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Des courges, en plus des céréales

  Loïc Sourdon Rochette, 33 ans, s’est installé en grandes cultures voilà cinq ans, mais souhaitait diversifier son activité. Il s’est ainsi lancé dans la production de butternuts et potimarrons.

En légumes, Loïc Rochette produit en majorité des butternuts.

De ses parents éleveurs allaitants de vaches salers à Neuillé-Pont-Pierre, Loïc Sourdon Rochette a hérité l’attrait pour le domaine agricole. A la tête d’une centaine d’hectares de cultures, il a complété son activité céréalière par des légumes de plein champ, et plus précisément la production de courges. « En attendant d’avoir l’opportunité de m’installer, j’ai été salarié agricole en travail saisonnier pour les maïs, carottes et autres légumes, notamment dans les Landes, et aussi en betteraves et pommes de terre dans l’est de la France », raconte le jeune agriculteur. Il s’installe finalement en 2017 à Neuillé-Pont-Pierre, au début comme double-actif en travaillant à Panam France, station de recherche en maïs semences. En projet de diversification en légumes de plein champ, il s’intéresse aux butternuts. « J’en ai semé 700 m2 au départ, au milieu du maïs », précise-t-il. Sont produits aussi du potimarron, de la courge spaghetti et un peu de pâtisson, mais dans une moindre mesure parce que moins demandés. Aujourd’hui, Loïc cultive des courges et des courgettes sur une surface de 7 000 m2, dans de bonnes terres argilo-limoneuses. Les courges ne nécessitent pas forcément d’irrigation, ne sont pas à la merci d’insectes ravageurs ou de maladie particulière. « Je fais plusieurs faux-semis pour faire lever les adventices, puis je sème tout après les dernières gelées : une graine tous les mètres, avec un espacement d’1,50 mètre entre les rangs, décrit le jeune agriculteur. J’utilise un semoir monograine que j’ai adapté. Je n’applique aucun produit phytosanitaire et désherbe à la main. » En cas de printemps sec, il apporte de l’eau sur le rang à l’aide d’une tonne, pour faciliter la levée.

Une année très productive

Le potimarron se ramasse fin août-début septembre, la butternut fin octobre-début novembre, à la période des semis de blé. La récolte a été très importante en volume cette année, 7 tonnes environ. L’année précédente avait été catastrophique en revanche ; avec l’excès d’eau, les légumes s’abîmaient. Les courges les plus petites, qui ne se vendent pas, sont triées. Les cucurbitacées sont ensuite entreposées dans un hangar ventilé. Cette année, 30 % de la récolte se sont détériorés et ont été ainsi perdus pendant la phase de stockage. « Je stocke les courges sans les avoir lavées, cela m’évite de laver pour rien celles qui ne seront finalement pas vendues. Je le fais au fur et à mesure. » Pour limiter le gaspillage, l’agriculteur fait transformer une partie des légumes abîmés en soupe et en purée par une conserverie à Loudun. « Je fais faire 500 bocaux par saison. Ça revient à valoriser 200 kg de courges, à peu près », évalue le jeune homme. Pour commercialiser ses cucurbitacées, principalement en décembre et janvier, les points de vente des producteurs alentour ont constitué son premier débouché. Loïc vend également à Super U Neuillé-Pont-Pierre et a développé son réseau de revendeurs cette année, avec entre autres L’arrivage, Les Halles de Lange (Chanceaux) et plusieurs épiceries. Il fournit aussi le collège Ronsard de Tours et celui de Neuillé-Pont-Pierre. « La restauration collective me permet d’écouler les courges trop grosses ou un peu abîmées. J’aimerais développer ce débouché à l’avenir », projette-t-il. Poussé par son goût d’entreprendre, Loïc s’est aussi lancé dans la vente de mélanges de grains aux professionnels et particuliers, dédiés à l’alimentation des chevaux, poules ou moutons et autres animaux de la ferme. Il a dû s’équiper d’une machine pour ensacher, aplatir, une balance… Une activité qui demande du temps de préparation, en plus des livraisons. « L’hiver, je consacre en moyenne une journée de travail pour les courges (lavage, calibrage, tri, livraison) et un ou deux jours pour le grain », estime le jeune homme. En tout cas, l’objectif de diversification est bel et bien atteint.

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