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Réduction des IFT : un travail collectif

Des solutions phytosanitaires qui disparaissent, l’efficacité de la chimie souvent remise en cause, une ressource en eau à protéger… les motivations qui poussent à changer les pratiques des agriculteurs sont nombreuses. Plusieurs acteurs du sud Touraine se sont réunis pour travailler ensemble sur le sujet.

Dans le cadre des contrats territoriaux et dans le but d’améliorer la qualité des cours d’eau et des captages d’eau potable, trois organismes distincts travaillent conjointement pour limiter l’utilisation des produits phytosanitaires. Coordonné entre la communauté de communes Loches sud Touraine, la chambre d’agriculture et la FRCuma, ce projet est financé par la Région, le Conseil départemental et l’Agence de l’eau Loire-Bretagne. Les bassins versants visés par cette expérience locale sont ceux de la Manse et de l’Esves.

AMENER UNE RÉFLEXION SUR LES OUTILS DE DEMAIN

Afin de transformer les paroles en actes, une démonstration de binage dans les tournesols s’est déroulée chez Julien Capandu, céréalier à Sepmes. Dans un sol argilo-calcaire, la parcelle a subi un déchaumage post-moisson l’été dernier, avant le passage d’un outil à dents. Le sol est resté nu durant l’hiver, puis la herse rotative a été passée en février. Après un glyphosate à 1,5 litre/ ha, le semis a eu lieu le 12 avril, à 75 pieds au m². Un passage d’herse étrille à l’aveugle est survenu trois jours après, au stade filament des adventices. Puis des essais à la roto-étrille et à la houe rotative ont été réalisés. L’urée a été épandue tardivement, afin de ne pas fertiliser les mauvaises herbes. Seul le tour de la parcelle a été désherbée chimiquement post-semis. Malheureusement lors de l’essai, des renouées et des liserons étaient à un stade trop développé, limitant l’efficacité du binage. « L’idéal aurait été d’intervenir quinze jours plus tôt », regrette Philippe Huguet, conseiller en agronomie à la chambre d’agriculture. Cependant, la quarantaine d’agriculteurs présents a pu, une fois encore, s’approprier un peu plus ce type d’outil parfois controversé. Guillaume Guerineau est animateur eau et environnement à la communauté de communes Loches Sud Touraine. « Nous savons bien que ce ne sont pas des outils miracles, et qu’ils ne sont pas adaptés à tous les types de sol et à toutes les années. En revanche, le désherbage mécanique est l’un des leviers agronomiques qui permet de réduire les IFT herbicide », reconnaît-il. Phillipe Huguet enchérit : « le nombre de matières actives, notamment herbicides, ne cesse de diminuer. Il y a peu, voire pas de nouvelles molécules en vue et plusieurs produits sont aujourd’hui sur la sellette. A cette problématique, s’ajoute la concentration des produits phytos dans nos eaux, de surface comme souterraine. » Le conseiller et sa collègue Corinne Guillo, chargée de mission sur l’eau à la chambre d’agriculture, ont pour mission d’aider les exploitants dans leur changement de pratiques. « Dans la mesure du possible, nous souhaitons accompagner les agriculteurs dans la mise en place d’un nouveau système ou tout du moins dans la réduction d’usage de produits », précise la chargée de mission.

PAS DE SOLUTION RÉVOLUTIONNAIRE

La bineuse de marque Carré est équipée d’une caméra. Néanmoins, cet équipement a ses limites. En présence d’ombre, de vent ou encore de poussière, son efficacité est relative. Equipée de doigts kress, elle a cependant une certaine efficacité sur le rang, sans endommager un nombre important de pieds de tournesol. Autre problématique, le coût à l’hectare. Difficile d’assurer une rentabilité quand l’efficacité d’un tel passage est mitigée et que la vitesse d’avancement optimale se limite à 6 km/h. Une fois encore, c’est bien la combinaison d’actions qui limite le salissement des parcelles. Concernant le tournesol, la chambre d’agriculture conseille d’utiliser des variétés précoces, éventuellement non enrobées, pour ne pas handicaper la vigueur de levée. Si le positionnement est optimal, deux binages apportent également une efficacité supplémentaire sur le salissement de la parcelle, mais aussi sur le développement de la plante. De plus, le désherbage mécanique, par définition, est efficace sur les adventices résistantes, de plus en plus problématiques. Elodie Bertrand, chargée de mission en agroécologie à la FRCuma, a rappelé l’intérêt de mutualiser les investissements en matériels, notamment en désherbage mécanique. « Un outil n’est pas adapté à tous les types de sol et à toutes les années. Disposer de plusieurs solutions en désherbage mécanique est nécessaire. Et pour limiter les investissements, le système coopératif des Cuma a toute sa place afin de disposer du bon outil au bon moment, à un coût moindre », a-telle insisté.

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