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Comment adapter nos vignobles au changement climatique ? 

L’étude Climenvi a été menée pendant quatre ans, pour voir comment intégrer le changement climatique dans les décisions des chefs d’exploitation du Centre-Val de Loire. Témoignages de vignerons qui s’adaptent, à l’occasion de la présentation des résultats de l’étude le 17 novembre.

François Chidaine, Benoît Cadart et Jean-Christophe Mandard font partie des vignerons à avoir témoigné de leurs pratiques d’adaptation au changement climatique, lors de la restitution des résultats de Climenvi

"Le constat de l’avancée des dates de vendanges, du stade de débourrement, l’augmentation du taux de sucre dans le vin, la concentration de la répartition des pluies, les canicules… Voilà ce qui a motivé la réalisation de l’étude Climenvi », a introduit Jean-Christophe Mandard, élu de la chambre régionale d’agriculture et de la chambre d’agriculture du Loiret-Cher, lors de la conférence sur les résultats de l’étude, le 17 novembre à la chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire. L’idée étant de mobiliser la profession autour de cet enjeu. D’après les différents scenarios climatiques, les conditions hydriques vont se durcir, avec une évapotranspiration augmentée face à la chaleur, et l’avancée du stade du débourrement va se poursuivre, rendant le risque de gel printanier plus fréquent. On sait d’ores et déjà qu’on ne pourra plus utiliser certains cépages cultivés aujourd’hui. L’étude a consisté à définir des indicateurs climatiques et agroclimatiques, à simuler les impacts sur les entreprises viticoles et à construire un scénario réaliste pour les entreprises en vue de s’adapter. Fabien Demois, viticulteur à Chinon depuis 2008, en biodynamie depuis 2015, a suivi de près le projet Climenvi. « Toutes les années sont marquées par des évènements climatiques. Pour m’adapter au changement, je travaille les sols, leur apporte des engrais verts pour augmenter le taux de matière organique, et pratique le pâturage ovin. Je travaille aussi sur les plantes ; par exemple, je n’effeuille plus et Le constat de l’avancée des dates de vendanges, du stade de débourrement, l’augmentation du taux de sucre dans le vin, la concentration de la répartition des pluies, les canicules… Voilà ce qui a motivé la réalisation de l’étude Climenvi », a introduit Jean-Christophe Mandard, élu de la chambre régionale d’agriculture et de la chambre d’agriculture du Loiret-Cher, lors de la conférence sur les résultats de l’étude, le 17 novembre à la chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire. L’idée étant de mobiliser la profession autour de cet enjeu. D’après les différents scenarios climatiques, les conditions hydriques vont se durcir, avec une évapotranspiration augmentée face à la chaleur, et l’avancée du stade du débourrement va se poursuivre, rendant le risque de gel printanier plus fréquent. On sait d’ores et déjà qu’on ne pourra plus utiliser certains cépages cultivés aujourd’hui. L’étude a consisté à définir des indicateurs climatiques et agroclimatiques, à simuler les impacts sur les entreprises viticoles et à construire un scénario réaliste pour les entreprises en vue de s’adapter. Fabien Demois, viticulteur à Chinon depuis 2008, en biodynamie depuis 2015, a suivi de près le projet Climenvi. « Toutes les années sont marquées par des évènements climatiques. Pour m’adapter au changement, je travaille les sols, leur apporte des engrais verts pour augmenter le taux de matière organique, et pratique le pâturage ovin. Je travaille aussi sur les plantes ; par exemple, je n’effeuille plus et première année, donc elle a été vite rentabilisée. Par rapport à la chaleur, on a vendangé de nuit, pour récolter un raisin frais. » A Montlouis, François Chidaine – en biodynamie également – mise quant à lui beaucoup sur les couverts, pour s’adapter au changement climatique, entre autres leviers. Jean-Christophe Mandard constate de son côté l’efficacité de la taille en deux temps. Mais les intervenants en sont persuadés : la solution sera collective, issue de réflexions mises en commun. Sachant que les viticulteurs se projettent sur un temps long, de plusieurs dizaines d’années, en choisissant leur matériel végétal, qu’il s’agisse des cépages ou des portegreffes. Finalement, quels freins rencontrent les vignerons pour aller vers des solutions adaptatives ? La réponse est unanime : l’humain ! « Convaincre la génération précédente de semer des couverts, par exemple, a mis du temps. Mais on a réussi !, raconte Benoît Cadart, installé sur un domaine familial. On a dû y aller doucement, faire un essai sur un demi-hectare au début. Mais une fois que les personnes sont convaincues, elles deviennent le meilleur moteur. » Jean-Christophe Mandard, qui transmettra à court terme son domaine à son fils, essaie « d’être ouvert, pour que mon fils ait la liberté de changer de système en tenant compte des évolutions notamment climatiques ». 

SORTIR DE SA ZONE DE CONFORT

Lors des échanges avec la salle notamment, des pistes ont été évoquées : s’intéresser davantage à la résilience du sol, à sa fertilité, tester les ombrières… « Il faut accepter de faire des erreurs en tentant de s’adapter, considère Olivier Brault, président de la commission technique d’Interloire. On sort de notre zone de confort donc c’est forcément compliqué, tout en souhaitant que les vins de Loire conservent malgré tout leurs spécif icités. » Pour atténuer le changement climatique, le diagnostic carbone constitue un premier pas. Aurélie Mançois, vigneronne à Saint-Georges-sur-Cher depuis 2018, sur 40 hectares, l’a réalisé. « Suite au diagnostic, on s’est équipé en matériel de travail électrique autonome. Ça règle le problème du travail du sol et de la charge de travail. Ce n’est pas l’idéal, mais c’est mieux que le tracteur au fioul. On fait avec les solutions qu’on a aujourd’hui, en allant vers le “ moins pire ”. » Temanuata Girard, déléguée à l’agriculture au conseil régional a rappelé que le Cap filière viticulture serait acté en 2023, après une concertation qui s’est déroulée durant l’année 2022. « La Région accompagne les agriculteurs de façon générale dans cette adaptation, via les Cap filières qui aident à structurer les filières », a-telle souligné. La suite de Climenvi, maintenant, consiste à transférer les résultats de l’étude à un maximum d’agriculteurs. La chambre d’agriculture 37 propose dans ce cadre une formation de deux jours, visant à identifier les impacts du changement climatique et les adaptations possibles propres à son exploitation.

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