Elections chambre d'agriculture
« On n’est jamais aussi fort qu’en groupe »
Eleveur de charolaises, Richard Courtigné a à coeur de voir les exploitants solidaires, pour défendre les différentes productions et préserver l’équilibre du monde agricole.

De grands-parents et parents agriculteurs dans le nord-ouest de la Touraine, la passion a conduit Richard Courtigné à poursuivre l’activité familiale d’élevage bovin… mais pas tout de suite. Pendant ses études à Fondettes, un BTA et un BTS productions animales dont c’était la première promotion, il devient, entre autres expériences, technicien bovin viande à la coopérative agricole départementale de la Sarthe (CADS, ex Agrial). « Je l’ai fait pendant 5 ans. C’était passionnant d’aller d’élevage en élevage, j’en suivais 250 en tout ». Reprendre l’exploitation familiale reste dans un coin de sa tête, et se concrétise finalement en novembre 1993, avec 40 vaches allaitantes au départ.
Naisseur-engraisseur de charolaises, il assure aussi la fonction de président du GDS depuis deux ans, conscient des enjeux de l’aspect sanitaire en élevage. « C’est fondamental que les professionnels de toute production gardent la main sur l’aspect sanitaire, pour qu’on ne leur impose pas des règles impossibles. Déjà que les normes sanitaires sont draconiennes… Une bonne gestion sanitaire, c’est un levier de rentabilité pour les éleveurs, c’est un sujet vaste et passionnant ».
L’éleveur s’est toujours impliqué dans la défense des exploitations. Il est aujourd’hui concerné par la problématique de la sortie des zones défavorisées, et est monté au créneau au nom de tous les éleveurs. « Sur ce dossier, il y a un jusqu’auboutisme excessif sans aucune mesure des conséquences. Mais on n’est jamais aussi forts qu’en groupe, quand tout le monde est solidaire, même ceux qui ne sont pas touchés par le problème ». Richard est inquiet de la situation dans laquelle se retrouve la moitié des éleveurs du département, même s’il se fait un devoir de rester optimiste. « On ne connaît pas les futures compensations, en attendant il faut travailler avec la politique de la métropole qui encourage la consommation locale. Mais cela ne peut concerner que quelques animaux, il ne faut pas que ce soit l’arbre qui cache la forêt… », fait-il remarquer. Sur tous les points, la solidarité est pour lui une des clés pour défendre l’agriculture. « Il ne faut pas opposer par exemple les systèmes bio et non bio. Les uns ont besoin des autres, tout fonctionne ensemble, c’est un équilibre ».
S’il est élu à la chambre d’agriculture, Richard Courtigné souhaite participer à la recherche de plus-values directes pour le producteur et arriver à une politique plus axée polyculture élevage, pour n’oublier personne.