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Patrimoine
Dans l’engrenage du moulin des mécaniciens

À Beaulieu-lès-Loches, une poignée de bénévoles passionnés fait revivre un moulin unique en son genre. Derrière ses murs, un atelier figé depuis plus de cinquante ans témoigne du génie mécanique des artisans d'autrefois.

Propriété de la commune de Beaulieu-lès-Loches depuis 2008, le moulin des Mécaniciens connaît une seconde vie grâce à l'engagement de l'Association du Moulin des Mécaniciens et du Patrimoine de Beaulieu-lès-Loches (A2MB).

Créée en 2016 à l'initiative de Thierry Hérault, l'association s'est donnée pour mission de restaurer ce site alors envahi par la végétation. Une douzaine de bénévoles œuvrent aujourd'hui à la préservation de ce patrimoine et à la transmission de son histoire. « Il aura fallu près de dix ans pour remettre en état l'ensemble des machines », explique Sophie Métadier, membre de l'association. Un travail de longue haleine qui a permis de redonner vie à une quinzaine de machines et d'outils. « Tout ce qui se trouve ici est un véritable trésor », souligne Christian Caillet, également membre de l’association.

De la tannerie à la mécanique

Situé sur le canal de Beaulieu-lès-Loches, le moulin a été construit au XVIe siècle par les moines de l'abbaye locale. À l'origine, il s'agissait d'un moulin à tan, l'un des cinq moulins que comptait alors le village. À l’époque, des tanneurs broyaient l'écorce de chêne afin de produire le tan, une poudre indispensable au tannage des peaux.

En 1905, le moulin change de vocation. André Cazenabe rachète le moulin et le transforme en atelier mécanique avec son associé Jean Commun. Les deux hommes y fabriquent et réparent des pièces destinées aux moulins de Touraine. L'extérieur est caractérisé par une vaste plateforme qui rappelle cette activité. Les mécanismes des moulins y étaient assemblés avant d'être démontés et livrés chez les clients.

Trois générations des familles Cazenabe et Commun se succéderont dans l'atelier jusqu'au départ à la retraite du dernier mécanicien en 1972.

Un atelier figé dans le temps

Pousser la porte du moulin, c'est effectuer un véritable voyage dans le passé. L'intérieur est resté quasiment intact depuis 1972, comme si les mécaniciens avaient quitté les lieux la veille au soir. « Nous avons volontairement conservé l'atelier dans son état d'origine. Le vélo, la casquette accrochée au mur ou encore la cuisinière sont toujours à leur place », raconte Christian Caillet.

Aujourd'hui, toutes les machines sont de nouveau opérationnelles, même si le débit du canal ne permet plus de les faire fonctionner simultanément.

La découverte des anciens carnets de commandes a également permis de mesurer l'importance de l'activité. « Nous savons désormais que l'atelier comptait une centaine de clients dans un rayon de 30 à 40 kilomètres », indique Sophie Métardier. Pendant près d'un siècle, ces machines ont été entraînées par la seule force hydraulique de l'Indre.

La plupart des composants sont en bois, un matériau choisi pour limiter l'usure, réduire le bruit et diminuer les risques d'incendie. Chaque machine possède ses propres outils, souvent fabriqués sur place. « Ici, vous ne trouverez pas d'obsolescence programmée. Tout a été conçu pour durer plusieurs générations  », souligne Christian Caillet. Une poulie peut permettre le fonctionnement de plusieurs machines. Le bénévole admire l'ingéniosité des anciens mécaniciens. « Ce qui est remarquable, ce sont les calculs extrêmement précis qui ont réalisé pour distribuer à chaque machine la puissance hydraulique nécessaire à son fonctionnement  ».

L'association organise régulièrement des visites pour faire découvrir au public l'histoire singulière du moulin des Mécaniciens, plus de renseignements sur le site internet www.a2mbeaulieu.fr ou par mail : contact@a2mbeaulieu.fr

Le moulin des mécaniciens est une découverte incontournable pour les amateurs de patrimoine, de mécanique et de savoir-faire anciens.

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