Aller au contenu principal

TEMOIGNAGE
« L’une des clés, c’est d’en parler ! »

Installé avec son père en Gaec sur le plateau de Ste-Maure, Lucien Prouteau a fait appel à Réagir 37 en 2019 pour passer un cap difficile sur le plan économique. 

Face à d’importants problèmes financiers, Lucien Prouteau, sa compagne Jennifer et son père Christian ont fait appel aux services de Réagir 37. Avec succès !
Face à d’importants problèmes financiers, Lucien Prouteau, sa compagne Jennifer et son père Christian ont fait appel aux services de Réagir 37. Avec succès !

Lucien Prouteau passe un BTS ACSE avant de reprendre en 2015 50 % des parts de la ferme familiale d’une centaine d’hectares située à Ste-Catherine-de-Fierbois. Alors âgé de 24 ans, il investit avec son père 800 000 euros dans un bâtiment d’une capacité de 700 chèvres laitières, plus la descendance. « Nous n'avions à l’époque que 240 chèvres et il était planifié dans le prévisionnel de remplir ce nouveau bâtiment en trois ans », retrace le jeune éleveur.

Une multitude de facteurs

Mais des incidents techniques causent le décès de beaucoup de chevrettes. « Nous avions une densité de chevreaux et chevrettes trop importante dans les cases, détaille l’éleveur, entraînant une forte mortalité. »

En parallèle, s’ajoutent des problèmes de reproduction. « De 2015 à 2020, 50 % des chevrettes ne prenaient pas », poursuit le père, Christian Prouteau.

De plus, un ou deux aléas climatiques subis durant cette même période ont contribué à une baisse de la qualité du maïs ensilage, principal ingrédient de la ration dans cet élevage axé sur une production laitière intensive. C'est ainsi que peu à peu quelques dettes auprès de certains fournisseurs se sont accumulées. « Et pour couronner le tout, on a perdu l’ICHN », complète Lucien Prouteau.

Pas de problème sans solution

Face à cette multitude d’avaries, le jeune éleveur et son père prennent une décision radicale. « Quand j’ai vu les factures qui s’entassaient, j’ai appelé Joël Lorillou de Réagir 37, explique Lucien Prouteau. Puis, j’ai organisé une table ronde à laquelle j’ai convié le banquier, le comptable et un représentant de la coopérative. J’ai toujours gardé l’esprit entrepreneurial dans ces moments compliqués : un problème, une solution. »

C’est ainsi que la mise en place de plusieurs échéanciers cohérents et abordables auprès des fournisseurs voit le jour pour étaler les dettes. En vue de pallier les mauvaises récoltes, le père et le fils investissent 180 000 euros pour irriguer 60 ha et ainsi assurer l’autonomie alimentaire du troupeau. « Malgré la situation tendue, les banques nous ont fait confiance car le reste du troupeau était bon techniquement », précisent les deux hommes. Enfin, pour enrayer la trop forte densité d’animaux, ils construisent une nurserie. « Cela peut faire peur d’investir encore alors que vous êtes dans le rouge. Mais dans notre cas, c’était la seule solution. Et elle a fonctionné », se réjouissent-ils.

En effet, en ce début d’année 2025, l’effectif escompté de chèvres est bien présent. « Il nous reste encore quelques échéanciers, mais nous avons bien remonté la barre », sourient père et fils.

S’entourer, une nécessité

L’accompagnement de Réagir 37 a été primordial pour Lucien et Christian Prouteau. Les conseils stratégiques de Joël Lorillou ont été déterminants dans la recherche de solutions. Mais le jeune éleveur convient que ces moments sont difficiles à passer. La pression mentale exercée par les fournisseurs impatients est lourde à porter. « J’ai passé beaucoup de temps au téléphone à leur expliquer mes difficultés », se souvient-il.

Pour lui, il est nécessaire de se faire accompagner par les bonnes personnes. « L’une des clés pour s’en sortir, c’est d’en parler ! », conclut celui qui réfléchit dorénavant à construire un laboratoire de transformation. 


Réagir 37, qu’est-ce que c’est ?

Réagir est une association qui regroupe les organisations professionnelles agricoles (MSA) du département. Elle coordonne l'appui des bénévoles et des conseillers de gestion expérimentés pour gérer les difficultés d’une entreprise agricole. Son rôle est d’accompagner les exploitations fragilisées et ses dirigeants dans la prise de décision.
Après avoir posé le bon diagnostic, les membres de l’association construisent avec l'exploitant, ses créanciers et ses partenaires des solutions pour la poursuite d'activité. Ils peuvent également négocier des plans de redressement en amiable ou via la voie judiciaire. 
Le cas échéant, un accompagnement dans les procédures judiciaires est mis en place. Ces actions ont lieu uniquement sur demande de l’exploitant, au sein même de l’exploitation et de manière strictement confidentielle. La durée du suivi est fonction des difficultés rencontrées. 
De quelques mois à un an pour des problématiques ponctuelles. Et de 18 à 24 mois (procédure au tribunal), voire plusieurs années en cas de difficultés d’ordre structurel. Les partenaires de cette association sont l’ensemble des OPA intervenantes, les services sociaux de la MSA et du Conseil départemental d'Indre-et-Loire, ainsi que les services de la justice.
Contact : 02 47 48 37 36.


 

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 85€
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terre de Touraine
Consultez le journal Terre de Touraine au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter du journal Terre de Touraine
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terre de Touraine.

Vous aimerez aussi

Le cortège scande « Ursula go home ». Tous les représentants syndicaux européens demandent son départ de la présidence de la Commission européenne. ©B.R
Ne jamais rien lâcher

Le 21 janvier restera dans les mémoires : les députés européens ont voté pour saisir la Cour de Justice de l'Union européenne sur l'accor

Willy Braud, président de la Cuma du Val de Veude, a salué l’engagement des sept salariés, lors des 30 ans du collectif. ©L.L
La Cuma du Val de Veude, 30 ans de collectif au service des exploitations

Investissements partagés, gouvernance collective, mécaniciens, chauffeurs… En 30 ans, la Cuma du Val de Veude est devenue pour les agriculteurs du

A Saint-Christophe-sur-le-Nais, Catherine Picault réintègre de la betterave fourragère dans la ration de ses vaches salers. ©L.L
La betterave fourragère fait son retour

Délaissée au profit du maïs ensilage, la betterave fourragère regagne du terrain.

N.D
Au secours des œuvres murales monumentales

Conserver et restaurer les œuvres murales anciennes, c’est un métier d’intérêt historique et patrimonial.

Le Cap filière aquacole 2025-2029 englobe les activités de salmoniculture, d’aquaponie, d’algoculture et autres systèmes de production émergents comme la crevette d’eau douce. ©B.R
Un nouveau Cap pour l'aquaculture régionale

Le maintien de l’activité piscicole et aquacole en région Centre-Val de Loire nécessite un engagement de tous.

©D.R
George Sand mise en lumière au Château Raoul

Du 19 décembre au 6 janvier, les Rendez-vous féeriques reviennent au Château Raoul.

Publicité