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Botanique : une passion au plus proche de la nature

Producteur de lait durant quarante années d’activité professionnelle, Patrick Huet s’adonne désormais à l’un de ses principaux centres d’intérêt, les plantes. Et ce d’une manière un peu spéciale : il en collectionne les graines. Rencontre avec ce féru de botanique. 

Aujourd’hui, Patrick Huet recense plus de 1 250 références de graines différentes

“ J’ai commencé à avoir une passion pour les plantes en 1968. A l’époque, j’avais un professeur mordu de botanique. Il avait demandé à ma classe de réaliser un herbier de plus de deux cents plantes et je suis le seul à en avoir collecté autant », se remémore Patrick Huet. « Je crois que c’est à ce moment-là qu’il m’a transmis le virus », s’amuse l’éleveur en retraite de Channay-sur-Lathan, dans le nord Touraine.

UN SENS DE L’OBSERVATION INDISPENSABLE

Durant toute sa carrière de paysan, il scrute les abords des champs, des routes, des forêts, toujours dans l’idée de dénicher une plante qu’il ne connait pas. « Mais à l’époque, je n’avais pas trop le temps de descendre du tracteur pour aller la chercher », relate-t-il. C’est donc à la retraite, il y a une petite dizaine d’années, que l’ancien agriculteur débute réellement sa collection. Aujourd’hui inscrit dans un club de randonnées pédestres, il parcourt les sentiers forestiers, traverse des prairies dans les environs de sa commune. Avec ses amis marcheurs, il prend le temps de s’arrêter lorsqu’une plante lui parait inconnue. « En fonction de son stade, deux solutions s’offrent à moi, explique l’intéressé. Si elle est encore en fleur, je mets un jalon auprès afin de pouvoir revenir plus tard. Si la floraison est passée, je collecte les graines. » Une fois chez lui, il s’empresse d’ouvrir l’un de ses bouquins dénommé « Grande flore » afin d’identifier sa trouvaille du jour. « J’ai des connaissances en botanique et c’est indispensable, relève-t-il. Il est nécessaire de savoir tout du moins repérer la famille. Est-ce une crucifère ? Une poacée ? Une légumineuse ? etc. Une fois cette famille reconnue, c’est l’ouvrage papier qui me donne le nom précis et ses caractéristiques. »

UN PROCESSUS DE CONSERVATION BIEN RODÉ

Dès lors qu’elle est identifiée, la plante est mise à sécher « de quelques jours pour les graminées à plusieurs mois pour certaines essences. » Patrick Huet introduit ensuite les graines toute une nuit dans le congélateur « pour exterminer d’éventuels ravageurs qui se trouveraient à l’intérieur », détaille le retraité. Elles sont ensuite conditionnées dans des pots en verre. Chacun d’entre eux dispose de sa propre étiquette, reprenant le nom de la graine récoltée, mais aussi un code couleur pour d’éventuelles propriétés particulières (fourragères, médicinales, mortelles, etc.) A ce sujet d’ailleurs, Patrick Huet fait remarquer que certaines plantes esthétiques, à l’image du ricin, sont parfois semées dans des parterres municipaux alors qu’elles ont des vertus mortelles. « Bien souvent les gens ne le savent pas », fait-il remarquer. Chaque pot est ensuite rangé par famille, au sein de grands tableaux, bien distincts. « Je récupère entre 80 et 140 types de graines différentes chaque année, détaille le retraité. Cela dépend de la saison et de mon entrain à me promener dans la nature. » Sa collection compte aujourd’hui 1 250 références, toutes espèces confondues. Avant de compléter : « je ne vise pas un nombre de graines précis par espèce, tout dépend de ce que me donne la nature. » Et la conservation dans tout ça ? « Je les passe au congélateur, mais ne les y laisse pas, explique Patrick. Ainsi la faculté de germination de mes graines ne fait que s’amoindrir avec le temps et finira par s’éteindre dans plusieurs années. Mon seul but est de montrer à des jeunes la diversité de la flore locale. » Raison pour laquelle il reçoit parfois des scolaires pour leur faire découvrir sa collection. Puis il met en garde : « une graine doit subir un stress thermique pour bien lever. Si on prend l’exemple du blé, les agriculteurs le sème à l’automne et le stress thermique qu’il subit durant l’hiver le pousse à entrer en épiaison au printemps, pour se reproduire. Si demain nous n’avons plus d’épisodes de gelées hivernales, nous aurons des blés tendres très touffus, très vigoureux, mais sans épi », rappelle le septuagénaire. 

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