Écimeuse : un levier supplémentaire contre les adventices
Face à une pression croissante du ray-grass et du vulpin, l’écimeuse suscite un intérêt grandissant comme levier complémentaire dans les stratégies de désherbage.
Face à une pression croissante du ray-grass et du vulpin, l’écimeuse suscite un intérêt grandissant comme levier complémentaire dans les stratégies de désherbage.
La Fédération régionale des Cuma Val de Loire, la chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire et le groupe DEPHY bio 37 ont organisé une démonstration d’écimeuse afin de présenter cette technique de désherbage mécanique aux agriculteurs du territoire.
« L’idée de cette rencontre est de montrer du matériel novateur, et d’autres leviers pour diminuer la pression des adventices, notamment le ray-grass et le vulpin », explique Thomas Alexandre, chargé de projet agro-environnement à la chambre d'agriculture 37. L’écimeuse présentée appartient aux Cuma de Battage de Villedômer et Nord Touraine (en inter Cuma). Acquise l’an dernier, elle est la première machine de ce type en Indre-et-Loire (en Cuma). En Centre-Val de Loire, le FR Cuma recense 18 écimeuses, dont seulement cinq modèles récolteurs.
« La machine compte 42 adhérents pour environ 400 hectares engagés », indique Benoît Marpault, céréalier à Villedômer et président de la Cuma Battage Villedômer. L’an dernier, l’écimeuse a couvert 390 hectares en trois semaines. « La campagne a été compliquée en raison du vent », se souvient Benoît Marpault. Deux chauffeurs se relaient pour assurer les chantiers. Le tracteur utilisé appartient également à la Cuma.
Dotée d’une largeur de coupe de 12 mètres, la machine avance entre 3,5 et 7,5 km/h selon le niveau d’enherbement des parcelles. Le débit de chantier varie de 2 à 5 hectares par heure.
Pour les adhérents, le coût total du passage s’élève à 49 euros par hectare. L’investissement fut de 107 000 euros, les deux Cuma ont bénéficié d’une aide publique couvrant 50 % du montant, le territoire étant situé sur le bassin-versant de la Brenne, classé prioritaire par l’Agence de l’eau.
L’écimeuse peut intervenir sur plusieurs cultures tel que le blé, l’orge, le lin, le pois ou encore la luzerne. Afin de faciliter son efficacité, les agriculteurs privilégient des variétés couvrantes et homogènes en hauteur lorsqu’ils réalisent des mélanges. Deux passages sont généralement recommandés. Après une première intervention, de nouvelles repousses de ray-grass peuvent en effet apparaître.
Pour Jean-Luc Galmiche, conseiller agronomie à la chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire et animateur du GDA Nord Touraine, l’écimage doit rester un outil complémentaire. « Il s’agit d’un levier supplémentaire dans la stratégie de désherbage, mais il ne faut surtout pas relâcher les autres leviers, qu’ils soient agronomiques ou chimiques », résume-t-il.