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Un système pensé autour de la pousse de l’herbe

Originaire de La Ferrière, Guillaume Renault a adapté son système bovin lait en fonction de deux critères : le suivi de la courbe de pousse de l’herbe et l’optimisation des ressources disponibles pour éviter au maximum les achats.

Issu du milieu agricole et installé à Saint-Laurent-en-Gâtines depuis septembre 2018, Guillaume Renault a mis en place un système d’élevage bovin lait bien à lui. Sa logique : adapter le fonctionnement de l’exploitation à la courbe annuelle moyenne de pousse de l’herbe. L’objectif : être le plus autonome possible, en disposant d’herbe en quantité et en qualité au moment où il en a le plus besoin.

 

La courbe de pousse progresse de février à mai, et de septembre à novembre. Pendant ces périodes, l’herbe a une valeur alimentaire optimale. Guillaume a donc choisi de pratiquer des vêlages groupés en deux fois. « 50 % de mes vaches vêlent en janvier-février. Il faut que 100 % des vaches soient en lactation au 1er mars. L’autre moitié vêle en août-septembre », explique-t-il. Un choix mettant en cohérence les besoins du troupeau avec l’offre de la surface pâturée.

 

Quand la courbe de pousse est descendante (en été et hiver), l’éleveur se sert au maximum du stock sur pied pour nourrir ses vaches à plus faibles besoins. Pour une partie, elles sont taries donc s’éloignent de la stabulation, les autres sont pleines et produisent moins de lait. Il s’agit d’« avoir le moins d’animaux possible à nourrir quand la ration est la plus chère. »

 

Le terrain de jeu de Guillaume est constitué de deux exploitations contiguës qu’il a pu reprendre ; une laitière de 50 hectares, et une céréalière de 35 hectares.

 

Ses 50 vaches à la traite (et 25 à 30 génisses de renouvellement) disposent de 55 hectares de prairies pâturables. « Je ne fauche pas en automne, tout est pâturé, précise le jeune homme. En revanche, quand, au printemps, la pousse dépasse 25-30 kg de MS/ha, je fais des stocks avec le surplus. » Sur les prairies temporaires, après au moins trois années en herbe, il sème du méteil ou du maïs, pour utiliser l’azote capturé plutôt que d’en acheter.

 

TOPPING ET PRAIRIES MULTI ESPÈCES BIEN ÉTUDIÉS

Cette année, le jeune agriculteur a semé 16 hectares de maïs, pour le récolter en épi. « Le maïs épi est un complément alimentaire de l’herbe de meilleure qualité que le maïs grain, et moins cher car il est broyé directement, sans besoin de le concasser », estime-t-il. Huit hectares ont été implantés en méteil grain.

 

Sur sept hectares, l’éleveur choisit des semences chez VG SOL pour composer un mélange de chicorée, plantain, trèfle blanc et violet, dactyle. Il s’inspire du mélange utilisé dans l’exploitation où il a fait son apprentissage dans le Maine-et-Loire, en y ajoutant le dactyle. « Le dactyle pousse en dernier quand il fait chaud et redémarre en premier quand il pleut, justifie Guillaume. Je fauche avant le pâturage car ça coupe les épis peu appétents, puis le dactyle repousse en feuilles. Et c’est sécurisant d’avoir plusieurs espèces, d’autant plus qu’elles sont complémentaires. » La chicorée et le plantain ont quant à eux l’avantage de contenir des tanins et de déparasiter. La chicorée est en revanche totalement pâturée, car elle se conserve mal une fois récoltée. Cinq autres hectares sont semés en plantain, en mélange avec de la fétuque, du ray grass et du trèfle blanc.

 

L’hiver prochain, les vaches mangeront encore du maïs ensilage plante entière en coupe haute - pour apporter de l’amidon -, de l’enrubannage, un peu de tourteaux et du méteil grain. A terme, Guillaume souhaite diminuer la part de céréales pour augmenter celle de légumineuses. Il achètera 4 à 5 tonnes de tourteaux fermiers pour l’hiver et les mois d’août-septembre.

 

UN PÂTURAGE TRÈS DYNAMIQUE

Avec l’aide du contrôle laitier, la recette semble fonctionner puisque les vaches font ici trois lactations - quand la moyenne nationale est de 2,2 -, et produisent pas moins de 30 litres de lait par jour au printemps. Une pénalité liée au taux butyreux est en revanche récurrente à cette saison. Pour augmenter ce taux, l’éleveur pratique le croisement 3 ou 4 voies. Ses prim’holstein sont peu à peu croisées avec des jersiaises, des rouges de Scandinavie, des brunes des Alpes, des normandes, des prim’holstein de Nouvelle-Zélande. « Je cherche ainsi à améliorer la fertilité, les taux, la longévité, la rusticité, et à avoir de plus petits gabarits pour éviter les boiteries, indique le jeune agriculteur. J’en suis à la première génération inséminée. »

 

Le troupeau n’est en bâtiment à 100 % que 2 mois et demi dans l’année, et pâture au fil. « Je mets un fil avant et un fil arrière, et je les déplace matin et soir quand elles sortent de la traite. Ça demande d’avoir du fil, un enrouleur, des piquets et des abreuvoirs… et du temps ! Mais pas d’autre matériel, je n’ai pas de mélangeuse par exemple. Le système de couloir mobile pour l’accès à la traite est déplacé régulièrement, tout comme les abreuvoirs tous les 2 ou 3 jours. »

 

Le jeune homme, adhérent du GDA Nord Touraine n’est pas au bout de ses idées. Il compte passer à trois traites tous les deux jours, dans les périodes peu productives, pour une meilleure qualité de vie, une « pause ». Son crédo : redonner son caractère saisonnier à l’activité laitière et donner envie à d’autres jeunes de s’installer en élevage.

 


- Une activité complémentaire -

Sur l’exploitation, un nouveau bâtiment est en construction, mais Guillaume ne compte pas agrandir son troupeau au-delà de 60 vaches. Il y logera des veaux gras et des génisses croisées viande en engraissement à l’herbe. Ils seront abattus avant juillet - pour ne pas avoir à les nourrir en période sèche -, et vendus en direct à la ferme afin de compléter l’activité laitière. En effet, à la suite des confinements, la ferme engraisse 5 ou 6 veaux croisés viande par an, et sèvre les génisses plus tard pour s’affranchir d’acheter de la poudre de lait.

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