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Justine Chauveau : déjà des projets en perspective

Malgré un parcours à l’installation énergivore, Justine Chauveau conserve un optimisme débordant. La jeune femme mettra presque 3 années à concrétiser son arrivée dans l’EARL familiale. Une durée nécessaire afin de ne rien négliger et d’assurer la pérennité de l’exploitation.

Justine Chauveau, à gauche, en plein parcours à l’installation et sa soeur Auréline, qui suit également un cursus agricole.

Justine Chauveau est actuellement en pleine paperasserie administrative pour achever son installation. A 24 ans, la fille d’éleveurs caprins a suivi un BAC Pro CGEA *puis un BTS Acse**. Son apprentissage, elle le réalise au sein d’une ferme caprine dotée d’un atelier de transformation. Puis, afin de mettre toutes les chances de son côté pour parvenir à ses fi ns, elle passe un certificat de spécialisation caprin, avec l’option transformation fromagère. Aujourd’hui elle cumule deux mi-temps dans deux fermes distinctes, toutes deux productrices de fromages de chèvres. « Cela me permet d’observer les forces et faiblesses de différents systèmes de production », analyse la jeune femme.

Actuellement, la totalité du lait produit sur la ferme familiale de Rilly-sur-Vienne est commercialisé à Agrial pour une transformation en AOP Sainte-Maure-de- Touraine. « Quand je serai officiellement installée, nous viserons une transformation de 1 000 l de lait par semaine. Puis nous tenterons de faire évoluer ces volumes en allant chercher de nouveaux clients », précise Justine. L’étude de marché qu’elle a réalisée en cette fin d’année 2021 est encourageante : « J’ai conçu un questionnaire sur les attentes potentielles des locaux. Je l’ai diffusé largement sur les réseaux sociaux et j’ai eu environ 200 réponses, prometteuses. La tendance est réelle, les citoyens désirent des produits locaux avec un minimum d’intermédiaires », se réjouit-elle.

 

D’INTERMINABLES DÉMARCHES

« Le parcours à l’installation est long et fastidieux, précise la jeune fille. J’ai entamé les premières démarches en mars 2021 et la date définitive de mon installation est prévue pour janvier 2024. Je remercie d’ailleurs mon centre de gestion, sans qui les démarches auraient été encore plus chronophages. J’ai aussi la chance de m’associer à l’exploitation de mes parents, les banques sont ainsi moins frileuses. » Une des difficultés que rencontre la jeune femme est la rédaction du prévisionnel. Subissant de plein fouet les variations incessantes des prix des matériaux, les constructeurs de bâtiments et les équipementiers proposent des devis valables guère plus longtemps qu’un mois. « Difficile donc de se projeter avec des durées de propositions commerciales si limitées », explique-t-elle.

Son projet d’installation prévoit la construction d’une nouvelle chèvrerie de 400 places. Une nouvelle salle de traite (34 places) ainsi qu’un laboratoire de transformation et un magasin à la ferme sont également au programme. « Mes parents avaient 170 chèvres. Nous achetons des chevrettes actuellement afin que le bâtiment soit plein dès qu’il sera opérationnel. Avec un montant d’investissement, pour ce seul bâtiment, de plus de 200 000 euros, il m’est difficile de l’imaginer vide », plaisante-t-elle. La famille a d’ailleurs prévu d’avoir recours à l’autoconstruction pour la réalisation d’une partie de la chèvrerie (terrassement, maçonnerie, bardage.)

 

UN ENTHOUSIASME SANS FAILLE

Et la vie privée dans tout ça ? « Je m’en sors bien, j’arrive à sortir le soir malgré l’énergie qu’un parcours à l’installation demande », explique la jeune éleveuse, sourire aux lèvres. D’autant qu’elle s’investit dans les JA locaux depuis plusieurs années maintenant. « J’ai commencé à m’intéresser au syndicalisme lors de l’organisation de la fête de l’agriculture en 2016 », précise- t-elle. Dorénavant elle est membre du conseil d’administration départemental. Enfin elle conclut : « Je serai la 4génération à m’installer sur cette ferme, ma famille et mes amis m’encouragent dans ce projet. » D’autant qu’Auréline, la dernière de la fratrie, suit actuellement le même bac pro que sa soeur Justine. « Je souhaite m’installer également dans quelques années », confie-t-elle. Le projet d’installation de l’aînée tient compte, évidemment, de l’avenir professionnel de la benjamine.

* CGEA : conduite et gestion d’une exploitation agricole.

** Acse : analyse, conduite et stratégie de l’entreprise agricole

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