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Appellation Chinon
Les "Vignerons dans la ville" ont de nombreux projets

Rive droite, rive gauche de la Vienne, les vignerons de Chinon s’activent. Après avoir consacré beaucoup d’argent et d’énergie à protéger leurs vignes du gel, ils prennent à bras le corps la montée en gamme de leurs vins et l'aménagement de leur temple, les fameuses Caves Painctes (voir le dessin d'architecte dans nos galeries photos). L'opération "Vignerons dans la ville" le 27 avril leur a donné l'occasion d'évoquer leurs projets et goûter leurs vins. 

Les vignerons de Chinon étaient dans la place, la ville de Chinon le 27 avril. Et sur deux places, celle de la mairie et Mirabeau, ils ont dévoilé leur dernier né, ce 2018 si encensé avant même d’être dégusté. Ce salon amical et joyeux fut le reflet d’une appellation qui cherche et qui trouve. Elle cherche ses racines autour de Rabelais, du vin et des idées avec son festival des Nourritures élémentaires dont la prochaine édition sera consacrée cet automne au thème du voyage.

Elle trouve ou retrouve aussi, les fruits de sa réflexion sur la montée en gamme avec des histoires de lieux-dits. Autant de récits à écrire, à raconter, à s’approprier ; car vendre du vin c’est d’abord raconter une histoire.

La première monographie vient de paraître. Consacrée à la Croix Boissée, elle évoque ce haut lieu de la viticulture cravantaise. Un vignoble de 17 ha décrit par le menu, dans un joli livret de 20 pages, de son origine, à son histoire au fil du temps, avec un accent porté sur l’histoire des hommes et de leur environnement. La Croix Boissée est un beau terroir de tuffeau jaune et blanc et de colluvions culminant à 80 mètres entre un bois (d’Arçon) et un canal, d’où l’on peut admirer la vallée de la Vienne. La Croix Boissée, n’est ni un cru, ni un clos - dont les dénominations sont réglementées - mais un lieu-dit, une formule souple qui ne demande que le bon vouloir des vignerons concernés pour exister.

Structurer et mettre en valeur

« Nous avons fait le choix d’avancer en consensus, reconnaît Francis Jourdan, le président de l’appellation. Nous travaillons depuis cinq ans à structurer l’offre de vins de l’appellation avec l’idée de construire une politique tarifaire omnicanal. La mise en valeur des lieux-dits est une composante de cette stratégie qui doit accompagner nos conquêtes à l’export. Notre relais de croissance, c’est l’exportation, le cabernet de chinon doit devenir aux USA, ce que le sancerre est au sauvignon. Nous exportons 8 % du volume alors que l’on devrait être à plus de 20 % », regrette le Chinonais plus offensif que résigné.

La pointe Vignière (Panzoult), les Picasses (Beaumont-en-Véron), Vindoux (Ligré)… l’appellation a pour ambition de promouvoir 15 lieux-dits en 2020. « Nous avons des choses à montrer. Nous ne tiendrons peut-être pas exactement ce calendrier mais en tout cas, la dynamique est lancée, aux vignerons de se l’approprier au fur et à mesure pour monter en gamme » dit leur président. Francis Jourdan aimerait voir se hisser ces premiums dans le haut du panier ligérien avec un minimum à 10 € du col « et pourquoi pas jusqu’à 25 € ! » (vente particulier).

Raconter des histoires, créer de nouvelles cuvées, le challenge est aussi dans les vignes. La demande évolue, les consommateurs veulent savoir ce qui se passe avant l’embouteillage dans le chai et dans les vignes. Les phytos de synthèse sont sur la sellette médiatique. Un tiers de l’appellation bénéficie déjà de la certification bio (28 %). « Nous sommes une des appellations les plus bios », rappelle Francis Jourdan qui pense que l’indication bio ou la certification Haute valeur environnementale, seront considérées dans un avenir proche tout simplement comme un droit d’accès au marché.

« On ne croûle pas sous le vin ! »

Avec une moyenne de 46 hl/ha, les 176 vignerons de chinon ont déclaré avoir produit en 2018, 111 000 hl dont 95 000 hl de rouges, 10 000 hl de rosés et 6 000 hl de blanc, le petit dernier qui monte, qui monte. L’appellation vit avec un fonds de roulement de 16 mois bon an mal an. Côté négoce, le round d’observation devrait se terminer en mai, une fois le risque de gel passé. Les cours élevés de 2017 (300 €/hl) ont légèrement fléchi mais les responsables de l’appellation constatent qu’il n’y a pas pléthore de chinon à vendre avec, pour l’instant, peu de transactions. « Il y a eu de bons rendements individuels mais aussi des accidents dus au mildiou en plus du problème récurrent de l’esca. Si certains ont utilisé la réserve  qualitative VCI ouverte cette année à hauteur de 11 hl, collectivement, on ne croûle pas sous le vin » explique Francis Jourdan qui espère une discipline collective pour conserver des cours restant « à plus ou moins 20 % autour des 250 €/hl. S’il s’agit d’une affaire de trésorerie, mieux aller voir son banquier que de brader des hectos au risque de tirer tout le monde vers le bas. »  Le gel du 4 avril et la crainte de voir le vin manquer fin 2019 a provoqué un sursaut et maintenu pour l'instant au niveau de cours souhaité par Francis Jourdan. Un mal pour un bien en quelques sorte. En souhaitant que Dame Nature ne prélève pas d'autres hectolitres avant la venue des saints de glace et l'éloignement du risque de gel. 

Un projet pour les caves Painctes

Les vignerons de Chinon auront bientôt une vraie maison. Le lieu emblématique des caves Painctes qui n’a pas connu de grands travaux depuis un demi-siècle sera prochainement servi par un projet d’un million d’euros. Il ne s’agit pas d’une maison des vins ouverte au grand public mais d’une maison pour les vignerons, un lieu de rencontre professionnel, avec salle de dégustation et sa terrasse, des bureaux et une salle de réunion.  Le projet prévoit un accès souterrain direct de la maison des vignerons aux grandes marches qui précédent la salle de gala des caves Painctes, avec une scénographie à la hauteur des ambitions de conquête de l’appellation. Début des travaux en mai pour une inauguration au cours du second semestre 2020. Voir le vue d'architecte ci-dessus dans nos illustrations. 

Les débouchés du chinon (départ caves)

Vente aux particuliers : 30 %

Grand négoce et coopération : 30 %

GMS : 25 %

CHR : 7 %

Exportation : 8 %

 

 

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