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Entreprendre
Naturelles et locales les boissons du val de « Loère »

A l’arrivée des beaux jours, siroter un verre en terrasse revient au programme. En Touraine, cola, limonade, thé glacé et bière se conjuguent au naturel et au local, avec la gamme de La Loère. Portrait du fondateur de la marque, Cyril Langlois.

Marre du monopole des géants de la boisson ? La Loère est faite pour vous ! Cyril Langlois est à la tête de cette petite entreprise tourangelle, produisant du cola, de la limonade, du thé glacé à la pêche et de la bière, à base d’ingrédients naturels et originaires à 80 % du Val de Loire.

D’abord des recettes

De parents céréaliers à Clionsur- Indre, Cyril Langlois a fait ses premières armes dans le secteur agroalimentaire, avant que son envie de créer sa propre entreprise ne prenne le dessus. Il restait à trouver l’idée. Un ancien collègue, tenant à l’époque un restaurant, cherchait alors en vain du cola local. C’était il y a 8 ans, et l’idée était toute trouvée. « On a fait venir un extrait de cola naturel et on a demandé à des cuisiniers de faire un caramel, se souvient l’entrepreneur. En essayant, à plusieurs, ils ont trouvé une recette satisfaisante, le sucre faisant office de conservateur des arômes. »

Pour la limonade, les ingrédients se résument à de l’extrait naturel de citron, du sucre et de l’acide citrique. La Maison Savouré (28) se charge de sa fabrication à partir de la recette et des ingrédients fournis par Cyril Langlois.

Dans le thé glacé, le caramel est fabriqué par l’entreprise Nigay (42), seule fabrique en France de caramel naturel. Un recette qui fonctionne, puisque l’an dernier pendant le festival Terres du son à Monts, 800 litres ont été écoulés dans le week-end.

Des produits rigoureusement sélectionnés

Il a fallu se poser la question de l’eau avec laquelle travailler les ingrédients. Le Tourangeau a choisi l’eau des sources de Saint Hippolyte (37), neutre au niveau du goût et non traitée. Une question cruciale, notamment pour la bière. Cette dernière est fabriquée par la brasserie La Pigeonnelle (Céré-la-Ronde). N’étant pas disponible localement, l’orge bio provient d’une filière européenne. Et côté houblon, Matthieu Dutertre de Rivarennes doit prochainement en produire pour La Pigeonnelle et donc la Loère.

Le cola reste le produit le plus vendu, juste devant la limonade, qui affiche aussi un franc succès.

Développée par le bouche-à-oreille, la clientèle a deux visages. Une partie est constituée d’épiceries fines (dont la maison Plisson), cavistes et restaurateurs parisiens, et l’autre partie est liée au réseau touristique local du Val de Loire. La région parisienne représente 10 à 15 % des ventes. « Je vends plus à Paris l’hiver et plus en été ici, donc ça s’équilibre », note l’entrepreneur.

En Touraine, les produits La Loère s’écoulent principalement dans les restaurants, magasins de producteurs, épiceries fines, cavistes, une dizaine de La Ruche qui dit oui et d’autres réseaux de producteurs.

« J’ai les mêmes clients que les viticulteurs, alors régulièrement on optimise les déplacements ensemble ! Il y a une solidarité ». Un point commun qui l’amène à participer à divers salons viticoles locaux, lui ouvrant la porte des importateurs.

Une réussite solidaire

A ce jour, La Loère vend 110 000 petites bouteilles et 20 000 grandes par an. La petite entreprise a affiché un chiffre d’affaires de 210 000 € en 2018, soit une hausse de 35 % par rapport à l’année précédente ! Une belle réussite, mais il a fallu persévérer. « La première année, j’ai gardé mon emploi chez Rians, raconte Cyril Langlois. Et moins d’un an après, suite à son départ, j’ai racheté les parts du collègue avec qui j’avais créé l’entreprise. » Un investissement de 30 000 € tout de même, pour assurer aussi un bon niveau de trésorerie, pour acheter les cartons, bouteilles... « Les réseaux de producteurs m’ont beaucoup aidé, ils m’ont fait confiance, m’accordant même des délais de paiement au départ », tient-il à souligner.

L’objectif aujourd’hui : stabiliser le tout. Et apporter encore quelques améliorations : l’uniformisation des formats de petites bouteilles en 33 cl, pour limiter la contrainte technique et économique, et la suppression des bouchons en plastique sur les bouteilles en verre. Un projet d’export est par ailleurs dans les cartons, à suivre…

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