« Les particularités des zones intermédiaires doivent être prises en compte »
Patrick Vernon, président de la commission grandes cultures de la FNSEA CVL, demande que des moyens soient déployés en zones intermédiaires pour aider les céréaliers à faire face aux difficultés qu’ils y rencontrent.

Certes, Patrick Vernon se réjouit que les difficultés que traversent les producteurs de bovins allaitants soient reconnues par le gouvernement qui vient de débloquer une enveloppe de 60 millions d’euros pour leur venir en aide. Mais l’agriculteur de Santenay (41) apprécierait que celles des céréaliers en zones intermédiaires fassent l’objet, elles aussi, d’un traitement particulier.
Car les terres hydromorphes qui couvrent une bonne partie du Centre-Val de Loire subissent de plein fouet les effets du réchauffement climatique. Excès d’eau, sécheresse estivale, absence de rigueur hivernale… pas une année sans qu’un épisode météo ne vienne contrarier la rentabilité d’une ou plusieurs cultures. « Dans nos zones, les niveaux de production sont inférieurs à ceux des grandes zones céréalières », tient à rappeler le responsable syndical. La qualité de ces terres représente un véritable frein à la diversification, voire au maintien de certaines cultures dans l’assolement. En sortie d’hiver, elles ont du mal à se ressuyer et à se réchauffer suffisamment tôt, « les cultures en place ont plus de mal à récupérer ». Trop sèches, elles sont impraticables pour semer en fin d’été, voire début d’automne.
UN SOUTIEN RÉGIONAL INDISPENSABLE
Plus globalement, « avec l’augmentation continue des charges, des contraintes et une récolte 2020 catastrophique, la réalité est que près de 60 % des producteurs de grandes cultures ont un revenu annuel inférieur à un Smic », souligne Patrick Vernon. Depuis huit ans, les revenus des céréaliers sont en berne, estime pour sa part l’AGPB.
« Il nous faut des moyens pour nous aider à passer le cap de la transition que l’on vit actuellement. Pour investir dans des dispositifs d’irrigation économes, dans des retenues, pour cultiver de nouvelles espèces et donc allonger nos rotations… », considère Patrick Vernon. Moyens qu’il avait escompté obtenir via une enveloppe dédiée aux zones intermédiaires au sein du plan de relance. Espoir douché, puisqu’aucun crédit n’a été fléché à cet effet.
« Notre seule façon d’y arriver est-il de s’agrandir ? », interroge le producteur, soulignant au passage que dans certaines zones la déprise se fait déjà sentir. « Une partie de l’espace agricole part du secteur, pour les loisirs, le photovoltaïque au sol… ».
Pour lui, « il ne faut pas raisonner filière par filière. Si on veut demain atteindre la souveraineté alimentaire, il faut que les mesures d’accompagnement prises les concernent tous, sans distinction. » Il attend des prochaines annonces sur la Pac ou du plan stratégique national une prise en compte de la réalité des situations des différentes filières et territoires. « Est-ce que la Région est prête à nous soutenir ? », s’enquiert le responsable syndical.