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Une installation sous le signe de la diversification

A Manthelan, Timothée Gbotchenou a repris depuis un an l’exploitation céréalière de Bernard Baranger. Une cession réussie, pour un projet qui est parti de l’existant tout en diversifiant les sources de revenus.

Originaire de Saint-Branchs, Timothée Gbotchenou a repris l’exploitation bio de Bernard Baranger à Manthelan voilà un an. La rencontre avec le cédant s’est faite dans la simplicité. Alors qu’il était commercial chez Agrial, Timothée contacte Bernard Baranger, proche de l’heure de la retraite. « Je cherchais une ferme céréalière à reprendre, qu’elle soit bio ou conventionnelle. On a discuté avec Bernard et on s’est bien entendus. Assez rapidement, il a acté le fait que je pouvais reprendre l’exploitation », raconte le jeune homme.

 

En attendant l’installation, celui qui a toujours voulu devenir agriculteur souhaitait s’insérer dans le réseau local. « Lors de mon apprentissage en licence en agriculture biologique à Angers, je m’étais créé un réseau bio important dans le Maine-et-Loire. Je voulais m’intégrer de la même façon en Touraine », justifie-t-il. Il travaille ainsi un an et demi à L’oeuf bio de Touraine, tandis qu’il mène de front son parcours à l’installation.

 

Après un an de tuilage avec le cédant, en stage parrainage, le jeune agriculteur reprend fin 2020 l’exploitation de Bernard, alors exclusivement céréalière, avec ses 87 ha de cultures et 10 ha de prairies. « On a mis en place la rotation des cultures avec Bernard pour 2020, ses conseils sont précieux car il est bon techniquement. Et il me donne un coup de main presque tous les jours ! confie Timothée. On s’est mis d’accord pour qu’il m’aide pendant un an, donc jusqu’à la fin de cette année. »

 

A « Les champs dons », le jeune homme poursuit la collaboration avec l’association Le grain libre*, ainsi que la vente directe de lentilles et de millet. « Mais je voulais absolument ajouter un complément animal. J’ai tout de suite choisi les poules pondeuses, parce que mon expérience à L’oeuf bio de Touraine m’avait mis le pied à l’étrier et montré qu’il y avait un marché », explique-t-il. Le voilà donc avec un atelier de 1 000 poules pondeuses, nourries quasi exclusivement grâce aux 25 hectares de cultures dédiées, et dont les oeufs sont commercialisés en vente directe. Une diversification qui a rassuré les banques, frileuses devant un projet purement céréalier.

 

UNE REPRISE POSSIBLE GRÂCE AU FERMAGE

Timothée a donc investi dans deux bâtiments mobiles de 500 poules chacun, les équipements adéquats et les volailles, pour 60 000 euros. « J’ai pu reprendre cette ferme, car tout est en location, terres et bâtiments, tient à souligner le jeune agriculteur. Je n’aurais pas pu sinon. J’ai acheté le matériel agricole pour une valeur de 120 000 euros, mais je suis locataire des terres, dont 46 ha loués par l’association Terre de liens. »

 

Les produits de la ferme sont vendus en magasins bio et de producteurs, chez des primeurs : oeufs, lentilles, millet, pâtes du Grain libre. « Je vends aussi de plus en plus d’oeufs et de lentilles à des restaurants locaux », complète Timothée. Ce dernier a par ailleurs aménagé un point de vente à la ferme, ouvert les 1er et 3e samedis matins du mois, proposant ses produits et ceux de collègues.

 

« Je veux toujours apprendre, je n’ai pas peur de tester des choses ! », lance Timothée. C’est ainsi qu’il cultive blé tendre, avoine, triticale, pois, tournesol, maïs, sarrasin, lentilles, pois chiches, millet, luzerne… Les récoltes de lentilles et de pois ont été, ici comme ailleurs, catastrophiques cette année, mais le reste a été satisfaisant. « On est également en train de monter une association de 8-10 céréaliers bio pour démarcher les meuniers. Ça s’appelle “ La Touraine en bio ” », annonce-t-il.

 

La diversité culturale sur la ferme occupe bien Timothée toute l’année, sans compter le travail de conditionnement requis par la vente directe. Mais cela n’arrête pas le jeune agriculteur, qui va reprendre à façon les terres céréalières de L’oeuf bio. « Ça me permettra d’embaucher un salarié à temps plein, quand Bernard ne travaillera plus sur la ferme, à la fin de l’année », envisage-t-il. Et les projets ne s’arrêtent pas là, puisque Timothée souhaite se diversifier encore et ajouter sur l’exploitation une autre production animale !

 

* atelier collectif de fabrication de pâtes bio (transformation d’environ 20 tonnes par an de blé dur provenant de 5 producteurs).

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