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Décryptage dossier ZNT
Le journal de France 2 joue la désinformation

Malgré les explications données au journaliste notamment par la Maison des agriculteurs, un reportage diffusé le 10 juillet prend le parti d’instruire à charge le sujet de la nouvelle carte ZNT.

Le 10 juillet, France 2 a consacré un sujet de son journal de 20 h aux zones non traitées (ZNT). Le journaliste, Ambroise Bouleis, y affirme que la mise en oeuvre de la nouvelle carte de protection des cours d’eau en Indre-et-Loire a conduit à la disparition de cours et fossés sur la carte et à une régression du linéaire protégé.

 

Le monde agricole sait que c’est totalement inexact. Le journaliste aussi puisqu’il était passé (sans prévenir) à la Maison des agriculteurs pour y prendre un certain nombre de renseignements, qu’il n’a pas utilisés pour son reportage.

 

Exemples à l’appui avec des illustrations concrètes sur la carte ZNT de la Préfecture, il lui a pourtant été expliqué qu’avant 2006, il n’y avait pas de mesure obligatoire au bord des cours d’eau. L’arrêté de 2006 sur les ZNT indiquait qu’à défaut de carte issue d’un arrêté préfectoral, c’était la carte IGN qui servait de référence (trait bleu continu - discontinu).

 

La carte BCAE, base réelle sur le terrain

 

Mais en Indre-et-Loire, comme dans de nombreux autres départements, c’est la carte dite BCAE qui faisait foi. Cette dernière (utilisée pour la mise en place des bandes enherbées obligatoires) a été établie dans cette période, en concertation avec la profession. En effet, la carte IGN ne reflétait pas la réalité du terrain, avec par exemples des cours d’eau matérialisés comme tels alors qu’ils étaient en culture depuis des décennies.

 

Dans notre département, environ 2 600 km de cours étaient concernés par les BCAE. De facto, la réglementation ZNT s’est appliquée sur ce linéaire. En 2017, les ministères ont demandé aux départements de revoir les cartes (et d’ajouter du linéaire). En Indre-et-Loire, les ajouts ont porté sur les bassins versants présentant un «risque de non atteinte du bon état écologique». Dans la négociation, la profession a milité pour que les fossés où il n’y a pas d’eau ou seulement lors des très fortes pluies hivernales, à une période où il n’y a pas d’application, ne soient pas concernés. Ce que la préfecture a accepté.

 

Par conséquent, seuls les linéaires de fossés proches des cours d’eau (donc plus susceptibles d’être en présence d’eau) ont été classés. Au final, l’arrêté a intégré 530 km en plus, après notamment une consultation publique en juillet 2017.

 

Une régression imaginaire

 

Contrairement aux dispositions BCAE, la réglementation ZNT n’oblige certes pas à implanter des bandes enherbées, néanmoins la profession a incité les agriculteurs à mettre en oeuvre cette pratique (cf. Terre de Touraine 30 juin 2017 page 2). Voilà en substance les éléments qui ont été portés à la connaissance du journaliste, venu se renseigner à la Maison des agriculteurs.

 

A l’issue de la rencontre, il a indiqué avoir compris la situation. Mais dans son reportage, il en est resté à la version trompeuse : « avant, tous les fossés carte IGN étaient en ZNT et, comme la nouvelle carte ne reprend qu’une partie de ces fossés, c’est une régression ». Pour quelles raisons : volonté idéologique, ordre de la rédaction ou manque de courage ?

 

En effet, il aurait fallu expliciter la situation, montrer qu’ajouter 530 km de fossés avec bande enherbée effective, c’était une réelle protection supplémentaire (et une contrainte pour les agriculteurs). Il lui aurait aussi fallu dire que le rapport alarmiste sur ce sujet ne parlait que de théorie (« toute la carte IGN ») et non pas de la réalité terrain. Le journaliste a préféré déformer la réalité pour construire un reportage à charge, anxiogène. Est-ce bien la mission d’une chaîne de télévision…?

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