août disparaissent avant le passage à l’âge adulte, il n’y a pas d’inquiétude à avoir. Avec des signalements un peu partout en France, une recherche va probablement être menée pour en savoir plus. La Fredon Centre-Val de Loire (Chambray) demande aux agriculteurs qui ont constaté ces invasions de punaises de les signaler (contact@fredoncentre.com) pour mieux répertorier les impacts et améliorer la compréhension du phénomène.

 

« Cet épisode des punaises montre les contradictions de la société française. Selon les activistes environnementalistes, les habitants des campagnes demandent soi-disant des zones d’interdiction de traitement, mais ils n’hésitent pas à utiliser des insecticides et demandent aux agriculteurs de traiter pour éviter des désagréments. Ils ont compris l’intérêt d’utiliser des produits phytosanitaires lorsqu’il y a nécessité », commente Jean-Claude Robin pour l’UDSEA.

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 5,54€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terre de Touraine
Consultez le journal Terre de Touraine au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter du journal Terre de Touraine
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terre de Touraine.

Vous aimerez aussi

Vignette
Le dispositif pour l’emploi de travailleurs occasionnels maintenu en 2020
Le secteur agricole conserve son exonération de charges spécifique « travailleurs occasionnels - demandeurs d’emploi » pendant une année, avan
Vignette
Pluies, jusqu’à quand ?
Cet automne 2019, les objectifs de réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires ne riment pas avec la réussite des semis.
Vignette
Les chèvres d’élite à Ferme Expo
Ferme Expo tient enfin son concours caprin.
Vignette
Ferme Expo : voir de près et échanger sur les innovations
Ferme Expo ouvre ses portes vendredi 15 novembre ! L’évènement nouvelles technologies du vendredi soir aura l’i
Vignette
Le réseau AS explique les chiffres de l'agriculture tourangelle
Performances économiques des exploitations agricoles: le réseau AS présente sa synthèse. 
Vignette
Le barème d’indemnisation des céréales à pailles est fixé
Le montant des dédommagements liés aux dégâts de gibier dans les cultures inclut désormais une tarification pour le méteil.
Publicité