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Touraine-Amboise : les vignerons confiants

 Les températures de la semaine dernière ont entraîné une accélération importante de la maturité des raisins. Certains cépages sont désormais dans les chais. Retour sur l’échange technique des vignerons qui s’est déroulé le 6 septembre.

Malgré un soleil de plomb, de nombreux vignerons ont fait le déplacement pour la traditionnelle visite de vignes avant les vendanges. Le 6 septembre, Mathieu Plou, président de l’ODG Touraine Amboise, avait convié les adhérents au lycée viticole. Dans son introduction, il est revenu sur la mise en place de l’AOC Amboise qui devrait voir le jour à l’horizon 2025. Les vignerons et partenaires présents ont ensuite effectué la visite de deux parcelles exploitées par l’établissement scolaire.

Mickaël Bouquin, directeur de l’exploitation viticole du lycée, a dans un premier temps rappelé les principaux points de gestion du domaine : parcelles en HVE 3 ou bio, abolition du glyphosate. Mais aussi de la difficulté à recruter du personnel qualifié. Puis, il est revenu sur l’année particulière d’un point de vue météorologique. Les 90 mm de précipitations relevés en juillet et les 62 mm d’août ont entraîné un fort développement des maladies fongiques, notamment du mildiou. Partenaire entre autres de la Chambre d’agriculture, le lycée viticole d’Amboise participe au réseau Dephy. « Nous sommes à la limite côté intrants, précise le directeur. Je ne vois pas comment il serait possible pour nous de baisser davantage nos IFT, notamment en année pluvieuse comme celle que nous venons de vivre. »

Pionnière dans le domaine agroécologique, l’exploitation a d’ores et déjà implanté 800 mètres de haie et un rucher. Elle a également mis en place l’éco-pâturage des vignes en période hivernale. « Nous sommes dans une période de transition où nous réalisons des erreurs, reconnaît le directeur. Mais cela nous permet de rebondir, malgré le fait que ces nombreuses expérimentations (quatorze au total sur le domaine, ndlr) soient chronophages et donc grosses consommatrices de main-d’œuvre. »

UN VIGNOBLE RELATIVEMENT SAIN

Les vignerons se sont ensuite déplacés à Nazelles-Négron. La parcelle de chenin visitée a essuyé cinq passages de fongicide. Côté ravageur, le vigneron utilise la confusion sexuelle pour la tordeuse de la grappe. Bruna Marti, œnologue au laboratoire Inovalys, a présenté un exposé sur la présence de protéines dans les vins blancs et rosés. La rédaction de Terre de Touraine y reviendra dans une prochaine édition. Cette visite de vigne s’est terminée à Limeray. Les trois parcelles analysées sur le côteau sont issues de trois domaines distincts. La première a reçu neuf traitements anti-oïdium et mildiou pour un total sur la campagne de 5 kg/ha de cuivre apporté.

Conditions météo oblige, le viticulteur reconnaît ne pas avoir positionner ses interventions phytosanitaires aux fenêtres optimales. Les participants ont pu relever quelques taches de mildiou sur grappes, sans réelle menace sur la récolte. La seconde parcelle, menée en bio depuis 2016, a reçu sept traitements. Comme partout, quelques tâches de mildiou sur grappe, sans gravité. En revanche, la charge sur les ceps semble importante, promesse de rendements abondants. Le vigneron a toutefois relevé quelques taches d’oïdium en fin de cycle, « peu préoccupantes. » La troisième parcelle, en production biologique et biodynamique, a suivi un itinéraire technique plus ou moins identique, avec un ajout de décoctions.

Il a également précisé qu’« il est important de limiter le travail du sol afin de ne pas accentuer la minéralisation et donc la montée de l’azote dans le cep, puis les grappes. Les taches de pourriture sont ainsi moins nombreuses et donc moins préjudiciables lors du processus de vinification », a-t-il argumenté. Avant le traditionnel pot de l’amitié, les participants se sont rendus au pied des éoliennes antigel mises en place par la récente Cuma du Val d’Amboise. Une poignée de vignerons, voisins de parcelles, se sont réunis pour assurer la protection commune de leur vignoble face aux épisodes de gel printaniers de plus en plus nombreux. Une initiative qui séduit de plus en plus de viticulteurs.

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