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Elections chambre d'agriculture
Eleveur et vigneron dans le Véron

Cyril Delalande, agriculteur dans le Véron, explique les raisons de l’évolution de son exploitation et ses motivations d’engagement à la chambre d’agriculture.

De plus en plus vigneron, de moins en moins éleveur, Cyril Delalande s’apprête à faire une croix sur son troupeau. La suppression de l’ICHN et la fi n du programme MAE ont sonné le glas de la production bovine qui procurait une partie de son revenu et maintenait par la fauche et le pâturage la biodiversité de la basse vallée de l’Indre. Sans le classement en zone défavorisée, l’atelier allaitant producteurs de broutards perd son intérêt économique, malgré un débouché vente directe de bêtes engraissées sur place. Et puis, il reconnaît avoir mal vécu les violentes critiques contre les éleveurs qui ont perdu des bêtes durant la crue de juin 2016. « Nous avons subi des reproches infondés, un déferlement de commentaires violents. » Il reste treize limousines à la Massonnière, les dernières partiront en 2020 à la fin de son bail. Cyril, qui espère que les prairies naturelles pourront être mises en valeur par d’autres éleveurs, concentre désormais son énergie sur le développement de son vignoble. Installé en 2006 à Huismes (appellation chinon), il a pris la suite de son père Frédéric sur une ferme de 240 ha, intégrant 80 ha d’herbe et 23 ha de vignes. Deux salariés y sont employés. Un vignoble très morcelé, ça n’a pas que des inconvénients. Qu’il gèle ou qu’il grêle, le vigneron n’a pas tous ses œufs dans le même panier. Malgré tout, il a fallu absorber les chocs climatiques. En 2016, un tiers de ses vignes a gelé et 40 % l’année suivante. Aussi, quand des projets de lutte collective ont vu le jour, Cyril s’y est engagé ; une tour antigel à Cravant et une couverture par aspersion dans le Véron vont contribuer à réduire son risque aléas climatiques. Le « collectif » s’illustre aussi dans son engagement coopératif : « l’exploitation est 100 % Copac pour les céréales et les appros et nous livrons 40 % de notre vin à la Sicavira, la cave des vins de Rabelais. »

Pour une chambre au service de tous

Bientôt libéré de l’élevage, Cyril consacrera davantage de temps à la vigne et au vin. « C’est un métier passionnant où l’on est acteur, de la vigne à la vente des bouteilles. » Chez lui, la conduite de la vigne évolue. Le désherbage chimique est appelé à disparaître. Via la Sicavira, son vignoble est engagé dans la démarche raisonnée AgriConfi ance, intégrant des actions environnementales. Commercialement, un tiers du vin trouve preneur en grandes surfaces, un dixième en CHR et le solde est commercialisé en vente directe. Le domaine est déjà présent sur plusieurs salons dans de grandes métropoles régionales. Cyril souhaite poursuivre son action à la chambre d’agriculture après avoir accompli un premier mandat. « J’apprécie le travail de la chambre d’agriculture au service de tous. Avec l’ensemble de ses collèges, la chambre d’agriculture est représentative de toute une profession. C’est une interface nécessaire entre l’agriculteur et l’Etat. Elle joue un rôle politique au sens noble du terme mais effectue aussi des missions de terrain. Après la disparition des crédits européens, la chambre a su se redresser et professionnaliser ses services. En tant qu’agriculteur, la chambre m’apporte beaucoup via le service mesp@rcelles et mon adhésion au GDVV. Son expertise est reconnue au-delà de la Touraine, à l’image du dossier lutte contre le dépérissement de la vigne dont elle assure le pilotage national. L’image de la viticulture a pris du volume au sein de la chambre d’agriculture qui contribue à son développement. La viticulture tourangelle a un gros potentiel et nous sommes là pour contribuer à le faire croître. »

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