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Dégâts aux cultures : quand corbeaux et corneilles sont à la manoeuvre

Corbeaux freux, corneilles noires, choucas des tours, grands corbeaux, autant d’espèces de corvidés pouvant causer d’importants dégâts aux cultures. Les moyens de lutte s’avèrent malheureusement aléatoires.

Les corvidés, aux cris stridents et reconnaissables entre mille, n’ont pas bonne presse auprès des agriculteurs de la région.
 

 

Le choucas des tours est tout petit, vit en colonie et comme son nom l’indique en haut des bâtiments. C’est une espèce protégée et assez abondante, surtout en périphérie de villes ou de villages où elle participe aux dégâts de cultures comme le corbeau freux. En revanche, les corneilles noires et les corbeaux freux causent de nombreux dommages aux cultures et petits élevages. Les premières sont territoriales, vivent en couples et sont omnivores ; semis comme petits animaux, tout leur fait ventre. Les seconds sont reconnaissables par leur bec dégarni et leur capacité à vivre en colonie. En dehors de lombrics et petits insectes, les corbeaux freux affectionnent particulièrement les semis de tournesols, pois, maïs ; ils font aussi parfois main basse sur les céréales d’hiver.

 

Un panel d’outils pour lutter contre les corvidés

Le fait que la corneille noire et le corbeau freux soient des espèces Esod (espèces susceptibles d’occasionner des dégâts) du second groupe permet aux chasseurs et agriculteurs d’essayer d’en réguler la population. En période de chasse générale, celle des corvidés est autorisée ; en dehors, il est nécessaire de déposer une demande de chasse particulière auprès de la DDT, sachant que l’agriculteur a le droit de transférer son droit de chasse.

 

Autre méthode valable toute l’année : le piégeage, mais attention ces oiseaux sont malins. Pour les corneilles noires, un petit piège avec un appelant vivant est efficace pour attraper les couples, d’autant plus quand le piège est posé à proximité du nid. Pour les corbeaux freux, le recours à une corbeautière avec 3 appelants vivants peut faire l’affaire. Il s’agit d’une cage de 3 m sur 4 m et de 2 m de hauteur, avec un système d’entrée avec échelle, dans laquelle les corbeaux entrent pour rejoindre leurs congénères. La sortie est impossible car la trappe d’entrée s’avère trop petite pour une prise d’envol. Il est possible de la réaliser soi-même avec du grillage monté sur des piquets en acacia ou un cadre en acier.

 

Pliable ou montée sur un châssis, cette cage doit être mobile, car trouver son emplacement adéquat peut s’avérer compliqué. Bien positionnée, elle peut prendre jusqu’à 300 corbeaux par an, mais à 50 m près, ça peut être un fiasco total !

 

Pour piéger les corvidés, il faut être détenteur d’un agrément pour les corvidés, avoir réalisé une déclaration en mairie, visiter les pièges tous les matins et tenir à jour un bilan annuel de captures qui servira à étayer le dossier de renouvellement du classement Esod.

 

L’effarouchement est le dernier outil à la disposition des agriculteurs dans la lutte contre les corvidés, le seul sans mise à mort de l’animal. Mais il déplace le problème d’une semaine maximum plus qu’il ne le résout car les oiseaux finissent par s’habituer au bruit du canon, même réglé de façon aléatoire.

 

Quelle que soit la méthode choisie : chasse, piège, positionnement d’un système d’effarouchement, qu’il soit sonore, visuel, pyro-optique, pour qu’elle ait un effet positif, la levée des cultures doit être rapide. A défaut, les oiseaux de mauvais augure reviennent rapidement gratter les parcelles…

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