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Expertise
Dans les pas de Maxime Bombré, estimateur de dégâts de gibier

Face à l’augmentation des dégâts causés aux cultures, les fédérations de chasse s’appuient sur des estimateurs de terrain. Maxime Bombré, salarié agricole, a récemment rejoint leurs rangs. Cette nouvelle mission de proximité exige disponibilité, réactivité et connaissance du monde agricole.

Salarié agricole et estimateur de dégats de gibier, Maxime Bombré consacre depuis le mois août environ deux jours par semaine à l’estimation.
© L.L

Récemment devenu estimateur de dégâts de grand gibier pour les fédérations des chasseurs d’Indre-et-Loire et de Maine-et-Loire, Maxime Bombré a choisi de mettre ses compétences agricoles au service de cette activité complémentaire.

Salarié sur la ferme familiale, en Anjou, dont il envisage, à terme, d’en prendre la gestion. Pour compléter son revenu, il s’est lancé dans l’estimation des dégâts de grand gibier. « J’apprécie le contact avec les agriculteurs et la production végétale. J’ai appris par le père d’un ami que les fédérations de chasse recherchaient régulièrement des estimateurs. C’est comme cela que j’ai pris contact avec elles », raconte-t-il.

Maxime Bombré a débuté sa formation à l’automne dernier. Elle s’est déroulée à distance pendant une semaine avec un expert de la fédération nationale des chasseurs. « Cette formation permet d’apprendre les méthodes d’estimation. Nous devons être capables d’expliquer les surfaces endommagées ou détruites que nous avons évaluées », précise-t-il. Il a ensuite commencé ses premières estimations en février-mars, en tant qu’estimateur stagiaire. Durant cette période, il était accompagné par un estimateur expérimenté. La durée du stage varie en fonction de la progression et de l’autonomie de chaque nouvel estimateur. Les candidats à cette activité sont souvent des retraités du monde agricole souhaitant conserver une activité et maintenir un contact avec les agriculteurs.

Disponibilité et réactivité

Lorsqu’un agriculteur constate des dégâts, il effectue une télédéclaration des parcelles concernées (environ 10 jours avant la récolte) sur le site de la Fédération nationale des chasseurs (teledeclaration.chasseurdefrance.com). Les demandes sont ensuite centralisées et réparties entre les estimateurs par Olivier Saussereau, salarié de la Fédération des chasseurs d’Indre-et-Loire et responsable du dossier « Dégâts de grand gibier ». « En Indre-et-Loire, nous comptons 15 estimateurs, ce qui est suffisant pour couvrir le département  », indique-t-il. Une fois la déclaration reçue, l’estimateur dispose de huit jours ouvrés pour se rendre sur l’exploitation. « Être estimateur demande de la disponibilité et de la réactivité », souligne Olivier Saussereau.

L’activité est fortement saisonnière avec une majorité des déclarations qui sont effectuées à l’approche des récoltes. « Au semis et à la récolte des cultures de printemps, nous avons beaucoup de dossiers à réaliser », explique Maxime Bombré. Depuis le début du mois d’août, il consacre ainsi deux jours par semaine à l’estimation des dégâts en Indre-et-Loire. Par ailleurs, ce métier nécessite également une bonne condition physique. Un estimateur peut en effet parcourir une quinzaine de kilomètres au cours d’une journée pour examiner les parcelles.

Des mesures au plus près du terrain

Sur une parcelle de maïs du Gaec Le Frêne, dirigé par les frères Métayer à Souvigné, les dégâts sont principalement attribués aux sangliers et aux cervidés. Avant de commencer son estimation, Maxime Bombré géolocalise la parcelle. Cette étape permet, notamment, à la Fédération départementale de centraliser les secteurs touchés et de suivre l’évolution des surfaces endommagées d’une année sur l’autre.

Chargé des dégâts de gibier à la Fédération des chasseurs d’Indre-et-Loire depuis 16 ans, Olivier Saussereau observe une forte progression des dégâts aux cultures, qu’il attribue principalement à l’augmentation des populations de sangliers et des cervidés. « Quand j’ai débuté à ce poste, la fédération départementale indemnisait environ 500 000 euros par an pour les dégâts occasionnés dans le département. L’année dernière, le montant s’est élevé à 1,5 million d’euros  », rapporte-t-il. Pour faciliter le travail de l’estimateur, la présence de l’agriculteur lors de la visite est vivement recommandée. « L’idéal est que l’agriculteur soit présent avec l’estimateur. Le texte de loi indique que l’agriculteur doit montrer les dégâts à l’estimateur », rappelle-t-il.

Alors que les nouvelles technologies pourraient, à terme, faciliter les estimations, le drone ne constitue pas encore une solution pleinement opérationnelle. Pour Olivier Saussereau, les outils actuels ne permettent pas, notamment, de détecter correctement les dégâts causés par les cervidés.

Pour l’heure, l’expertise de terrain reste donc indispensable. Une mission qui combine connaissance des cultures, observation, précision et échanges avec les agriculteurs, tout en répondant à un besoin croissant des fédérations face à l’augmentation des dégâts de gibier.

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