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Réserve d'eau collective : 26 ans après, toujours là !

Les réserves d’eau dans des micro-vallées et les bassines sont une solution pour s’adapter au changement climatique. Retour sur les réserves collectives de Luzillé. 

Le ministre de l’agriculture, Didier Guillaume, a déclaré à l’Assemblée Nationale qu’il était regrettable « de regarder l’eau passer pendant les 6 mois d’hiver et d’en manquer en été », en sous-entendant qu’il fallait investir pour la stocker. Cette décision de bon sens, c’était celle d’un groupe d’agriculteurs au début des années 90. Six céréaliers non irrigants ont mené à bout un projet de stockage d’un million de m3, avec 2 réserves et ont investi dans leur propre exploitation.

 

Signe de l’intérêt de l’opération, 26 ans après, ces exploitations de Luzillé, St Quentin-sur-Indrois, existent toujours, avec un passage de génération pour cinq d’entre elles. La rédaction a rencontré le seul fondateur encore en activité, Christian Vrignon, qui a accepté de revenir sur la mise en place de l’investissement collectif et de son intérêt.

 

SÉCURITÉ SUR LES VOLUMES

A la fin des années quatre vingts, Christian, qui irriguait déjà et produisait du maïs semences, voulait sécuriser sa production « avec un enrouleur de plus ». Les agriculteurs se souvenaient alors tous de 1976 et de l’impact catastrophique sur leur trésorerie au début de leur activité. Mais il fallait trouver la ressource en eau. Petit à petit, une démarche collective a émergé. Des études préalables ont été faites. Avec la topographie du terrain, la pluviométrie habituelle, les hydrogéologues indiquaient que la réserve de Terres Noires pouvait être remplie 7 à 8 années sur 10 par les seules eaux d’écoulement. Pour Lavignon, le bassin n’était suffisant que 4 à 5 années sur 10. La possibilité d’un pompage supplémentaire en hiver dans un ruisseau a été obtenue.

 

« Les investissements étaient lourds, à la fois pour les réserves, les canalisations et les équipements individuels. Ils n’étaient réalisables que s’il y avait une sécurité sur les volumes », rapporte Christian Vrignon. Dans une période d’incertitude économique - on était au début de la réforme de la PAC de 1992 -, ils étaient 6 à décider d’investir : Michel Bonnigal, Jacky Ondet, Pierre Lheritier, Christian Vrignon, Jacky Gauvin et André Bonneau. Pour les frais de l’ASA, les investissements ont été répartis au prorata des m3/h que chacun engageait en besoin de pompage et irrigation.

 

Chacun a financé sa part avec, le plus souvent, des emprunts sur 15 ans, à une époque où les taux flirtaient les 10 % et où les prix de vente des céréales étaient programmés à la baisse suite à la fin des soutiens de cours avec la nouvelle PAC libérale. Et il fallait aussi investir dans les équipements d’irrigation individuels. Les taux de subventions étaient de 35 % sur les infrastructures et 15 % sur le matériel. Après une série d’études réglementaires les travaux ont démarré et l’irrigation a débuté l’été 1993. En restituant l’eau collectée l’hiver, depuis 1993, les réserves et les surfaces irriguées apportent un plus pour la biodiversité.

 

Gestion de l’ASA

Suivant les volumes qui restent disponibles en fin de campagne, la pluviométrie de l’automne, il y a, ou non, pompage dans le ruisseau pour compléter. « Comme le dit le ministre, l’intérêt est de tamponner les à-coups, les moins, mais aussi les plus. Michel Bonnigal a fait un calcul, le prélèvement moyen annuel représente moins que 2 jours du débit des crues de début juin 2016 », explique Christian Vrignon. L’ASA anticipe pour un prélèvement limité et régulier et au moindre coût en électricité.  

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