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Initiative solidaire
La danse sans différences

Il existe des spectacles qui ne laissent pas indifférent, qui submergent le public d’émotions sans crier gare. Une alchimie qui se crée notamment lors des représentations mêlant danseurs valides et handicapés.

Les personnes en situation de handicap peuvent danser, oui. C’est ce que prouvent avec enthousiasme Sylvie Bortolotti et son équipe de salariés et bénévoles de l’association Génération Danse. « J’étais professeure de danse, et j’ai eu l’idée d’organiser un spectacle pour l’association Bouchons d’amour, au profit de personnes en fauteuils roulants. Ça m’a amenée à rencontrer une jeune fille en fauteuil qui aimait danser. J’ai décidé de l’intégrer à mon cours, c’était une super expérience. Ça a été l’élément déclencheur. »

S’adapter tout simplement

A cette occasion, pour ne pas créer de différence, Sylvie Bortolotti, avec d’autres adhérents valides, se met elle aussi en fauteuil pour le spectacle d’alors. Plus tard, « j’ai rencontré la maman d’une élève en fauteuil, Anaïs, qui voulait danser, j’ai refait la même expérience, et à l’issue du spectacle final à l’espace Malraux, tout le public s’est levé… », se souvient la professeure. La vie amène ensuite Sylvie à fonder son association « Génération Danse » à Monts en 2007, avec une réelle volonté de créer un cours dédié aux personnes en situation de handicap. « D’habitude, ils sont obligés de s’adapter à nos cours, là je voulais m’adapter à eux. » Les inscriptions lancées, des personnes aux handicaps très différents répondent à l’appel, un défi pour les professeurs. Mais peu à peu, l’atelier se remplit, adopte une fréquence plus importante… et des danseurs valides font part de leur souhait de danser dans le cadre du cours handidanse. Les cours se déroulent à Notre- Dame-d’Oé et à Tours. « Pour Monts, c’était trop compliqué car la seule solution est le taxi, il n’y a pas de Fil blanc* ». Des problèmes logistiques auxquels sont confrontés au quotidien les personnes à mobilité réduite.

Un épanouissement pour chacun

Certains viennent surtout pour s’occuper et sortir, tandis que d’autres sont là pour l’amour de la danse et l’envie de progresser. Chacun a sa façon de vivre les choses, « Didou par exemple, qui fait partie de la troupe, ne voulait surtout pas qu’on adapte les choses pour elle, elle veut être considérée comme tout le monde. Selon les handicaps, certains sont vraiment enfermés dans un corps et la danse leur apporte beaucoup. Ça a changé la vie de Sylvie, qui est là depuis le début ; quand elle danse, elle oublie tout. Alors qu’au départ, il n’était même pas question qu’elle se voie dans le miroir… Et Anaïs par exemple, qui était assez peu mobile lorsqu’elle a débuté, danse maintenant au sol sans fauteuil. » Les apprentis artistes redécouvrent des mouvements qu’ils ne se permettaient plus. Mobilité, coordination, mémoire ou encore concentration sont sollicités. Au-delà de la discipline artistique, c’est l’intégration dans un groupe, une forme de vivre-ensemble. Et de belles histoires naissent. « Trois jeunes filles assistent Angéline, notre art-thérapeute, lors des cours handidanse enfants. Ce sont elles qui l’ont demandé, et elles font maintenant partie de la troupe semi-professionnelle », sourit Sylvie. Génération Danse a conclu différents partenariats, notamment avec l’Association des Paralysés de France. « Quatre années de suite, on est allé sensibiliser dans des établissements scolaires et des instituts spécialisés, et on réunissait tout le monde pour un flashmob devant la gare de Tours ».

Un moyen de sensibilisation

Une vingtaine de danseurs de l’association participe également à Mode H, un événement bisannuel de la Mutualité Française réunissant au Vinci danseurs valides et à mobilité réduite. Une étape qui a ouvert des portes à Génération danse, la rendant visible et remplissant les cours. Les prestations de sensibilisation continuent aussi, auprès d’entreprises, d’établissements scolaires ou spécialisés. Prochain objectif : professionnaliser encore la troupe, grâce au travail de création artistique qui est mené, en faisant tourner le spectacle qui a vu le jour et en rémunérant les artistes. Sachant qu’un autre entrera bientôt en phase de création… Et côté locaux, la ville de Monts se lance dans la construction d’un centre culturel, qui devrait offrir une salle de danse adaptée et des bureaux à Génération Danse. Une aventure qui grandit, qui grandit, et sur laquelle Sylvie porte un regard sincère, « c’est un enrichissement, il y a beaucoup d’émotions. On a l’impression d’être utile, on donne, on partage ». Tout est dit.

Pour plus d’informations sur Génération Danse : http:// agdanse.fr.

* Fil blanc : transport à la demande adapté pour les personnes  

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