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Echos des plaines
Suite aux aléas, des cultures "sur le fil"

Avec le gel et le stress hydrique du début de printemps, les cultures d’hiver ont été mises à l’épreuve. Etat des lieux dans les plaines du département, avec les échos de deux conseillers en agronomie de la chambre d’agriculture.

Le gel a impacté les orges qui étaient à des stades très avancés, « on ne rattrapera pas les talles mortes », comme le note Franck Paineau.

De façon générale en Indre-et-Loire, les récoltes d’orges et de pois d’hiver seront amputées suite au gel et à la sécheresse du début de printemps. A suivre pour le reste des cultures, « sur le fil », avec une hétérogénéité liée au type de sol, à sa réserve en eau et à la pluviométrie.

 

BLÉ ET COLZA : TOUT RESTE POSSIBLE

Christophe Bersonnet, conseiller à la chambre d’agriculture pour le nord Touraine, fait le point. « On a eu des craintes sur le colza, qui a été cueilli par le gel lors de la floraison. Puis est arrivée la période de sécheresse. On a fait un comptage de siliques tout dernièrement lors des tours de plaine pour se rassurer… Le rendement potentiel est atteignable à partir de 6 000 siliques/m2 et on y est tout juste à chaque fois. Il paraît donc encore possible d’atteindre les 30 quintaux de rendement sur le nord du département, et ce, grâce à la réserve en eau et aux quelques pluies localisées fin avril début mai.

 

En blé, la pluie est arrivée tard, mais si elle continue régulièrement, c’est jouable d’être dans la moyenne quinquennale de 65 q/ ha, avec un scénario entre 2011 et 2015. Pour rappel, en 2011, on avait eu une grosse sécheresse avec le retour de la pluie en juin, et on avait récolté 55 q/ha en moyenne. En 2015, l’eau était tombée en mai pile au bon moment et on avait récolté 75 q/ha. Il faudra attendre encore une semaine environ pour y voir un peu plus clair sans relâcher l’attention sur l’état sanitaire.

 

Là où il y a des dégâts par contre, c’est sur l’orge et le pois d’hiver. A cause du gel, il manque des morceaux d’épis sur la céréale et les symptômes de bactériose sur pois sont fréquents. Les situations sont très contrastées, de presque 100 % à quelques zones dans les couloirs gélifs.

 

En fait en nord Loire, tout est sur le fil pour l’instant : gel, stress hydrique, températures limites lors de la méiose, probable retour des maladies avec les pluies… Ça confirme que, face à l’imprévu climatique, l’ancien adage de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier est toujours d’actualité ! Conjuguer différentes espèces et précocités pour esquiver reste une stratégie de résilience ! »

 

SITUATION COMPLIQUÉE EN SOLS SÉCHANTS

Du côté du Lochois et de la Champeigne, Franck Paineau, conseiller à la chambre d’agriculture pour le secteur, pointe notamment la situation des cultures en sols très superficiels.

 

« Le gel a impacté les orges de printemps qui étaient à des stades très avancés.

 

En colza, la variété Feliciano KWS a aussi été assez impactée au niveau du nombre de siliques par la combinaison gel puis temps sec, dans les zones froides.

 

Les blés et orges en sols très superficiels, sableux, ont clairement souffert de la sécheresse. Pour eux, la pluie est arrivée 15 jours trop tard. On n’est plus inquiets sur le nombre de grains par épi, mais on ne rattrapera pas les talles mortes. On va s’approcher du scénario de 2011, avec parfois moins de 250 épis/m2 en sols séchants… Suite au gel, les maîtres brins sont intacts, ce qui n’est pas le cas des talles secondaires, alors qu’on pensait le contraire lors du diagnostic juste après l’épisode de gel. L’impact du froid à la méiose des orges devra être évalué par un contrôle de la fécondation des épis dans les fonds de vallée notamment.

 

Dans les sols moyens à profonds, on s’en sort, mais il n’aurait pas fallu que la pluie arrive plus tard ! Les rendements de blé seront sûrement encore très hétérogènes, de 30 à 80 q selon les réserves en eau des sols, les enracinements et la pluviométrie. En tout cas, avec les conditions actuelles, il va falloir être très vigilant quant à la fusariose sur les blés, et arriver à passer entre le vent et les gouttes.

 

En pois, la bactériose apparaît de plus en plus, à cause des températures fraîches, en-dessous des normales saisonnières.

 

On voit des compensations en colza et en pois, en fonction de la réserve en eau des sols et grâce aux pluies actuelles, à condition qu’il y ait eu un bon enracinement. »

 

Puisqu’il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, il reste à attendre de voir l’évolution de la situation, tout en assurant aux cultures les meilleures conditions possibles.

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