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Transmission : « Le côté humain a été très important »

Certaines cessions d’exploitation, en toute simplicité et bienveillance, donnent de l’espoir pour le renouvellement des générations en agriculture. Ce fut le cas à Sepmes, où Régine et Alain Rezeau ont transmis leur ferme d’élevage laitier à Corentin Dupont en février dernier.

“ La transmission s’est super bien passée ! », voilà comment Corentin Dupont résume son installation à Sepmes. Depuis février dernier, il a en effet officiellement repris la ferme d’élevage de vaches laitières de Régine et Alain Rezeau. Après deux ans de recherche active, le jeune homme a trouvé ici l’exploitation qui correspondait à ses aspirations. « Je voulais une ferme à taille humaine avec une cinquantaine de vaches et assez d’hectares pour nourrir le troupeau, explique-t-il. Il fallait aussi qu’il y ait une maison près de la ferme, et que les cédants acceptent qu’on travaille ensemble au départ pour une période de passation. »

 

« Les cédants avaient préparé les choses »

Tous les critères étaient réunis aux Maisons Rouges. Evidemment, le prix était également un des points les plus importants. « Avec 400 000 euros – habitation comprise –, j’ai pu m’installer sans apport. Les cédants avaient préparé les choses, je n’ai eu que 5 hectares à acheter, les 70 autres je leur loue. Et la valeur du matériel n’était pas énorme car il n’est pas tout récent », précise celui qui a bénéficié de la dotation jeune agriculteur (DJA).

 

Le jeune éleveur, originaire du département du Nord, a toujours voulu s’installer en élevage bovin. Hors cadre familial, sans doute ses grands-parents agriculteurs lui ont tout de même donné le virus… Après un BTS Acse, il travaille dans différentes fermes laitières dans le nord de la France, mais aussi dans les Alpes de Haute Provence dans une exploitation de légumes de plein champ et de céréales, pour s’ouvrir de nouveaux horizons.

 

Après avoir exploré les opportunités de reprise dans les régions du nord, les prix le poussent à étendre son champ d’investigation. Grâce au répertoire installation, il trouve la ferme de Régine et Alain Rezeau. Ils se rencontrent pour la première fois en avril 2019 et le courant passe tout de suite. « Le côté humain a été très important, confirme Corentin. On a la même philosophie, avec un système très axé sur l’herbe et l’autonomie alimentaire, pas trop de mécanisation. Et surtout ils avaient l’envie forte d’installer un jeune. » Les cédants accueillent le porteur de projet lors de plusieurs week-ends avec sa compagne, les présentent aux voisins pour faciliter leur intégration…

 

Cédants et repreneur travaillent ensuite ensemble sur la ferme pendant 9 mois ; une période de passation riche en transmission de savoirs et vécue avec enthousiasme de chaque côté.

 

L’autonomie alimentaire en ligne de mire

Corentin poursuit plusieurs objectifs. D’abord, progresser encore sur l’autonomie alimentaire. Le pâturage tournant est déjà en place, mais il s’attache à l’optimiser. « Les animaux pâturent sur 50-60 ares une journée et une nuit, on les déplace chaque jour, avec les clôtures électriques », détaille-t-il. Ce dernier souhaite aussi prendre soin des prairies et laisser davantage les vaches en bâtiment, lorsque la portance des sols est limitée.

 

A terme, l’éleveur vise aussi la suppression du maïs ensilage. Il a ainsi semé des betteraves, et va tenter le sorgho multi-coupes.

 

Et pas question de s’agrandir. « Certaines expériences m’ont vacciné contre les grandes exploitations, avec par exemple 200 animaux et 200 hectares de terres, déclare le jeune agriculteur. Je ne cherche pas à réaliser un gros litrage de lait. Le but est de ne pas se laisser déborder par le travail, que ça reste un plaisir. J’aurais plus tendance à diminuer le nombre d’animaux qu’à l’augmenter. »

 

Le jeune homme a choisi de livrer à la laiterie de Verneuil, alors que ses prédécesseurs livraient à Savencia. « J’ai choisi Verneuil pour le côté local, et puis leur philosophie me plaît, justifie-t-il. Je suis en conversion pour être labellisé Délices de Touraine, le cahier des charges est déjà presque rempli ; ce sera acté en septembre. »

 

Corentin n’est pas seul dans son quotidien d’éleveur. Il a repris le salarié embauché par le couple Rezeau, qui est à temps partiel. « Il est là depuis 10 ans, donc il connaît très bien la ferme et est autonome. C’est un atout », considère l’éleveur. Celui-ci sait s’entourer pour être bien conseillé. Il a pris contact avec le GDA de son secteur, et fait partie du programme Herbe et fourrages des chambres d’agriculture de la région. En somme, il semble avoir tous les outils en main pour poursuivre le travail initié par ses prédécesseurs.

 


Il le dit

"La transmission, une volonté de chaque côté"

« Si on veut encourager les installations, il faut que les cédants cherchent à installer et non pas à vendre à tout prix. Et la transmission doit s’anticiper, c’est aux cédants de faire en sorte que l’offre soit accessible aux jeunes. Certaines fermes sont vendues trop chères par rapport à leur valeur économique. Le rôle des cédants est important, car s’ils fixent un prix trop élevé, leurs exploitations partent à l’agrandissement, car seuls des agriculteurs bien installés peuvent se permettre d’acheter. Du côté des futurs installés, je pense qu’il faut être passionné, volontaire, ne pas avoir peur de bouger géographiquement, et ne pas forcément rechercher du neuf ou du tout récent. Le tout est d’être cohérent avec ce qu’on veut et ce qu’on peut faire. »

 

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