Aller au contenu principal

« Il ne faut pas se mettre de barrières par rapport à ce que pensent les autres »

A l’occasion de la journée des droits de la femme, portrait de Marion Baudon, une salariée de Cuma bien dans ses bottes.

Marion Baudon, 24 ans, est l’une des trois salariés de la Cuma du Futur de Villeperdue. Rares sont les femmes occupant cette fonction mais, pour elle, ça n’a rien d’extraordinaire. Non issue du milieu agricole, elle a toujours été attirée par les animaux. Celle qui a abandonné son idée de devenir vétérinaire rural, à cause de la difficulté des études, a tout de même obtenu un BTS productions animales, une licence en agronomie, un CS bovin lait et un CS en plantes aromatiques et médicinales ! De retour en mai 2023 d’un voyage de six mois en NouvelleZélande après ses études, elle cible la polyculture-élevage pour trouver un emploi. « J’ai vu une annonce de la Cuma du Futur, qui cherchait un salarié pour des travaux en élevage et de la conduite. Au départ, j’ai été embauchée en CDD pour quatre mois. » La salariée assure les travaux de printemps dans les champs, puis les chantiers de pressage tout l’été, et un peu d’ensilage. « A l’origine, ce n’était que pour l’été, mais la Cuma m’a proposé un CDI, et je l’ai accepté », raconte Marion Baudon. Elle réalise également des missions en élevage, selon les besoins des adhérents. « En ce moment, je travaille en élevage caprin. Je pousse les lots de chèvres à la traite, je m’occupe des soins des chevreaux, de la surveillance des mise-bas », détaille-t-elle. 

Marion Baudon a fait connaissance peu à peu avec les adhérents. « Je suis la seule femme salariée de la Cuma mais je n’ai pas eu de réflexion par rapport à ça. Et j’avoue que je ne me suis pas posé la question du fait que ça puisse surprendre ou non !, sourit-elle. Sachant que le fait d’être jeune peut aussi être perçu comme un handicap par certains employeurs. » « Marion a son caractère et elle sait ce qu’elle veut. Elle ne se laisse pas marcher sur les pieds ! », complète Eric Girault, président de la Cuma. C’est peut-être le secret pour ne pas laisser de place au doute sur ses compétences. La jeune femme apprécie l’aspect diversifié de ses missions, une caractéristique qu’elle recherchait. « En revanche, je ne touche pas à la mécanique. Parce que je n’ai pas appris et que ce n’est pas mon truc, avoue-t-elle. Ça ne m’empêche pas de donner un coup de main à mes collègues. » Aux jeunes filles qui hésiteraient à se lancer dans l’agriculture et notamment les grandes cultures, Marion Baudon délivre un message clair : « il ne faut pas se mettre de barrières par rapport à ce que pensent les autres, ne pas anticiper le fait qu’on va avoir du mal à trouver sa place par exemple. Les gens pensent ce qu’ils veulent ! Pour ma part, j’ai trouvé facilement ma place auprès des salariés et adhérents de la Cuma. » Et d’illustrer l’évolution des mentalités : « il y a 50 ans, un père n’aurait jamais eu l’idée de transmettre son exploitation à sa fille. Aujourd’hui la question ne se pose plus. » Marion Baudon garde en tête l’idée de s’installer un jour en vaches laitières avec un atelier de transformation, mais « pour l’instant je ne me ferme aucune porte, et je saisis les opportunités qui se présentent ». Un bel exemple de confiance en soi et en l’avenir.

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 85€
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terre de Touraine
Consultez le journal Terre de Touraine au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter du journal Terre de Touraine
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terre de Touraine.

Vous aimerez aussi

Comment prévenir et guérir les diarrhées du veau ?

Les diarrhées sont courantes chez les veaux et ont des origines diverses. Quelques conseils pour les prévenir et les guérir.

Lancement d’un groupe d’évaluation pour la loi Egalim en restauration collective

Un groupe de travail a été lancé pour évaluer l’application de la loi Egalim en restauration collective dans

Soigner la phase lactée, déterminante pour la carrière laitière des animaux

 Le plan lacté ne doit pas être piloté au hasard pour assurer une bonne productivité des animaux plus tard.

Gérer l’immunité des veaux pour une bonne productivité

 Les deux premiers mois de vie du veau sont déterminants pour sa future carrière laitière.

Chenonceaux aspire à voler de ses propres ailes

En assemblée générale le 21 mars, les adhérents de l’ODG touraine-chenonceaux ont acté le fait de travailler cette année pour évoluer d’un statut d

Alice Courçon : un esprit sain dans un corps sain !

Avant de reprendre une exploitation caprine, Alice Courçon a choisi de travailler dans différentes fermes, puis de réaliser un stage de parrainage

Publicité