Aller au contenu principal

La fibre de bois, un ancêtre... innovant !

Les Fibreries de Touraine, à Couesmes, produisent de la fibre de bois de peuplier, un produit utilisé notamment en maraîchage, en animalerie et pour emballer les bouteilles de vins et spiritueux.

A l’heure des alternatives à l’emballage plastique, le bois tire parfois son épingle du jeu. C’est le cas de la fibre de bois, cette matière que le grand public rencontre le plus souvent dans les paniers garnis ou dans les bourriches d’huîtres. Au nord du département, à Couesmes, Les Fibreries de Touraine perpétuent la production de cette matière. Suite à de tout récents travaux de modernisation, le process s’est largement automatisé. « Avant, le travail était très artisanal, et nous ne possédions qu’une ligne de production, témoigne Thierry Nourdin, qui a racheté l’entreprise en 2021 et emploie neuf salariés. On en a désormais trois, et on compte multiplier notre capacité de production par quatre. » Ce sont des billons de peupliers qui arrivent à l’usine, dotée de machines très spécialisées. Débités en tronçons de 50 cm, ils sont ensuite « défibrés ». « Pour schématiser, la défibreuse est équipée d’un grand disque équipé de couteaux, qui vient s’appuyer sur le bois et ainsi le transformer en fibres, au rythme de trois tonnes de bois par heure », explique le président. De larges tuyauteries aspirent cette fibre et la transportent jusqu’à un séparateur qui triepoussière et débris (ces derniers étant vendus en paillage).

BALLES, TAPIS ET EMBALLAGES EN FIBRE

La matière est ensuite dirigée vers l’une des trois lignes de production. La première est consacrée à la fabrication de balles de fibre. « Le produit se destine à l’animalerie (pour les litières), à l’ostréiculture, l’emballage des coffrets de Noël », illustre le dirigeant. La deuxième est employée pour concevoir des tapis de fibre : la fibre est prétissée, découpée et encollée sur une feuille de papier kraft. Ce type de tapis recouvre le fond des cageots de livraison des fruits et légumes. La dernière ligne de production est dédiée à la fabrication des produits de conditionnement et de calage des vins et spiritueux. Les Fibreries de Touraine ont d’ailleurs innové en brevetant l’oenofibre©, emballage adapté aux bouteilles de vin et spiritueux. Il s’agit d’une sorte de pochette en papier kraft, remplie de fibre de bois, destinée à être enroulée autour de la bouteille pour la protéger des chocs. « L’oenofibre© remplace le papier bulle ou les coques en polystyrène utilisés habituellement », explique Thierry Nourdin. La fibre de bois est en effet isothermique, légère et efficace pour protéger contre les chocs. La boxoenofibre© est une formule complète qui inclut en plus le carton d’emballage, renforcé par une structure cartonnée en nid d’abeille ; elle existe pour une, trois, ou six bouteilles.

DES FOURNISSEURS ET PARTENAIRES LOCAUX

L’entreprise travaille au maximum avec des fournisseurs locaux. Le peuplier provient des forêts de Touraine, 3 000 stères par an pourront désormais être transformées. « C’est un bois souple, sans odeur, qui ne contient pas de résine donc adapté au contact alimentaire, et il est très clair, ce qui constitue un atout au niveau psychologique pour le consommateur », commente le président. Le carton est acheté à la Cartonnerie Oudin à Truyes, l’emballage en structure nid d’abeille à l’entreprise Smurfit Kappa à Amboise, et la mise en forme de l’étui en carton Oudin est assurée par Gibert Clarey à Tours.

Les Fibreries de Touraine œuvrent depuis 1938. Mais aujourd’hui, son activité est devenue un marché de niche. « Nous sommes la seule fibrerie en France aujourd’hui, alors qu’il y en avait encore dixneuf au début des années 90. Ailleurs, il en existe une petite en Suisse et plusieurs également en Europe de l’Est », relate Thierry Nourdin. « J’aime dire que nous sommes une start-up de 1938 ! On produit une solution innovante avec une recette du siècle passé », se réjouit le dirigeant. L’emballage est un produit qui s’exporte sur des distances raisonnables, au vu du coût du transport. L’entreprise commerce donc au niveau national, mais également pour 12 % de sa production vers une dizaine de pays de l’Union européenne. Suite aux travaux, elle poursuit l’objectif de doubler son chiffre d’affaires et d’en équilibrer la répartition entre ses différentes productions. Un pari ambitieux mais en totale adéquation avec les évolutions sociétales. 

Les Fibreries de Touraine sont présentes aux principaux salons des vins, notamment Wine Paris, Vinitec-Sifel Bordeaux et Viteff Épernay.

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 85€
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terre de Touraine
Consultez le journal Terre de Touraine au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter du journal Terre de Touraine
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terre de Touraine.

Vous aimerez aussi

Plan loup : l’Indre-et-Loire passe en zone de veille

Qu’on se rassure ! Aucun loup n’a été observé dans le département récemment.

Cas de force majeure, mode d’emploi

 Pour éviter de perdre l’accès aux aides Pac, en plus des pertes de marges liées aux excès de pluie, les exploitants concernés doivent faire v

Frelons asiatiques : c’est maintenant qu’il faut piéger !

La reine est la cible à atteindre en cette saison.

DES CLÔTURES PERMANENTES POUR GAGNER DU TEMPS

Alexandre Carrion, éleveur charolais à Briantes dans l’Indre, est utilisateur de clôture fixe sur son exploitation.

LA FERTILISATION PK : UN POSTE À NE PAS SOUS-ESTIMER

Pour faire face aux sécheresses, au manque de fourrage l’été, il est nécessaire de viser un volume de qualité lors des fauches de printemps.

Des sangsues et des étangs

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, la sangsue était très prisée par la médecine.

Publicité