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Ne pas juger et savoir écouter

Deux salariées d’organisations professionnelles agricoles ont suivi la formation dispensée par la MSA. Elles partagent les enseignements qu’elles ont retenus.

Avoir le souci de l’autre est un prérequis pour s’inscrire dans la démarche de sentinelle car c’est un point d’entrer vers les personnes en souffrance. Il faut ensuite faire preuve d’empathie, c’est-à-dire être apte à percevoir les souffrances de l’autre sans se les approprier. Être empathique, ce n’est pas compatir, il faut savoir être suffisamment distant sans être indifférent.

Contrairement à la souffrance physique, la douleur psychologique ne se voit pas. Elle manifeste également mais par des signes plus subtils : comportement, mots ou maux. Autant de signes qui ne sont pas perçus de la même façon par tous. Et puis, une personne en souffrance peut être différente dans son cadre professionnel et dans son cadre familial ou encore social, elle peut varier aussi selon les moments dans une vie.

Ce seuil de tolérance à la souffrance est un point clé. Il n’est pas le même chez tous les individus. Pour l’illustrer, on peut prendre l’image du vase et de la goutte d’eau. La forme et le volume du vase est propre à chaque individu. En revanche, le remplissage du vase est réel même s’il se fait plus ou moins vite selon les personnes à situation équivalente. Ce qu’il faut comprendre, c’est que la goutte d’eau n’est pas responsable du passage à l’acte à elle seule !

 

La goutte d’eau de trop

Etre sentinelle en pratique : c’est être repéré. La sentinelle a une disposition spontanée au souci de l’autre et à l’entraide. C’est une personne repère pour la MSA en particulier, et une personne abordable.

Etre sentinelle, c’est aussi repérer. On parle d’identifier des comportements, des propos, des signes physiologiques émis par la personne en souffrance.

Enfin, être sentinelle, c’est orienter. Selon les signes identifiés, la sentinelle peut diriger la personne en souffrance en fonction du niveau de remplissage de son vase. Dans ce cadre, un système de drapeaux a été mis en place :

  • Drapeau jaune : la personne en souffrance manifeste des comportements évocateurs. Cela peut se matérialiser par exemple par une mise en danger (consommation d’alcool, de drogue…), par un isolement, par des troubles du sommeil, de l’appétit, d’importants changements d’humeur…  C’est le stade de remplissage du vase, qu’il faut suivre avec attention pour proposer des premières solutions, voire faire un signalement si une accumulation est perceptible.
  • Drapeau rouge : la personne en souffrance tient des propos suicidaires explicites, allusifs ou élusifs. Le vase est rempli. Il convient alors de la signaler.
  • Drapeau noir : en plus des symptômes décrits précédemment, la personne en souffrance a élaboré un scenario pour en finir. Elle évoque une date, un lieu et/ou un moyen matériel. C’est la goutte d’eau de trop. Dans ce cas, c’est le 115.

Cette description sans doute réductrice, compte tenu de la complexité de la psychologie humaine. Toutefois, la démarche est là. La reconnaissance du mal-être devient nécessaire dans une société de plus en plus individualiste. Mettre un nom sur les émotions est souvent difficile et la peur d’être jugé est rédhibitoire.

Manifester sa préoccupation, se rendre disponible si on s’en sent capable, ne pas juger et savoir écouter sont des qualités précieuses des sentinelles.

Qui contacter

  • Agri’ écoute : 09 69 39 29 19 (24h/24, 7J/7).
  • Réagir 37.
  • Cellule de prévention MSA Berry-Touraine : 02 47 31 62 73.
  • N° national de prévention du suicide : 3114 (24h/24, 7J/7).

Données nationales

Le plan mal-être agricole en chiffres

• 300 appels ont été reçus en moyenne chaque mois par le service Agri 'écoute depuis le 9 janvier 2021.

•  1 655 situations ont été détectées en 2020. Parmi elles, 1 479 ont nécessité un accompagnement des services MSA.

•  1 500 sentinelles ont été recensées sur le terrain au premier trimestre 2023.

 

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