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La prestation de services en agriculture a le vent en poupe

Matériels spécifiques et envolée de leurs tarifs, réglementation phyto sans cesse en évolution, expérimentations agronomiques… Les raisons qui participent à l’accroissement de l’activité des entrepreneurs de travaux agricoles sont nombreuses. Un salon leur était entièrement dédié récemment à Tours. 

Forts de 22 000 entreprises recensées sur le territoire national, les ETARF* tenaient leur salon bisannuel du 12 au 14 décembre, au parc des expositions de Tours. Leur répartition à travers l’Hexagone est très disparate d’une région à l’autre. Les bassins de polyculture élevage, comme les régions Bretagne, Pays de la Loire et Normandie recensent un nombre important de prestataires de service. « En effet, les exploitants de ces régions sont avant tout des éleveurs, précise Constance Renault, responsable communication de la FNEDT**. Ils focalisent donc leur activité sur cet atelier et ont bien souvent recours à la prestation de services pour la production céréalière. » L’autre secteur où les entrepreneurs de travaux agricoles sont très représentés concerne les productions spécialisées de plein champ, comme les légumes ou les betteraves. Le nombre d’entrepreneurs agricoles en région Hauts-de-France est là aussi important. 

DES MATÉRIELS COMPLEXES 

Autre évolution, les spécificités des matériels. « Les besoins en formation des chauffeurs ne font que croître, tant les machines ne cessent d’évoluer », précise Constance Renault. Bien souvent, les agriculteurs ne souhaitent pas suivre ces formations et font appel aux entrepreneurs. Aujourd’hui, 60 % des exploitations agricoles françaises, toutes productions confondues, ont recours à la prestation. Les degrés de recours aux prestataires sont bien évidemment très hétérogènes. Certains agriculteurs n’y font appel que pour la récolte, quand d’autres délèguent la totalité des travaux durant la campagne. La réglementation relative à l’emploi des produits phytosanitaires participe, elle aussi, au développement des activités de prestations de service en agriculture. Beaucoup d’ETA se sont spécialisées dans l’épandage de ces produits. « La réglementation évolue très vite, insiste la responsable. A ce risque réglementaire, s’ajoute le risque physique. » Afin de limiter ces risques, de plus en plus d’agriculteurs délèguent la totalité de la protection phytosanitaire de leur ferme à des prestataires externes. Les prix actuels des matériels participent également au développement de l’activité des ETARF. De plus en plus d’agriculteurs sollicitent des prestataires de services car ils ne souhaitent pas investir directement dans la machine dont ils ont besoin. Aussi, certains agriculteurs ont recours aux ETA pour réaliser des sortes de tests agronomiques. « Face à l’évolution de leurs pratiques, les paysans tâtonnent, précise Constance Renault. Ils passent par de la prestation de services pour du désherbage mécanique par exemple, ou pour la récolte de nouvelles cultures comme le quinoa. » 

VERS UNE TERTIARISATION DU MÉTIER ? 

Lors du salon, un nombre important d’exposants proposaient des outils digitaux. Différents logiciels, entièrement dédiés à  ’activité des ETARF, ont le vent en poupe. Ils facilitent l’organisation des chantiers (gestion des plannings humain et matériels), améliorent la maintenance du matériel ou encore automatisent la facturation auprès des clients. « Les métiers des ETARF se structurent, se réjouit-elle. D’ailleurs, de plus en plus d’entrepreneurs se forment au management. Fidéliser des chauffeurs compétents est devenu l’une des priorités pour les professionnels du secteur. » Aussi, la prestation de services dans le domaine viticole ne cesse de se développer. L’augmentation de la surface des domaines y est pour beaucoup. Tout comme la spécificité des matériels qui sont désormais bourrés de nouvelles technologies. Ou encore les nombreuses interventions phytosanitaires nécessaires au développement végétatif de la vigne. Mais les ETARF rencontrent aussi des difficultés. La pénurie de main-d’œuvre est une réalité dans la profession. « Raison pour laquelle nous tentons de participer à un maximum de salons à destination des étudiants, appuie la responsable de la communication. Nous devons présenter nos métiers au plus grand nombre. » Autre sujet de préoccupation, le prix du GNR. « Même s’il est à la baisse aujourd’hui, le carburant représente environ 15 % des charges d’une ETA », conclut Constance Renault.

*ETARF : entrepreneurs de travaux agricoles, ruraux et forestiers. **FNEDT : fédération nationale des entrepreneurs des territoires.

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