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Préserver le bien-être des laitières en été

En bâtiment, différents aménagements permettent de réguler efficacement le stress thermique des vaches laitières. L’interprofession laitière propose un plan d’action dans ce sens.

Pour être efficaces, les systèmes de brumisation de douchage doivent être jumelés avec une vitesse de brassage d’air importante.

En élevage laitier, la hausse des températures impacte directement le bien-être des vaches. En période estivale, il est impératif de maintenir une bonne ambiance dans les bâtiments, car dès 25 °C, les premiers signes de stress thermique apparaissent chez les animaux. Les fortes chaleurs peuvent entraîner des conséquences multiples : baisse de production, baisse de performance de la reproduction, augmentation du rythme cardiaque, baisse de la rumination… Pour limiter l’impact des fortes chaleurs sur les animaux, le Cniel (centre national interprofessionnel de l’économie laitière) a proposé un plan d’action en sept étapes à destination des éleveurs.

 

L’EAU, UNE RESSOURCE ESSENTIELLE

Les conditions d’abreuvement doivent être suffisantes pour répondre aux besoins des animaux. En été, les besoins en eau peuvent doubler pour atteindre jusqu’à 150 l d’eau/vache/jour. Il est préconisé d’avoir des longueurs d’abreuvoir d’au moins 6 cm/vache, voire 10 en été. Le débit doit être compris entre 15 et 20 l/min afin de conserver une hauteur d’eau minimale de 7 cm dans l’abreuvoir.

 

En outre, il faut veiller à l’accessibilité en préservant un dégagement de 3,60 m en plus de l’abreuvoir. Au niveau de l’alimentation, la chaleur conditionne l’appétit des vaches, ce qui implique de mettre à disposition des aliments appétents à l’ombre. Il faut également adapter son rythme de distribution car la baisse des températures, la nuit, va entraîner un afflux à l’auge des animaux. Pour les vaches au champ (vaches taries ou génisses), les zones d’ombre apportent une température ressentie de 14 °C inférieure à celle d’une exposition au soleil.

 

ATTENTION AU RAYONNEMENT DANS LES BÂTIMENTS

Autre élément à prendre en compte, le rayonnement du soleil en bâtiment. Sur de nombreuses constructions, la lumière a été privilégiée pour faciliter le confort visuel. Le revers de la médaille, c’est la chaleur produite par les rayons du soleil. Les tôles translucides procurent une hétérogénéité dans l’ambiance des bâtiments, certaines zones étant plus exposées que d’autres du fait des rayonnements directs et indirects. Une isolation du toit permet de gagner de 0 à 2 °C suivant les situations. L’installation de tôles translucides uniquement le long du faîtage est à privilégier pour réduire ce phénomène tout en préservant une luminosité suffi sante. De même, la réduction de la hauteur de maçonnerie améliore la circulation de l’air et diminue la chaleur emmagasinée dans les murs.

 

Mais pour préserver une bonne ambiance dans le bâtiment, il faut également maintenir une ventilation de l’air, couplée avec un degré d’hygrométrie optimal. La conception de la structure doit favoriser une ventilation naturelle. L’objectif est d’augmenter la vitesse de l’air dans la stabulation. Il faut donc bien réfléchir à la construction d’annexes ou d’extensions. Plus un bâtiment est étroit et plus la circulation de l’air est améliorée.

 

Il faut par ailleurs noter que l’effet cheminée parfois utilisé est quasi inopérant en été. Une orientation est, sud ou sud-est protège des rayons du soleil. Des rideaux brise vent pourront être installés en décalage de la façade pour une meilleure protection. La création d’ouvertures dans le bardage sur les parties basses ou l’installation de volets sont d’autres options.

 

DES SYSTÈMES MÉCANIQUES À ADAPTER

Certains éleveurs font le choix de la ventilation mécanique. Ces aménagements ont deux effets, réduire le stress thermique en augmentant la vitesse de circulation de l’air (de 1 à 3 m/s à hauteur de l’animal) et améliorer le renouvellement de l’air y compris en période intermédiaire avec un effet sur le séchage du couchage.

 

Cette solution doit cependant être adaptée aux spécificités du bâtiment. Dans une structure avec trop de rayonnement ou fermée sur l’extérieur, les ventilateurs brasseront de l’air chaud et vicié. De même, un mauvais emplacement ou une mauvaise orientation favorisera le regroupement des animaux. Ils doivent donc être installés sur des lieux stratégiques comme à proximité des robots de traite, des zones d’accès à l’auge ou des couloirs entre les logettes.

 

Pour la gestion de l’humidité, la brumisation ou le douchage rafraichissent les animaux et font baisser leur température corporelle, mais ces systèmes doivent être couplés avec des vitesses de brassage d’air importantes. Ces aménagements sont proscrits dans des milieux clos.

 

Il existe deux types de brumisation, en basse pression et en haute pression. Son efficacité variera en fonction de la taille des gouttes. En système basse pression, il est préférable de projeter la brume vers les ventilateurs afin d’éclater les gouttes. Il est déconseillé de l’installer à proximité des lieux de traite car ce sont des environnements relativement fermés. Les dégagements d’ammoniac générés par les bouses mélangés à l’air chaud et humide sont corrosifs pour le matériel.

 

La consommation en eau de la brumisation reste limitée, elle nécessitera tout de même un entretien régulier des buses. Le douchage peut être installé dans l’aire d’attente dans le cas d’une traite conventionnelle. En traite robotisée, le douchage à l’auge est la solution la plus efficace. Dans tous les cas, le pilotage de l’ambiance du bâtiment devra être adapté à la réponse des animaux, évolution de la production ou température des vaches sentinelles.

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