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PORTRAIT D'ELEVEUSE
Élever deux races distinctes simultanément

Changer de race pour augmenter la production laitière, adapter les rations, améliorer la sélection génétique… voici les nouveaux défis que se lance Jeanne Cornuet, éleveuse d'ovins dans le Sud Lochois.

Jeanne Cornuet a rejoint le Gaec familial en 2018 à Perrusson, une entreprise fondée en 1983 par son père Dominique Cornuet et son oncle Jacques Froidevaux. Ces deux éleveurs d'ovins ont rapidement diversifié leur activité, débutant en 1985 la traite et la transformation de lait en fromage, avec un cheptel de rouge de l'ouest.

Aujourd'hui, Jeanne Cornuet est à la tête d'un troupeau de 300 brebis. Elle transforme chaque année 25 000 litres de lait en fromages lactiques natures et aromatisés, baptisés « brossauthym ».

Le troupeau est majoritairement composé de rouges de l’ouest. Mais depuis deux ans, la jeune femme a acheté 60 brebis lacaune dans l’objectif d’augmenter la production laitière. La conduite d’élevage entre les deux races varie, notamment en raison de leurs différences de rusticité et de valorisation des rations alimentaires. « La lacaune et la rouge de l’ouest valorisent différemment la ration », expose l’éleveuse, impliquant des ajustements alimentaires. Ainsi, depuis juillet 2024, elle fait appel à Améline Fox, conseillère en ovin lait à Touraine Conseil Elevage.

La composition de la ration est la même pour les deux races. Elle est composée de foin de pré à volonté, de tourteaux de soja et d’un mélange contenant 60 % de baron nourrice et 40 % d’orge. De manière générale, la rouge de l’ouest a tendance à mieux valoriser la ration. Améline Fox accompagne l'éleveuse en proposant des rations adaptées et bien distinctes en fonction des races et des stades de lactation des animaux. Également, l’éleveuse fait part de ses impressions sur l’état corporel des animaux. « Les visites d'Améline me permettent de suivre l’état corporel des animaux et d’ajuster les rations », explique-t-elle.

"La conseillère m'apporte un regard extérieur", Jeanne Cornuet

 

À l’automne 2024, les lacaunes sont rentrées en bâtiment plus tôt que les rouges de l'ouest, car elles sont plus sensibles à l’humidité. De plus, certains ovins ont souffert du « mal blanc », une maladie de pied qui a provoqué un amaigrissement chez certains d'entre eux. À l’inverse, le troupeau de rouges de l'ouest a bien valorisé la ration, « les brebis sont un peu grasses », s’accordent l’éleveuse et la conseillère. Par conséquent, lors de sa visite, Améline Fox a ajusté son plan initial en diminuant de 200 g le mélange pour les rouges de l’ouest.

Cette année, Jeanne Cornuet envisage d’augmenter progressivement la proportion de lacaunes dans son troupeau, et de réduire celle des rouges de l’ouest. « Je voudrais que deux tiers du troupeau soient composés de lacaunes et le tiers restant de rouges de l’ouest », confie-t-elle. Cela lui permettrait de réduire le nombre de brebis à 250, tout en maintenant une production laitière stable.

En parallèle, elle souhaite accroître la production de lait par brebis. « J’espère atteindre entre 1,5 à 2 litres de lait par jour et par lacaune », rapporte-t-elle, contre environ moins d’un litre par brebis actuellement. À cette fin, elle a récemment acheté 40 brebis lacaunes performantes génétiquement dans le Tarn. Elle désire aussi que 90 % de la ration distribuée soit d'origine fermière, pour en améliorer la qualité et réduire les coûts de production. Avec l’arrivée en début d’année 2025 de deux salariés, « il faudra aller chercher de la productivité car j’aurais des charges salariales supplémentaires », lance-t-elle.

Jeanne Cornuet témoigne de l'importance d'un suivi précis pour optimiser la gestion de son élevage, « il n’y a pas de gestion sans mesure, souligne l’éleveuse. Or, il manquait des données sur mon élevage », considère-t-elle. Le suivi de la conseillère lui a permis de mieux connaître ses coûts de production, ses marges et de repérer des leviers d’action pour améliorer sa rentabilité. De surcroît, « la conseillère m’apporte un regard extérieur et compense mon manque d’expérience dans la conduite de troupeau », apprécie-t-elle.  

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