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Forte mobilisation contre la future Pac

Depuis le 2 avril, plusieurs milliers d’agriculteurs se sont rassemblés en divers endroits en France pour manifester contre le projet de la future Pac 2023. Après le Loiret, c’est à Bourges que les agriculteurs du Centre-Val de Loire ont demandé qu’il soit tenu compte des spécificités des zones intermédiaires.

La future Pac est source de vives inquiétudes. Un message relayé un peu partout en France depuis quelques jours par les réseaux FNSEA et JA.

 

Le 2 avril, à l’appel de leurs syndicats locaux, FDSEA et JA, des milliers d’agriculteurs se sont fait entendre à Paris, Le Havre, Évreux, Melun ou encore Caen, Alençon, Laon, Reims et Troyes. Le même jour, FDSEA et JA 45 ont profité de la venue de Julien Denormandie à la laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel pour solliciter une entrevue (lire article ci-contre).

 

Le 6 avril, les agriculteurs du Centre-Val de Loire ont pris le relai en se rendant à Bourges, histoire de rappeler au locataire de la rue de Varenne les engagements qu’il avait pris en août dernier dans ce même département, en particulier sur les zones intermédiaires. 124 tracteurs et près de 400 agriculteurs ont convergé vers le centre-ville.

 

En dehors des spécificités des zones intermédiaires, la grogne syndicale régionale porte aussi sur les intentions de la Commission européenne et du gouvernement, à travers le Plan stratégique national (PSN), « d’imposer de nouvelles contraintes (…) et des normes supplémentaires qui nous feraient perdre le tiers des aides Pac que nous avons aujourd’hui », s’inquiète le réseau JA. Or ces aides constituent pour beaucoup une part significative de leurs revenus. Beaucoup craignent de devoir répondre à de nombreuses conditions agroécologiques avant de toucher le moindre centime.

 

« PLUS UNE OBLIGATION QU’UNE TRANSITION »

« Tous les agriculteurs ne peuvent être en bio ou en haute valeur environnementale. En fait avec le ministre de l’Agriculture nous sommes plus dans “une obligation” qu’une “transition écologique”, dénonce Paul, un manifestant. Le gouvernement oppose des systèmes alors que chaque système cultural a le droit d’exister. La priorité nationale doit être notre agriculture, nous nourrissons nos concitoyens. »

 

« Les réformes successives de la Pac font perdre du revenu aux agriculteurs des zones intermédiaires, abonde Pascal, également présent à Bourges. Cette fois-ci, ce seront 80 euros de l’hectare en moins et ce n’est pas supportable. Nos efforts pour préserver l’environnement, apparemment, ne suffisent pas. Les associations environnementales souhaitent que les agriculteurs fassent toujours plus, elles sont écoutées, mais pour nous ce n’est plus possible. »

 

« Les agriculteurs veulent bien améliorer leurs pratiques mais ils souhaitent aussi être récompensés financièrement. Nous ne pourrons pas toujours tout maîtriser et donner », lance un collègue. D’autres participants craignent pour le devenir du secteur allaitant : « Cette réforme voit la suppression de l’ABA. Les élevages sont plutôt de grande taille dans nos zones, donc les éleveurs vont perdre beaucoup si les aides bovines sont plafonnées à 100 UGB », souligne Thomas.

 

Autant d’inquiétudes qu’une délégation est allée relayer au préfet du Cher. Comme partout en France, les manifestants ont prévenu, cette manifestation est un coup de semonce. Si rien de bouge dans le bon sens, ils envisagent d’aller à Paris pour se faire entendre.

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