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Bovin viande : Valentin Richard, un parcours empreint de détermination

Son exploitation se repère aux tunnels verts implantés sur son terrain, à Braslou. Valentin Richard est installé depuis le 5 octobre 2018 en bovin allaitant, mais son parcours n’a pas été un long fleuve tranquille.

Valentin Richard

Avec en poche un bac pro CGEA grandes cultures puis un BTS Acse (analyse, conduite et stratégie de l’entreprise), l’objectif de Valentin Richard était « de faire de la vente directe de viande bovine. Mais j’ai passé un diplôme grandes cultures car j’étais un peu dégoûté par les contraintes du système coopératif dans lequel est engagée l’exploitation avicole de mon père. J’ai par contre toujours choisi des exploitations bovines pour mes stages. »

 

Il commence par acheter deux vaches, avec ses économies. « Comme je partais de zéro et que je n’avais pas suivi de parcours jeune agriculteur – mon projet n’étant pas assez viable au départ –, les banques ne me suivaient pas », narre Valentin.

 

Une banque lui prête tout de même 5 000 euros pour acheter un premier tunnel pour 15 animaux. Avec 16 hectares de terre en location, Valentin lance l’activité de vente directe, en s’adossant au réseau déjà existant de vente directe de volailles initié par son père. « Ça a bien fonctionné, mais on ne peut pas vivre seulement de ça. Un an après, j’ai voulu m’agrandir mais sans trop investir, pour mettre en place un atelier d’engraissement. » L’éleveur trouve alors des bâtiments à louer, d’une capacité de 60 taurillons d’engraissement, ainsi que des terres l’amenant à la tête de 24 hectares. Il agrandit son cheptel jusqu’à une cinquantaine de taurillons limousins. Malheureusement, ces bâtiments se situant à moins de 35 mètres d’un cours d’eau, un arrêté pris dans l’été 2020 lui laisse 6 mois pour déménager son activité.

 

Sur proposition de Florent Poisson, un voisin exploitant en grandes cultures, il achète un terrain que Florent louait à Braslou. Ne pouvant pas investir de grosses sommes, Valentin choisit d’y installer des tunnels plutôt que de construire un bâtiment. « J’ai créé 96 places pour des taurillons d’engraissement, en investissant 60 000 euros, terrain et tunnels compris. » Il s’agrandit en même temps jusqu’à exploiter 44 hectares de terres, et atteindre aujourd’hui l’autonomie alimentaire, excepté en paille.

 

« INVESTIR LE MOINS POSSIBLE »

Travaillant avec Ter’Elevage, le jeune agriculteur achète des broutards limousins âgés de moins de 9 mois, et les engraisse jusqu’à 19-20 mois, pour les revendre à 450 kg/carcasse. « Les cours du taurillon sont bons en ce moment, mais en janvier c’était catastrophique », note l’éleveur.

 

Quinze vaches allaitantes lui permettent de poursuivre son activité de vente directe de viande, en complément de l’engraissement de broutards. Valentin travaille avec TVR (dans le Maine-et- Loire) pour l’enlèvement des animaux, l’abattage, la découpe et le conditionnement sous vide de la viande. « On abat une vache tous les 2 mois à peu près, et on vend des colis allant de 5 à 20 kilos, détaille-t-il. La vente directe représente environ un quart du revenu. »

 

« Je réduis les coûts au maximum pour investir le moins possible, ne pas m’engager financièrement sur le long terme et être libre. J’ai un tracteur neuf et une pailleuse, pour tout le reste j’utilise la Cuma du Val de Veude », indique-t-il. Pour l’alimentation du troupeau, le jeune agriculteur fait appel à la mélangeuse automotrice de la Cuma avec chauffeur. « Chaque jour, il vient. Il se sert dans les différents aliments, pèse et distribue la ration individualisée pour chaque animal. C’est fait en 10 minutes, alors qu’avant ça me prenait 1h30 ! Ça me revient deux fois moins cher que si je le faisais, si on prend en compte le temps et le matériel », se réjouit Valentin. En ce moment, la ration est composée de patates à la place du blé, de luzerne, de ray-grass et de paille.

 

Le jeune homme souhaiterait maintenant bénéficier des aides à l’installation et a déjà suivi son stage 21 heures dans cette optique. A l’avenir, plusieurs objectifs se profilent. « D’abord, s’agrandir en grandes cultures pour sécuriser l’exploitation, et développer encore un peu la vente directe et l’élevage de taurillons. Je voudrais développer deux à trois autres sources de revenu sur l’exploitation, par sécurité, et pour que ma compagne puisse travailler aussi sur l’exploitation », conclut l’éleveur. Nul doute qu’il trouvera les moyens pour arriver à ses fins, comme il l’a fait avec détermination jusque-là.

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