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Des fosses pédologiques pour décrypter le sol

Rien de mieux pour comprendre l’état de fonctionnement de son sol que l’analyse d’une fosse pédologique. Retour sur l’ouverture par la chambre d’agriculture de quatre fosses dans des parcelles viticoles de Montlouis.

La chambre d’agriculture 37 a procédé le 17 mai à l’ouverture de fosses pédologiques en AOC montlouis, pour les analyser en compagnie d’Adeline Mallet, chef du service viticole de la CA 37, et de Sam Schrock, cartographe de terroir viticole à l’IFV. Ont été étudiés la flore bioindicatrice, la nature des horizons, la couleur, l’état calcique, la capacité de rétention d’eau, l’implantation des racines de la vigne et de l’éventuel couvert... Sachant que la vie du sol est conditionnée par la présence d’eau, d’air, de micro-organismes et de matières organiques. Des sols sableux, mais argileux en profonDeur Quatre fosses ont été creusées, dans des parcelles du domaine de Frédéric Moreau et du domaine de la Croix Mélier, à Montlouis. La première était située dans une prairie allant bientôt accueillir une plantation de chenin. Sur cette zone, l’étude terroir indique que le sol est composé notamment de sable et de silex sur argile, avec une pierrosité de surface de 25 à 50 % et une profondeur de sol d’environ 120 cm. Au niveau de la flore, ont été répertoriés du coquelicot, du géranium rond, du rumex. « On peut en conclure que ce sol présente une rétention moyenne, avec un contraste hydrique, qu’il se réchauffe bien et ne craint pas le sec », considère Candice, stagiaire à la CA 37. « Nous sommes dans des sables limoneux, donc sensibles au lessivage, à la battance s’il y a beaucoup de limon en surface, et au tassement en fonction de la quantité d’argile », déduit Adeline Mallet. « Le sol est ici composé d’alluvions anciennes de la Loire et de sables éoliens, avec une lisière d’argile à silex, indique Sam Schrock. Il y a moins de 10 % d’argile en surface. » La réserve utile en eau est assez faible sur l’horizon 0-90 cm. « Les premières années peuvent être compliquées pour une nouvelle vigne. Mais ensuite, les racines peuvent trouver de l’eau sans contrainte », estime l’expert.

Un entretien calcique parfois nécessaire

La mesure de l’état calcique avec de l’acide chlorhydrique a montré des sols basiques (pH de 7) n’ayant pas besoin d’entretien calcique. D’autres sols se sont révélés plus acides (pH bas), et nécessitent l’apport de carbonate de calcium pour pallier l’acidification du sol et la fuite des éléments minéraux retenus sur le complexe argilo humique. Cet apport améliore aussi la stabilité structurale en liant les argiles et l’humus. Des tests-bêches sont venus compléter l’analyse des fosses. Là où le sol est très meuble, sableux, « le couvert est important pour retenir les éléments nutritifs et l’humidité », souligne Adeline Mallet. L’analyse d’une autre fosse, dans une parcelle de vigne planté il y a 70 ans, est assez similaire. Les racines des vignes descendent profondément dans le sol. Dans l’inter-rang, le test-bêche révèle un milieu très ouvert. « Ici j’implante ou couvert de seigleavoine-féverole, et phacélie ou lin en auxiliaire, ou moutarde-radis », précise Frédéric Moreau. Près d’une autre fosse, le testbêche réalisé au niveau du passage de roues des engins a révélé un fonctionnement horizontal du sol. « Dans un tel cas, il faudrait ameublir le sol mécaniquement et implanter un couvert avec un mélange de graminées, légumineuses et crucifères », préconise Adeline Mallet. Une flore bioindicatrice variée a été répertoriée sur les parcelles : la véronique de Perse (terrain riche en nitrates), la petite oseille (déstructuration, manque de calcium), le liseron (excès d’azote)... L’objectif de ces ouvertures de fosses étaient d’apporter des éléments aux vignerons pour réaliser des diagnostics de sol avant plantation (choix du porte-greffe, opération mécanique avant de planter…), ou dans une vigne en production (entretien du sol et surtout amélioration de sa fertilité pour nourrir la vigne). Dans les fosses analysées à Montlouis, les porte-greffes Gravesac et SO4 paraissent par exemple être les plus indiqués par rapport aux caractéristiques des sols.

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