Apprentissage
Dans la forge des futurs maréchaux-ferrants
Depuis deux ans, le lycée agricole Tours-Fondettes a rouvert un CAPA maréchal-ferrant. Entre exigence physique et savoir-faire technique, rencontre avec Gaspard Baraton et Alexine Plat qui suivent actuellement la formation.
Depuis deux ans, le lycée agricole Tours-Fondettes a rouvert un CAPA maréchal-ferrant. Entre exigence physique et savoir-faire technique, rencontre avec Gaspard Baraton et Alexine Plat qui suivent actuellement la formation.
Relancée il y a deux ans au lycée agricole de ToursFondettes, la formation CAPA maréchal-ferrant vise à répondre à un besoin croissant de la filière sur le territoire. Gaspard Baraton et Alexine Plat ont d’abord suivi une formation de palefrenier-soigneur, avant de se réorienter. « Je voulais travailler avec les chevaux, mais je me suis rendu compte que ce métier ne me correspondait pas », relate le jeune homme. Même constat pour Alexine Plat qui a toujours souhaité travailler avec les animaux. Cette première expérience constitue néanmoins un atout. « Elle nous a permis d’acquérir des connaissances et une bonne approche sur le cheval », soulignent-ils. Un prérequis considéré comme essentiel pour s’orienter vers la maréchalerie. La formation attire aujourd’hui des profils diversifiés et se féminise progressivement.
Les enseignements alternent cours théoriques communs avec les palefreniers-soigneurs et modules spécifiques consacrés au sabot. La pratique occupe une place centrale, avec près de douze heures hebdomadaires à la forge. Les effectifs réduits favorisent un accompagnement individualisé. « Lorsque nous n’avons pas cours, nous pouvons continuer à pratiquer avec notre professeur », précise Gaspard Baraton. Le métier de maréchal-ferrant nécessite une bonne condition physique. « Il faut que le corps s’adapte. Nous pouvons être amenés à rester 10 minutes avec le pied du cheval », déclare Alexine Plat. « C'est un métier gratifiant car nos interventions contribuent directement à la santé de l’animal », rappelle Gaspard Baraton. Un métier également varié, impliquant des déplacements fréquents et un contact régulier avec les acteurs du monde équestre.
Trouver un maître apprentissage
Les deux étudiants rapportent qu’il n’a pas été aisé de trouver un patron pour suivre la formation « Il faut bien anticiper les démarches pour trouver un maître d’apprentissage », conseillentils. De nombreux maréchauxferrants exercent en effet seuls et disposent de peu de temps pour former. Le métier séduit par sa dimension concrète et utile. En Indre-et-Loire, une dizaine de maréchaux-ferrants interviennent auprès de centres équestres et de particuliers. L’insertion professionnelle dépend en partie du dynamisme local de la filière. Les professionnels recommandent souvent une première expérience salariée afin de consolider les compétences techniques. À l’issue de sa formation, Gaspard Baraton envisage de poursuivre en brevet technique des métiers (BTM), pour se spécialiser notamment en orthopédie. Alexine Plat projette de s’installer à terme, en France ou à l’étranger, après une expérience en salariat. Pour Charles-Hubert Lalle, maréchal-ferrant à Tours depuis 2000 et formateur au lycée, la réouverture de cette formation répond à un besoin réel. « Les autres centres de formation sont éloignés. L’idée était de proposer une offre de proximité », explique-t-il. Le choix d’un effectif réduit avec actuellement six apprenants permet de garantir un apprentissage de qualité. La première année est largement consacrée à la forge, la seconde à l’intervention sur le cheval. Pour les étudiants qui le souhaitent, Charles-Hubert Lallé les accompagne dans le concours de meilleurs apprentis. Le formateur recommande une bonne connaissance du cheval et condition physique, ainsi qu’un tempérament calme. Avant de s’installer, « je recommande à mes étudiants de multiplier les expériences, y compris à l’étranger, pour découvrir d’autres pratiques », déclare-t-il. Pour s’installer, CharlesHubert Lalle estime un budget initial entre 40 000 et 50 000 euros, incluant le véhicule équipé, le matériel et la trésorerie. « C’est un métier très diversifié, où l’on continue d’apprendre tout au long de sa carrière. C’est ce qui en fait toute la richesse », conclut-il.