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60 millions d’euros d’aides aux éleveurs bovins viande : un pansement sur une jambe de bois

Le Gouvernement a annoncé le 6 mars le déblocage d’une aide pouvant aller jusqu’à 60 millions d’euros à destination des éleveurs de bovins allaitants. La Fédération nationale bovine y voit la reconnaissance de la crise historique que traverse la filière mais cela ne la résout en rien.

Le Premier ministre et le ministre de l’Agriculture se sont rendus en Creuse, le samedi 6 mars, à la rencontre des éleveurs de bovins de race à viande. Une visite pour témoigner de la solidarité du Gouvernement envers cette filière dont les difficultés économiques ont été amplifiées ces derniers mois, en raison de la faiblesse des prix payés aux éleveurs.

 

« On a 200 euros de moins sur les broutards, et la situation des jeunes broutards est à l’avenant. En vache allaitante, les prix ont également dégringolé ces dernières semaines », rapporte Jacky Girard. Et cette situation ne résulte pas d’un déséquilibre de l’offre et de la demande affirme le représentant Centre-Val de Loire à la FNB (Fédération nationale bovine), « tous les animaux partent, indique-t-il, tous les signaux sont au vert. » De fait, un coup d’oeil sur les indicateurs publiés la semaine dernière par la FNB confirme que l’export vers l’Italie enregistre une hausse de 13 %. Les abattages en France augmentent de 4 % alors que le stock d’animaux dans les élevages est en retrait. Dans un même temps, les charges grimpent en flèche, « aliments du bétail, carburant, paille…, énumère Jacky Girard, la trésorerie file à grande vitesse en ce moment ».

 

Les éleveurs de bovins viande français « sont en train de crever », ont fait savoir ses collègues de la Creuse aux représentants du Gouvernement, venus leur annoncer le déblocage de fonds pouvant aller jusqu’à 60 millions d’euros. Cette enveloppe sera destinée à ceux qui ont dégagé un revenu inférieur à 11 000 euros en 2020 et qui ont subi des pertes importantes. Les aides seront versées aux éleveurs avant l’été.

 

AVANT TOUT DES PRIX

La FNB salue un premier signe de reconnaissance, par le Gouvernement, de la crise historique que traversent les éleveurs… tout en rappelant que ce plan d’urgence, dont les modalités d’attribution ne sont pas encore connues, ne constitue pas une réponse adaptée à la gravité de leur situation. La FNSEA CVL reste prudente et espère que les éleveurs de la région pourront émarger à ce dispositif.

 

En 2020, le revenu courant des exploitants de la filière bovine allaitante a chuté de 20 % par rapport à 2019. Et les revenus du système naisseur sont au plus bas depuis dix ans. Or il était déjà l’un des secteurs les moins rémunérateurs de toute l’agriculture.

 

Dans un communiqué, l’association spécialisée de la FNSEA souligne que « l’Etat fait également le constat de son incapacité à faire évoluer durablement les pratiques des acteurs de la filière viande bovine, pour assurer une meilleure répartition de la valeur. Et ce, alors même que les ventes de viandes bovines françaises ont progressé en 2020 ! ».

 

Au-delà de ce « geste » qu’ils mesurent, c’est donc confortés dans cette certitude que les éleveurs vont poursuivre leur mobilisation. « Le Gouvernement doit, rapidement, intervenir pour leur garantir un prix couvrant leur coût de production. Cette décision, qui ne coûtera pas un seul euro d’argent public, est la seule réponse concrète et efficace qui leur permettra de maintenir en vie leurs exploitations », plaide la FNB.

 

« Il n’y a que par le prix qu’on va s’en sortir », résume Jacky Girard, qui se désole que « dans la filière, personne ne veut travailler ensemble. » Faut-il qu’elle explose, s’interroge-t-il, pour aboutir à une juste répartition des marges ? « Je pensais il y a quelque temps qu’on était au fond du trou, mais je vois que non. J’ai rencontré des collègues des Pays de la Loire la semaine dernière, démoralisés comme jamais. Pour la première fois, les éleveurs parlent de plan de sortie, comme on a connu les plans d’arrachage en arbo il y a trente ans », lâche-t-il. Sans remise en cause totale du système, il craint fort que le cheptel allaitant continue de fondre comme neige au soleil.

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