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Rustine redynamise les villages ruraux avec son bistrot itinérant

Depuis des décennies, alors que les commerces de proximité ne cessent de baisser le rideau dans les villages ruraux, des pizzaiolos les arpentent avec leur camion pour proposer leurs produits à la population. Une jeune femme s’est inspirée de ce principe et a créé Rustine, un bistrot itinérant en plein cœur de la Touraine

Alors qu’elle est animatrice auprès des jeunes pour la communauté de communes Touraine Vallée de l’Indre, Maëva Gros découvre en formation l’existence d’un accueil jeunes en caravane pour se rendre dans certains villages ruraux du Loiret-Cher. « C’était l’occasion d’aller auprès des jeunes facilement », se remémore-t-elle. Conquise par le concept et persuadée qu’un bistrot éphémère a sa place dans une contrée rurale, elle saute le pas et achète une caravane en 2022. Avec l’aide de sa famille et en poursuivant ses petits boulots alimentaires, Maëva Gros mettra un an et demi à concrétiser son projet, dont quatre mois à aménager sa caravane. « Je voulais créer un endroit cosy où je me sente bien et d’où les gens ne veulent pas partir, explique-t-elle. Créer du lien entre les humains est une de mes priorités. »

UNE ACTIVITÉ SAISONNIÈRE

Afin de limiter l’impact écologique de son activité et pour des raisons économiques, elle investit avant tout dans du matériel d’occasion. Elle pratique aussi beaucoup la récupération de matériaux. « Cela permet de limiter drastiquement les coûts », poursuit celle qui voulait également profiter de cette expérience pour acquérir des notions de bricolage. Soucieuse de « combler le trou » laissé dans les villages du fait de la fermeture des derniers commerces, Maëva Gros débute son activité le 22 juin dernier. Activité à forte variation saisonnière, elle souhaite exercer de mars à octobre. « Les jours et surtout les horaires seront à affiner à l’issue de cette première année d’exercice », précise-t-elle. Durant les longs mois d’hiver, Maëva Gros souhaite participer à des évènements plus ponctuels comme des marchés de Noël ou des manifestations privées.

UN SUPERBE ACCUEIL

Afin de conserver son confort de vie, la jeune entrepreneuse a choisi trois villages « limitrophes ou presque du mien », sourit-elle. Habitante de St-Epain, elle se rend à Neuil le mardi, Trogues le jeudi et Maillé le vendredi. Pour ces trois villages, les horaires d’ouverture sont actuellement de 16 à 22 h. « En plein mois de juillet, il y a peu de monde dès 16 h. En revanche, c’est l’heure à laquelle les enfants quittent l’école en période scolaire. » Le samedi, elle se rend à Crissay-sur-Manse, de 12 à 18 h. Auto-entrepreneuse, Maëva Gros se félicite de l’accueil qui lui est réservé par les élus locaux. « Dans ces petits villages ruraux, cela peut être compliqué d’avoir un commerce ouvert tous les jours. En revanche, une activité ponctuelle, quelques heures par semaine, est une solution intéressante pour les élus des collectivités locales. Les associations aussi jouent le jeu. A l’aide de leur réseau d’adhérents, elles parlent de mon activité et les gens font le déplacement », se réjouit Maëva Gros.

UNE CLIENTÈLE CHOYÉE

Très vigilante sur la provenance de ce qu’elle propose, elle se fournit presque exclusivement auprès de producteurs locaux. Une grande majorité de ses produits sont issus de l’agriculture biologique. Sa carte est ainsi composée uniquement de boissons, chaudes comme froides. Il est donc possible de venir déguster un café, une tisane, un thé glacé ou encore une bière fraiche. Récemment, elle a investi dans du mobilier extérieur, pliant. « L’objectif est d’amener du confort à la clientèle, pour qu’elle ait envie de rester, détaille l’intéressée. Cela varie fortement en fonction des villages et des jours, mais j’estime recevoir entre 30 et 70 clients par jour », expose-t-elle. Et la prochaine étape ? Soit proposer une petite restauration simple, soit travailler en relation avec un food truck pour offrir une alimentation digne de ce nom. « Je ne peux pas tout faire, mais la demande est réelle », conclut-elle.

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