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Couverts permanents : expérimenter pour s’améliorer

Des agriculteurs du Nord touraine se sont réunis chez Eloi Canon début mai, pour échanger sur ses premiers essais de couvert permanent. L’occasion d’aborder le sujet technique de la régulation du couvert.

Le groupe Systèmes de culture innovants du Nord Touraine s’est retrouvé le 3 mai chez Eloi Canon à Chemillé-sur-Dême, pour échanger collectivement sur les couverts permanents en grandes cultures. Ces derniers sont encore peu pratiqués en Indre-et-Loire, Eloi Canon fait partie de ceux qui essaient. Sur 233 hectares dont un tiers en prairie, la Ferme de Touchelion cultive des céréales et élève un troupeau de 700 brebis. En rotation classique, les terres perrucheuses de Chemillé-surDême sont en prairie pendant trois à cinq ans, puis en colza, en blé et enfin en orge. 154x180Culturalesreussir.indd   124/05/2023   16:06:15 Dans les bournais et argilocalcaires de Marray et Beaumont Louestault, plus éloignés des bâtiments d’élevage, la rotation mise en place est la suivante : colza - blé - orge - féverole, sorgho ou tournesol - blé. Les semis sont réalisés en direct depuis 2018, le labour est réintroduit depuis deux ans, il est utilisé lorsque le salissement d’une parcelle est trop important. L’exploitation valorise au maximum le pâturage de l’herbe sur pied, pour une question d’économie et de qualité alimentaire « Nous valorisons de plus en plus les intercultures. Pendant quelques années, on a semé après la moisson un couvert annuel, pour nourrir le troupeau en septembre. On a eu des ratés, les années où c’était sec », raconte Eloi Canon.

NE PAS NÉGLIGER LA RÉGULATION DU COUVERT

Pour éviter cet écueil de manque d’eau au moment de semer un couvert annuel, l’agriculteur s’essaie depuis deux ans au couvert permanent. L’objectif est que le couvert se développe après la moisson et soit pâturé par les moutons en septembre-octobre, avant qu’une céréale soit semée. En 2021, il sème en direct de la luzerne en même temps que son colza, démarche identique avec du trèfle violet (à la place de la luzerne). « Ça n’a pas été une réussite !, rapporte-t-il. Le colza notamment n’a pas bien levé en raison d’un été et d’un automne secs et nous n’avons pas régulé le trèfle. Le trèfle violet est passé au-dessus du colza quand ce dernier était faible, avec le printemps sec de l’année dernière. » La concurrence a été trop forte. « La pratique du couvert permanent est une technique complexe. Il ne faut pas louper le stade pour réguler le couvert, et utiliser le bon produit, qui ne sera pas le même d’un couvert à l’autre », souligne Pierre Maudet, du service agronomie de la chambre d’agriculture 37. Du côté du couvert de luzerne, la parcelle a été retournée car la luzerne n’a pas empêché une infestation de ray-grass, et la concurrence n’était pas gérable. A l’automne, Eloi Canon a ensuite semé du blé dans son trèfle, bien implanté et toujours présent. Il a cette fois freiné le couvert avec 1,5 l de glyphosate par hectare. Il est aujourd’hui assez peu visible dans le blé. Au niveau des espèces, Louis Denonnain, animateur de l’Apad présent lors de cette journée, préconise plutôt d’implanter du trèfle blanc, plutôt que du trèfle violet. Même si ce dernier n’est pas parfait : « le problème du trèfle blanc, c’est qu’il se raréfie avec le temps. Il pousse moins haut que le trèfle violet et est très sensible à la sécheresse. Seule la luzerne résiste au chaud et au sec, mais elle est difficile à implanter », précise-til. En culture principale, il est d’ailleurs conseillé d’implanter la luzerne en semis direct juste après la moisson ou en sortie d’hiver. A Louestault, Eloi Canon a semé en direct du blé pour la deuxième fois dans une ancienne luzernière (porte-graine), quand la luzerne était un peu haute. Le couvert, aujourd’hui clairsemé, a été régulé en deux fois, étant donné la rusticité de la luzerne. La difficulté reste de réguler le couvert. Si la régulation n’est pas suffisante, la concurrence est trop forte ; si elle est trop importante, le couvert ne joue plus son rôle.

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