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Culture
Les multiples intérêts du colza associé

L’association du colza à une ou plusieurs plantes gélives présente de nombreux avantages, y compris une meilleure protection de la culture face aux ravageurs et, dans certains cas, de meilleurs rendements.

Pratique venue d’Amérique du Sud, la culture de colza associée à des plantes compagnes s’observe de plus en plus dans les campagnes. Un intérêt grandissant, révélateur des bienfaits de cette pratique. Les essais de la chambre d’agriculture démarrés il y a 10 ans le confirment :

« Le colza associé est une pratique qui se démocratise ; elle ne coûte pas cher et il n’y a pas de risque de perte de rendement ni de salissement », explique Mathieu Loos, technicien agronomie à la chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire. « On remarque de nombreux effets bénéfiques en féveroles, sur le rendement quel que soit le type de sol, sur le drainage pour les sols hydromorphes ou encore moins de pression ravageurs à l’automne. L’exploration racinaire est aussi facilitée. » Son seul point faible : le semis direct, compliqué en raison des deux tailles de graines. Le colza associé peut aussi aider à réduire jusqu’à 50 % le salissement des parcelles. Mais le technicien met en garde, ce n’est pas pour autant qu’il faut arrêter de désherber. « Le colza associé a d’abord été vendu comme un moyen de réduire l’azote mais il y a peu d’intérêt quand le rendement déplafonne », complète le technicien.

Une destruction à maîtriser

Le colza doit être semé idéalement autour du 15 août, avant la pluie. « En avançant les levées de quinze jours, le colza est plus développé en septembre quand les ravageurs arrivent, problème majeur de la culture. La pression augmente tandis que la liste des produits disponibles diminue », ajoute Bruno Chevalier, également technicien à la chambre. Certains agriculteurs évoluent vers des mélanges plus complexes, comme gesse-lentille- fenugrec, vesce-trèfle d’Alexandrie ou vesce-féverole. « La vesce peut être difficile à gérer car elle peut concurrencer le colza, indique Mathieu Loos. La féverole reste plus simple, plus facile à trouver et lève rapidement. » La destruction du couvert est un élément essentiel à maîtriser. « Il faut faire en sorte que le gel le détruise pour limiter de recourir à l’option chimique. La destruction de la féverole doit être bien maitrisée car les OS n’aime pas la retrouver parmi les graines de colza », recommande le technicien. « L’aspect esthétique peut freiner l’agriculteur habitué à voir de la monoculture, en particulier si la féverole est plus haute que le colza. » Lorsque la féverole est introduite comme plante compagne, elle ne doit pas intervenir ailleurs dans la rotation. « La féverole n’est pas si rustique au niveau des ravageurs et des maladies qui peuvent se transmettre sur la culture. Protéger plus la culture n’est pas le but. »

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