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Diversification
Une chèvrerie pour préparer l’avenir

À Céré-la-Ronde, Brice Paulin a fait le pari de l’élevage caprin pour consolider les revenus de l’exploitation familiale et préparer l’installation de son frère.

Lors de l’inauguration de sa nouvelle chèvrerie, Brice Paulin, accompagné des constructeurs, a échangé avec d'autres éleveurs sur la conception de la chèvrerie et les installations qui en ont découlé.
© L.L

Installé aux côtés de son père Didier Paulin à Céré-la-Ronde, Brice Paulin a choisi de diversifier l’activité de l’exploitation familiale en développant un atelier caprin. Un projet ambitieux qui doit permettre de sécuriser le revenu de l’EARL La Sourderie et de préparer l’arrivée de son frère dans les prochaines années.

Lorsque le jeune agriculteur rejoint l’exploitation céréalière de 250 hectares, les perspectives économiques apparaissaient limitées pour faire vivre plusieurs associés. « La diversification avec un atelier d’élevage s’est imposée comme une évidence, témoigne Brice Paulin. Nous avons la chance de bénéficier d’une AOP de renom avec le Sainte-Maure-de-Touraine ».

Le 9 juin dernier, l’EARL La Sourderie a ouvert ses portes à l’occasion de l’inauguration de sa nouvelle chèvrerie. Constructeurs, partenaires et éleveurs ont ainsi pu découvrir un bâtiment conçu à la fois pour le confort des animaux et celui des éleveurs. « Nous avons décidé d’ouvrir les portes de notre ferme pour valoriser les personnes qui ont travaillé à la concrétisation de ce projet, et pour permettre aux éleveurs de bénéficier de réponses à leur projet ou installation  », exprime Brice Paulin.

 

Un bâtiment conçu pour durer

Après deux années de travaux, la chèvrerie construite par l’entreprise Roiné a été achevée fin janvier. D’une superficie de 2 015 m², ce bâtiment en bardage bois dispose d’une capacité d’accueil de 400 chèvres. Aujourd’hui, 250 animaux y sont hébergés. « L’objectif est de saturer le bâtiment d’ici deux ans avec l’arrivée de mon frère sur l’exploitation  », explique l’éleveur. Pour la construction, Brice Paulin a privilégié une structure en bois associée à une toiture en fibrociment. « Le bois est un matériau chaleureux et esthétique. Il apporte également davantage de confort au travail grâce à des écarts de température moins importants », estime-t-il. L’investissement a bénéficié d’une aide du SIAP couvrant 45 % du montant éligible, soit 90 000 euros.

Le confort de travail au cœur du projet

Dès la conception, l’éleveur a porté une attention particulière à l’ergonomie et à la fonctionnalité des installations. Orienté plein sud, le bâtiment dispose d’un faîtage ouvert permettant une ventilation efficace sans créer de courants d’air. Un large couloir central dessert les différents lots de chèvres et les fermes sans poteaux facilitent la circulation des engins. Les chevrettes sont également logées dans le même bâtiment.

La salle de traite de 48 places a été conçue pour limiter les douleurs chroniques. Les postes de travail ont été adaptés à la taille des utilisateurs. « Il a fallu trouver une hauteur intermédiaire entre mon frère, qui est beaucoup plus grand que moi, et moi-même », sourit Brice Paulin. Afin de réduire la pénibilité quotidienne du port des seaux d’alimentation, l’éleveur a également investi dans un robot de distribution automatique d’aliments équipé d’un système de repousse du fourrage. L’équipement effectue trois passages quotidiens d’environ quinze minutes chacun. « Cette machine est plus précise que l’Homme dans les quantités distribuées  », souligne l'éleveur. Selon lui, cet outil constitue également un atout pour l’organisation du travail : « Le robot facilite le remplacement par un salarié et garantit une distribution régulière, même en mon absence ».

L’intégration d’un élevage caprin a conduit à faire évoluer l’assolement de l’exploitation. Désormais, le trèfle violet vient compléter la rotation composée de blé tendre d’hiver, d’orge, de colza et de maïs. « L’ajout d’une légumineuse est pertinent dans la rotation. Elle limite le développement de certaines adventices, tout en apportant de l’azote au sol », explique Brice Paulin. Avec 250 hectares, dont 50 pour la production de fourrage, l’éleveur estime être autonome à hauteur de 90 %. Il achète environ 20 tonnes par an de correcteur azoté pour compléter la ration de ses chèvres.

Un projet ambitieux

Pour constituer son troupeau, Brice Paulin a acheté des chevrettes âgées de six mois auprès d’un vendeur de chevrettes. Sept boucs assurent aujourd’hui la reproduction des 250 chèvres présentes sur l’exploitation. À plus long terme, l’éleveur mise sur le progrès génétique pour améliorer les performances de production du troupeau. Il vise dans les dix prochaines années, une production moyenne de 1 000 litres de lait par chèvre et par an.

Au total, la création de cet atelier caprin représente un investissement d’environ un million d’euros, hors achat du troupeau. Un pari ambitieux mais assumé, pour donner de nouvelles perspectives à l’exploitation familiale et préparer l’intégration d’un nouvel associé.

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