Agronomie
Les agriculteurs du bassin versant de la Brenne observent leurs sols
Un rallye « le sol : un capital à observer pour entretenir sa fertilité » était organisé le 8 mars dernier. Les agriculteurs présents ont pu visualiser nettement les différences entre les profils ou modes de culture. Un outil précieux pour mieux gérer ses futures implantations.
Un rallye « le sol : un capital à observer pour entretenir sa fertilité » était organisé le 8 mars dernier. Les agriculteurs présents ont pu visualiser nettement les différences entre les profils ou modes de culture. Un outil précieux pour mieux gérer ses futures implantations.


Un sol vivant et qui fonctionne bien est un élément incontournable d’un point de vue agronomique pour la réussite des cultures, mais c’est aussi essentiel pour limiter les risques d’érosion et de pollution des eaux. Le Nord-Est du département se caractérise notamment par la présence importante de bournais, des sols particulièrement sensibles et difficiles à gérer.
C’est pourquoi en partenariat avec le syndicat de la Brenne et avec le soutien financier de l’Agence de l’Eau, les chambres d’agriculture d’Indreet- Loire et du Loir-et-Cher, accompagnées du groupement d’agriculteurs biologiques de Touraine, s’attellent à développer la connaissance des sols, leur fonctionnement et mettre en oeuvre les leviers agronomiques appropriés. Le premier opus de ce « volet sol » du contrat territorial du bassin versant de la Brenne s’est tenu le 8 mars, à l’initiative du Groupement de Développement Agricole de Château-Renault Amboise Vouvray.
Des profils de sol 3D
Avec l’appui de Christian Barneoud, pédologue reconnu par l’AFES (Association Française pour l’Etude des Sols), plus d’une vingtaine d’agriculteurs a pu s’initier à l’observation des profils de sol 3D, selon la méthode Pépone. Ce procédé d’observation présente l’intérêt d’être très rapide et permet de voir le sol et le sous-sol, si ce dernier n’est pas trop profond.
Le président du GDA, Emilien Proust, a ouvert la journée en rappelant l’importance de mettre les cultures dans le meilleur environnement de sol possible, pour assurer leur bonne santé et leur permettre de lutter contre les adventices et les ravageurs. « En bref, nous recréons un écosystème parcellaire vertueux répondant à une conduite plus “ écolonomique ”, du plaisir d’observer plus de faune, de flore et... plus d’échanges entre agriculteurs en recherche de bien-être et d’innovation », a-t-il expliqué.
L’impact des fertilisants
Les participants ont été accueillis sur le site de l’exploitation de l’UEPAO* de l’Inra de Nouzilly, pour observer des profils dans un contexte de polyculture élevage. Le second site d’observation était situé chez Emilien Proust, où le diagnostic a porté sur un sol non labouré depuis 22 ans. L’après-midi a débuté sur la parcelle de démonstration, avec comme thèmes l’impact de la fertilisation en phosphore au semis et la présence de plantes compagnes, chez Aurélien Bruère et Mickaël Guinier. Le groupe s’est ensuite déplacé chez Guillaume Renault, un jeune éleveur qui a pu faire le diagnostic de ses sols et déterminer le mode d’implantation optimal de son futur maïs.
Ce rendez-vous a permis de voir des sols qui fonctionnent plutôt bien avec des structures correctes, c’est-à-dire sans zone tassée dans les horizons explorés par les racines. D’autre part, les participants ont pu observer l’impact des différents niveaux de présence de matière organique dans les sols, par les changements de couleur sur un même profil et entre les profils. Cette journée réussie se veut la première d’une action qui s’inscrit dans la durée.
Particulièrement intéressés par la problématique des sols, les exploitants de la Brenne se donnent d’ores et déjà rendez-vous le 26 mars matin prochain. C’est cette fois en Loir-et-Cher, à Longpré, qu’ils examineront au plus près les caractéristiques physiques et l’activité biologique des sols, chez un exploitant en agriculture de conservation.
La méthode Pépone
Du nom de l’agriculteur de l’Ouest de la France qui l’a mise au point, la méthode « Pépone » consiste à soulever à l’aide d’un télescopique une motte de terre puis à en faire l’observation.
Le diagnostic qui en ressort va porter sur l’existence ou non de limites horizontales, sur la taille et la forme des mottes, leur porosité interne (trous inférieurs au mm, ou d’un diamètre proche du cm) et leur aptitude à la friabilité. L’existence ou non de surface plane, leur qualité porale, le comportement mécanique des mottes doivent permettre d’évaluer l’offre structurale du sol pour la culture en place et à venir.
Si nécessaire, le diagnostic doit permettre de statuer sur une intervention mécanique et/ou biologique et d’en évaluer les conséquences sur le court et moyen terme.