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Wine Paris
Une première édition prometteuse

Avec la première édition de Wine Paris, Vinovision a trouvé sa stature internationale. La venue des mille exposants de Vinisud donne à ce salon la masse critique nécessaire pour s’imposer dans le temps, dans le club très réservé des salons internationaux de référence comme Vinexpo et Prowein.

Lundi, mardi, les allées ont indéniablement été très fréquentées avec une présence de visiteurs sans commune mesure avec les deux premières éditions de Vinovision. Cependant, avec un effectif stable de 500 exposants, le salon des vins septentrionaux n’est pas encore en mesure d’occuper l’intégralité des 20 000 m2 du hall 4, d’où la présence à ses côtés d’une partie conséquente de Vinisud ; la vallée du Rhône, le Bordelais et les stands étrangers.

Comme souvent dans les salons, les points de vue des exposants divergent radicalement. Les grandes maisons de négoce ont vu les opérateurs internationaux passer sur leur stand ou lors de la convention d’affaire tenue en amont du salon (lire encadré). De nombreux vignerons ont reçu des cavistes franciliens lundi et évoquent une présence notable d’importateurs européens (belges, hollandais, allemands). Observations confirmées par la directrice de la communication de Wine Paris, Anaïs Egré qui citait mercredi dans le top 5 des pays étrangers, la Belgique, le Royaume Uni, l’Allemagne, la Hollande et les USA. La présence nord-américaine est suivie de près par les opérateurs ligériens.

Les Etats Unis apparaissent comme un grand marché en développement où les consommateurs sont désormais réguliers et curieux. Leurs papilles, saturées de bois et d’arômes lourds, sont en recherche de fraîcheur et de légèreté. Les chiffres présentés par Interloire lors d’une conférence de presse spéciale USA sont sans ambiguïté, en particulier pour les vins blancs de Loire. Sur le premier marché de consommation du monde, les exportations de blancs ligériens ont doublé en volume et quasiment triplé en valeur en dix ans.

Vendre les rouges de Loire à l’étranger, c’est moins facile reconnaît Thomas Gambier. Cet associé du domaine des Ouches (Côteaux-sur-Loire - bourgueil) déplore la stagnation du marché français et la nécessité d’aller à l’étranger. A l’issue du salon, il avouait sa perplexité : « on présente deux millésimes d’exception. Les 2018 comme les 2017 présentent des profils cabernet franc d’anthologie. Cette année le volume est là, Wine Paris est bien organisé et malgré tout, les clients intéressés sont rares. C’est troublant qu’avec tout cela on peine à valoriser nos vins à leur juste valeur et que dans nos domaines du Bourgueillois, on gagne tout juste notre vie. »

Garder la fraîcheur « export »

Ludivine Marteau a reçu sur son stand son importateur new-yorkais friand de ces sauvignons expressifs et frais de la vallée du Cher. Sur 27 ha plantés rive gauche du côté de Pouillé, le domaine possède 19 ha en sauvignon (touraine et touraine-chenonceaux). Les deux tiers de la production globale sont exportés en Europe (NL, GB, Allemagne, Italie, Irlande), en Amérique du Nord et aux Emirats arabes unis. A Wine Paris, elle est venue avec cinq cuvées, dont le fameux touraine-chenonceaux, des vins très présents à Vinovision (13 exposants) recherchés pour leur finesse et leur élégance à l’étranger.

Mais comment les préserver avec le réchauffement climatique ? « Avec la météo 2019, ça a été la course à la fraîcheur. On a organisé les vendanges par ilôts, vinifié par profil puis assemblé pour que nos clients retrouvent les vins équilibrés qu’ils recherchent en Loire. Le volume est là, après les épisodes de gel, la vigne a produit du raisin et nos rendements sont au plafond des volumes attribués, 62 hl de base et dix de VCI. » Le domaine Marteau expose aussi à Prowein, « mais si Wine Paris monte en puissance à terme il faudra choisir », reconnaît la viticultrice tourangelle.

Réussir sa montée en gamme

Un salon c’est aussi une occasion de se confronter à de nouveaux marchés et de tester la crédibilité de sa montée en gamme. Le domaine Robert (vouvray) est venu avec ses cuvées professionnelles ; un extra-brut sans dosage au dégorgement et l’Ammonite, un sec profilé CHR et exportation. Ce vignoble chancéen écoule sa production à 60 % en direct à la cave et un peu en CHR et vers l’étranger. L’Italie est une destination pour les crémants, notamment prisés par un caviste de Vérone.

Avec une clientèle particulière vieillissante, la priorité est à la montée en gamme. Une démarche entamée voilà quatre ans concernant les vins mais aussi la conduite de la vigne avec mise en place de l’enherbement. Quand le demi-sec trad est encore vendu 6 €, les nouvelles cuvées comme Empreinte (6 mois d’élevage) ou Ammonite sont affichées entre 10 et 13 €. Des vins qui ont séduit un New-yorkais rencontré à Vinovision 2018 puis venu en cours d’année à Chançay. Un contact encourageant qui concrétise une dynamique désormais bien enclenchée.

Trouver de nouveaux clients à tâtons

Jean-François Delalay annonce la couleur. Il a investi 4 500 € pour venir à Paris trouver de nouveaux cavistes et des contacts export pour compléter sa palette de débouchés, axée à 60 % au domaine et 30 % au négoce. Dix pour cent des volumes de ce vignoble de 12 ha sont vendus en CHR et chez les cavistes. « Exporter, je le fais un peu en Europe, notamment avec un opérateur belge avec lequel je travaille en confiance ». Mardi soir, le Chinonais affichait huit contacts au compteur dont deux Américains et un Canadien. La vente au Canada le rebute un peu : « c’est un monopole, il faut envoyer des échantillons puis être référencé. J’ai reçu aussi un caviste corse et un autre des Pyrénées atlantiques. C’est bien, mais il est difficile d’assurer des livraisons compétitives de petites livraisons en Corse. L’idéal serait de pouvoir se regrouper. »  

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